La série sur « Unabomber » : qu’est ce que la liberté ?

J’ai vu les huit épisodes de la série :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Manhunt:_Unabomber

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/09/10/manhunt-unabomber-vostfr-saison-1/

Appréciation globale : excellent!

Seulement l’affaire Unabomber est quelque chose de très spécial, à mon avis très important pour l’avenir du monde occidental, dont nous sentons bien en cette année 2018 que ça va être plutôt de l’ordre du « Bang » que du murmure, en tout cas pas une aimable historiette à l’eau de rose et à la sauce « droits de l’homme «  et de ce point de vue, cette mini-série n’est pas à la hauteur . Personne ne le serait, même pas Kubrick s’il avait réalisé un film sur cette affaire (il aurait pu puisqu’il n’est mort qu’en 1999, trois ans après l’arrestation de Kaczynski ) .

L’épisode 8 qui termine la série est tout simplement ridicule !

Il se termine par la question posée par Nathalie la psychologue à Fitz : » et maintenant qu’est ce qu’on va faire ? »

réponse à cette question faussement naïve en forme de défi du profiler du FBI si doué qui a arrêté Unabomber «  je ne sais pas.. ce qu’on voudra non ? »

Mais la question de la liberté court en filigrane pendant tous les 8 épisodes, c’est le sens de l’idéologie de Kaczynski : «  le progrès technique, industriel et maintenant numérique détruit la liberté humaine «  , il signe ses documents de FC ce qui veut dire «  freedom club » (ou selon certains cela voulait dire initialement au début des années 80 « fuck computers ») . Mais qu’est ce que la liberté ? Faire ce qu’on veut et ne pas avoir à faire ce qu’on ne veut pas ? Seulement est on toujours libre de vouloir ? De vouloir ce qu’on veut ? Notons que ne pas être obligé de faire ce qu’on ne veut pas est souvent une condition nécessaire, mais non suffisante , pour être libre : une femme qui est forcée de faire l’amour sans en avoir envie n’est pas libre, elle est violée . Mais souvent avoir envie de faire quelque chose est le signe d’un instinct, ou d’une pulsion , et céder à cette envie n’est pas liberté .. peut être est il absurde de parler de liberté comme d’un choix entre faire ou ne pas faire quelque chose, la liberté est elle plutôt un état qu’une action ou une non action, l’état d’un être pleinement conscient et pleinement présent , connaissant entièrement les conséquences meme à long terme de ses décisions.. on voit que le problème est plus compliqué qu’on ne l’imaginait. Dans la série , c’est la conception de la liberté comme liberté de choix qui est privilégiée, y compris chez Kaczynski .. on se rapproche de l’idéal si américain : liberté de monter sa boite sans être écrasé sous la paperasse et les taxes. Ce n’est pas un hasard : la série est destinée au grand public, si elle adoptait une autre position, elle n’aurait aucun succès commercial. La thèse naïve de l’an liberté de choix est corrélée avec ce que Badiou appelle « matérialisme démocratique «  et qu’il formule ainsi «  il n’y a que des corps et des langages «  , issue du dualisme corps- âme qui a régné longtemps en Occident chrétien depuis certain Concile . Dans ce dualisme le troisième étage de l’entité humaine, celui de l’esprit, est oublié. Badiou le réintroduit avec son ajout en incise « il n’y a que des corps et des langages.. si ce n’est qu’il y a des vérités éternelles , des théorèmes «  dans le langage de ce blog l’axiome du matérialisme démocratique se formule « il n’y a que le plan vital «  auquel se rajoute en incise « si ce n’est qu’l y a le plan des Idées, l’étendue intelligible «  . Dans ce cadre, la liberté ne peut se concevoir que comme compréhension et vision correcte des Idées. Sinon l’être humain est aveugle , aveugle, par les ténèbres du corps , de la sensation privée de la lumière intelligible des Idées . La liberté comme liberté de choix est liberté de céder aux pulsions corporelles ou psychiques, tout se passe dans cette atmosphère ténébreuse du plan vital , où tout est contrainte et menace ou ambiguïté

« le propre de l’esprit est de s’apparaitre à lui même dans la certitude d’une lumière croissante, tandis que la vie est essentiellement menace et ambiguïté.« 

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