#BrunschvicgRaisonReligion les trois oppositions fondamentales ou les trois axes du mouvement de conversion spirituelle dans « Raison et religion »

Il y a non pas une, mais trois dualités appelées « oppositions fondamentales » faisant l’objet des trois premiers chapitres de « Raison et religion »:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/raison_et_religion/raison_et_religion.html

Ce livre est sorti en 1939, année oùle monde basculait dans la passe la plus dangereuse qu’il ait jamais connue

Les trois dualités opposent :

1 Moi vital et Moi spirituel

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/05/19/brunschvicgraisonreligion-les-oppositions-fondamentales-moi-vital-ou-moi-spirituel/

2 monde imaginaire et monde véritable :

https://mathesisuniversalis.wordpress.com/2015/08/03/brunschvicgraisonreligion-seconde-opposition-fondamentale-monde-imaginaire-ou-monde-veritable/

3 Dieu anthropomorphique et Dieu divin (Idée de Dieu véritablement adéquate)

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/08/14/brunschvicgraisonreligion-troisieme-opposition-fondamentale-dieu-humain-ou-dieu-divin/

Ces trois dualités sont combinées ici en une seule, entre plan vital et plan spirituel de l’Idée.

Je m’autorise pour cela d’autres lignes de Brunschvicg, tirées elles aussi de « Raison et religion »

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/brunschvicg-raison-et-religion/

«  L’alternative insoluble de l’optimisme et du pessimisme ne concernera jamais que le centre vital d’intérêt; nous pouvons être et à bon droit inquiets en ce qui nous concerne de notre rapport à l’esprit, mais non inquiets de l’esprit lui même que ne sauraient affecter les défaillances et les échecs, les repentirs et les régressions d’un individu, ou d’une race, ou d’une planète. Le problème est dans le passage , non d’aujourd’hui à demain, mais du présent temporel au présent éternel. Une philosophie de la conscience pure, telle que le traité de Spinoza « De intellectus emendatione » , en a dégagé la méthode, n’a rien à espérer de la vie, à craindre de la mort. L’angoisse de disparaitre un jour, qui domine une métaphysique de la vie, est sur un plan; la certitude d’évidence qu’apporte avec elle l’intelligence de l’idée, est sur un autre plan »

Les trois axes correspondant aux trois oppositions fondamentales sont orientés, selon le mouvement irréversible de spiritualisation de la conscience, comme l’explique la seconde partie « Les disgrâces de l’éclectisme » : ces trois axes sont respectivement ceux du Moi, du monde et de Dieu, selon le titre du livre de Pierre Lachièze-Rey « Le moi, le monde et Dieu » :

http://jeanbaudet.over-blog.com/2018/04/moi-le-monde-et-dieu-et-pierre-lachieze-rey.html

« Les pages qui précèdent ont fait ressortir le sens irréversible de la conversion dans l’idée qu’il convient de nous faire et de notre âme et du monde et de Dieu. Or, ne fût-ce que par l’exemple de Spinoza, il apparaît qu’un spiritualisme radical, réussissant à prendre pleine conscience de soi, a cet effet inattendu qu’il sépare l’homme de l’humanité avec laquelle son désir le plus ardent était de communier, qu’il affaiblit dans la pratique et contredit cette tendance à l’universel, qui demeure un motif par excellence de la vie religieuse.
Le problème de l’universalité s’impose à nous aussi pressant que le problème de la mysticité. Ici et là c’est à la raison, et à la raison seule, que nous demandons nos solutions. Puisqu’elle s’est montrée capable de nous ouvrir la perspective de l’espace illimité en dénonçant le préjugé d’une représentation géocentrique du monde, ne lui appartiendra-t-il pas de nous rendre maître du temps, de nous orienter dans la direction d’un progrès effectif, en soumettant à une critique continue, de plus en plus exacte et pénétrante, les croyances collectives qui n’ont d’autre base que la tradition de l’histoire et qui particularisent les sociétés où elles ont le plus d’autorité ?
L’œuvre du rationalisme religieux se développera donc sur un double plan ; elle présentera deux aspects qui pourront être complémentaires ou opposés selon l’usage qu’à chaque instant de notre vie spirituelle nous ferons de notre liberté, usage positif tant que nous demeurons les serviteurs de l’intelligence qui se réclame de l’un et de l’universel, usage négatif s’il arrive, comme Malebranche l’a dit avec une incomparable profondeur, que nous arrêtions brusquement et que nous détournions vers un objet limité cet élan dont l’infinité inépuisable atteste la présence de Dieu en nous. Et il ne suffirait pas de dire que la paresse accompagne l’orgueil comme si on avait trouvé dans un cercle fermé de propositions dogmatiques la vérité définitive ; il y a aussi, et il est essentiel que notre jugement sache en tenir compte, le désir de ne pas rompre avec le groupe auquel on est redevable et reconnaissant de sa formation spirituelle, un mouvement de condescendance et même de charité qui fait rechercher le compromis avec les imaginations populaires dans un dessein de pédagogie politique et morale qui demeure haut et généreux. Le P062 meilleur a ses tentations, qu’il aura le courage d’avouer, qui lui commandent une sincère indulgence à l’égard de ceux qui s’y abandonnent.
Pourtant, si nous voulons que de la plus noble aspiration d’amour ne dérivent plus ces divisions, ces souffrances, ces haines, qui n’ont pas seulement paralysé la vocation des sages, mais qui font que les héros et les saints, toujours et partout, ont failli à leur Providence, il faudra bien choisir en tout lieu, et à tout moment. Qui prétend sauver sa religion, est sûr de la perdre quand il se retourne vers l’ombre de son passé pour se borner à la projeter sur l’avenir. Apprendre de l’histoire qu’il n’y a pas d’époque privilégiée dans le temps, comme nous apprenons du ciel qu’il n’y a pas de centre privilégié pour un astre, c’est aussi la plus grande chance que nous ayons de redresser dans sa perspective de vérité, d’assurer par conséquent dans son efficacité, cet effort dont les siècles nous rendent témoins, à travers tant de vicissitudes tragiques, pour donner à l’humanité tout entière le plein sentiment de son intime et radicale unité. »

Le « problème de l’universalité » soulevé par Brunschvicg se résoud par la prise de conscience des deux universalismes : ensembliste-abstrait et catégorique-concret :

https://mathesisuniversalis2.wordpress.com/deux-universalismes-concret-categorique-henologique-et-abstrait-ensembliste-ontologique/

https://coranetmathesis.wordpress.com/application-de-la-these-des-deux-universalismes-mathematiques-aux-trois-monotheismes-abrahamiques/

Être universel ne signifie pas penser et vivre comme tout le monde car « ce que tout le monde veut c’est coucher avec plein de jolies femmes «  mais s’acheminer vers la perfection humaine.

l’humanité ce n’est pas l’ensemble, ou la collection, de tous les hommes, ou bien de ceux qui méritent d’être appelés “hommes”, à l’exclusion de….ceux qui ne le méritent pas : les barbares, les nazis, les terroristes, les racistes , les pédophiles, etc..etc…

l’humanité repose, est “enveloppée” dans l’idéal concret qui est l’horizon de la philosophie.

La Création n’est pas derrière nous mais devant : c’est la création de cette humanité à hauteur de l’idéal concret de la philosophie.

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