Les mythemes ou concepts du discours correspondent à ce que Max Tegmark appelle le « bagage « ; sciences véritables et pseudo- sciences

Plusieurs articles sont disponibles sur le travail de Max Tegmark « Our mathematical universe »:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2016/03/02/our-mathematical-universe-de-max-tegmark-un-platonisme-pythagorisme-extreme/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/08/23/les-theses-de-max-tegmark-a-la-lumiere-du-couple-idees-idees/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/08/17/scienceinternelle-our-mathematical-universe-de-max-tegmark-et-lidealisme-endosse-ici/

Son article est ici sur Arxiv :

https://arxiv.org/pdf/0704.0646v2.pdf

mais j’ai acheté le livre « Notre univers mathématique « (Ed Ekho) qui est beaucoup plus détaillé que le simple article

« Tegmark poursuit sa « démonstration » en faisant intervenir la notion de « bagage » (humain, trop humain). Ce sont des mots signifiant des concepts que pour des humains , et encore, des humains ayant une certaine connaissance, au moins vulgarisée , des sciences modernes; par exemple des mots comme « particules, observations »…

Une théorie est composée de ce bagage purement humain et de notations mathématiques. En page 2 ( sur 31 au total) la figure 1 montre un arbre des différentes spécialités scientifiques telles qu’elles dérivent les unes des autres, ainsi par exemple la mécanique statistique suppose connue la mécanique classique. En descendant du haut jusqu’en bas, la part du bagage des mots purement humains sur le total (bagage + signes mathématiques) augmente.Elle est évidemment beaucoup plus importante en psychologie et en sociologie (en bas de l’arbre) qu’en théorie quantique des champs ( en haut) .La case tout en haut avec juste un point d’interrogation correspond à la TOE (« theory of everything »). Si cette théorie supposée doit être vraiment « totale », une théorie complète de la réalité « objective » impliquée par l’hypothèse ERH ( admise par Tegmark à titre d’essai) , elle doit valoir pour tout être éventuel non humain (intelligence extraterrestre, super ordinateur du futur) et ne doit donc contenir aucun « bagage » humain, seulement des termes mathématiques.Elle est le terme, la limite de cette progression des sciences vers la mathématisation complète dans l’arbre des sciences que montre la figure 1 page 2.De surcroît la science (la physique) se préoccupe d’abord de savoir comment cette réalité fonctionne, plutôt que de savoir ce qu’elle EST (point de vue non ontologique) , privilégiant les relations plutôt que les objets (substances ) et ce double mouvement (vers la mathématisation totale et vers une science des relations) aboutit à la théorie des catégories ou une forme structurellement équivalente cf page 2 » a mathematical structure : abstract entities and relations between them « et le premier résultat important en théorie des catégories, le lemme de Yoneda, a justement pour sens de privilégier les relations en montrant que les substances (objets) se ramènent à la totalité des relations qu’ils ont avec les autres objets , une ontologie des relations que Badiou retrouve chez Deleuze et qu’il refuse..et c’est pour cette raison qu’il choisit de faire prédominer l’ontologie ensembliste sur la théorie des catégories, contre le mouvement réel de la mathématique. « 

Ce que Max Tegmark appelle « bagage non mathématique purement humain » correspond à ce que j’ai appelé « mythemes « .

Les termes que j’ai choisis « mathèmes «  et « mythemes » correspondent aux vocables MA et MY dont parle le Zohar :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/07/04/scienceinternelle-le-passage-du-zohar-sur-my-et-ma-dont-je-parle-dans-larticle-precedent-sur-le-film-de-terry-gilliam/

Mathèmes et mythemes sont donc associés aux deux mots grecs :

μαθημαθα = mathèmes
et
μυθημαθα= mythemes

Les mathèmes correspondent aux structure relationnelles de la science :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/progres_conscience_t1/progres_conscience_t1_intro.html

« Il faudra se dire, en effet, que s’il arrive au philosophe de placer le récit juif de la Genèse sur le même plan de mentalité que le mythe démiurgique du Timée, ce n’est point par une vaine fantaisie d’assimiler le sacré au profane, c’est parce que l’analyse y retrouve effectivement un rythme analogue de pensée ; ou encore, si les saints, dans un exposé comme le nôtre, apparaissent dépouillés de leur auréole, ce n’est nullement que leur sainteté y soit mise en question, c’est que l’homogénéité de la matière historique est un postulat de méthode sans lequel l’historien abdiquerait la liberté du jugement. Aussi bien, et l’on devra s’en laisser convaincre par les premiers chapitres de notre ouvrage, l’opposition décisive entre l’idéalisme mathématique de la République platonicienne et le réalisme astro-biologique de la Métaphysique aristotélicienne a défini le thème fondamental de l’Occident dans le domaine pratique comme dans le domaine théorique, indépendamment de toute référence au christianisme. Plusieurs siècles avant qu’il ait commencé d’exercer sa propagande, la polémique de l’Académie et du Lycée apporte le témoignage lumineux qu’il existe deux types radicalement distincts de structure mentale, commandés, l’un par les relations de la science (μαθήματα), l’autre par les concepts du discours (λόγοι). De là procède le problème religieux, tel qu’il se manifeste dans la terminologie des Stoïciens avec la dualité du Verbe intérieur, ou raison : λόγος ἐνδιάθετος, et du Verbe extérieur, ou langage : λόγος προφορικός. Ce problème, s’il devait prendre dans le christianisme une forme de plus en plus aiguë, ne relève à son origine que de la seule philosophie. Notre tâche était d’en établir la portée et d’en expliquer les conséquences d’une façon assez nette et assez vive pour qu’il ne subsiste, dans l’esprit de nos lecteurs, ni obscurité ni incertitude, ou sur l’intention de notre travail, ou sur le sens de leurs propres réactions « 

Les « sciences » peuvent se départager, comme le fait d’ailleurs Max Tegmark, selon la part des mathèmes sur le total (notations mathématiques + concepts du discours ou mythemes )

Une discipline où cette part est prépondérante, comme la physique depuis 4 siècles, est une science véritable. (Un exemple de mytheme est la notion verbale de « force »)

L’inverse est le cas de l’économie, où les concepts vagues et confus prédominent sur les idées claires et distinctes.

Ce n’est rien d’autre que l’arbre des sciences défini par Tegmark

Ce n’est rien d’autre que l’avis de Kant : une discipline est scientifique dans la même mesure que la part mathématique en elle.

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