L’imitation de Jésus Christ (traduction par Pierre Corneille)

Le III 5 est cité en exergue au chapitre 1 de « Raison et religion » de Brunschvicg :

https://fr.m.wikisource.org/wiki/Imitation_de_Jésus-Christ

« Connois-tu bien l’amour, toi qui parles d’aimer ?
L’amour est un trésor qu’on ne peut estimer :
il n’est rien de plus grand, rien de plus admirable ;
il est seul à soi-même ici-bas comparable ;
il sait rendre légers les plus pesants fardeaux ;
les jours les plus obscurs, il sait les rendre beaux,
et l’inégalité des rencontres fatales
ne trouve point en lui des forces inégales.
Charmé qu’il est partout des beautés de son choix,
quelque charge qu’il porte, il n’en sent point le poids ;
et son attachement au digne objet qu’il aime
donne mille douceurs à l’amertume même.
Cet amour de Jésus est noble et généreux ;
des grandes actions il rend l’homme amoureux,
et les impressions qu’une fois il a faites
toujours de plus en plus aspirent aux parfaites.
Il va toujours en haut chercher de saints appas,
il traite de mépris tout ce qu’il voit de bas,
et dédaigne le joug de ces honteuses chaînes,
jusqu’à ne point souffrir d’affections mondaines,
de peur que leur nuage enveloppant ses yeux
à leurs secrets regards n’ ôte l’aspect des cieux,
qu’un frivole intérêt des choses temporelles
n’abatte les desirs qu’il pousse aux éternelles,
ou que pour éviter quelque incommodité,
il n’embrasse un obstacle à sa félicité.« 

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