Les mythèmes « déguisés » en mathèmes

« Mathèmes «  traduit le terme grec mathemata : μαθεματα

« Mythèmes «  , terme français créé ici, traduit le terme grec forgé aussi : mythemata

μυθέματα

La dualité des préfixes ma et my correspond à l’observation de ces racines linguistiques dans le Zohar :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/07/04/scienceinternelle-le-passage-du-zohar-sur-my-et-ma-dont-je-parle-dans-larticle-precedent-sur-le-film-de-terry-gilliam/

My correspond au questionnement « My bara eleh ? » = «  qui a créé cela ? » considéré comme « ultime » dans l’ésotérisme juif du Zohar appelé Kabbale : on ne peut pas remonter au delà et demander, comme les rationalistes ne s’en privent pas : Qui a créé le « qui »?

A supposer que nous ayons pu répondre au questionnement du My, un nouveau questionnement surgit aussitôt : si un «  Dieu » à nom propre (Hashem ) a créé ce monde, qui a créé ce Dieu?

On voit ici avec évidence rationnelle (méprisée par les kabbalistes) que le questionnement My ne peut pas être ultime, mais donne lieu à une série indéfinie de questionnements..

Dans la science internelle, c’est l’Un qui est le plus haut principe, au delà duquel on ne peut pas remonter :

« Page 50 André Simha précise la véritable nature de cet esprit qui est puissance de comprendre qui fait éclater nos chaînes :

Il n’y a rien à chercher dans l’esprit au delà de l’unité”
“C’est le fondement infondé de l’esprit : celui ci n’a pas à chercher la raison de sa volonté d’unité , il est unification”

et page 50 aussi cette indication claire sur la notion d’esprit individuel :

“S’il y a un écart entre un esprit et l’unité, c’est qu’il s’agit précisément d’un esprit individuel et c’est parce que l’individualité exclut la pureté et la perfection de l’unité achevée. »

Voir :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/06/22/individuation-universel-et-liberte-le-manifeste-pour-lautonomie-dandre-simha/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/06/07/brunschvicgintroduction-suite-du-manifeste-pour-lautonomie-dandre-simha/

Dans ce que j’appelle « science internelle » qui est développée ici , l’Un est une Idée intelligible , celle d’Etendue intelligible, « lieu » des Idées, dont les mathèmes sont la catégorie de toutes les catégories ou l’∞-catégorie de toutes les ∞-catégories :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/08/25/la-metacategorie-cat-de-toutes-les-categories-comme-modele-mathematique-du-monde-des-idees-de-platon/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/04/16/scienceinternelle-19-recherches-sur-lidee-de-dieu-qui-est-dieu-∞-categorie-des-∞-categories/

Les mathèmes sont issus de l’action des Idées divines sur l’esprit humain et ne peuvent pas provoquer de régression vers le Mal qui est celui des temps primitifs, avant l’émergence de la Mathesis avec Thales (peut être mythique) , Pythagore et Platon ; mais il existe ce que l’on peut appeler un mythème de l’Un qui égare les chercheurs meme sincères, c’est celui de l’Un séparé ou Transcendant qui est proposé par la sourate 112 du Coran :

http://www.islam-fr.com/coran/francais/sourate-112-al-ikhlas-le-monotheisme-pur.html

Dis: «Il est Allah, Unique.

ce qui traduit l’arabe :

http://www.islam-fr.com/coran/phonetique/sourate-112-al-ikhlas-le-monotheisme-pur.html

« 1. Qul huwa Allahu ahadun« 

que je traduis par :

«  Dis : Allah est Un «  (tawhid )

Marie Anne Cochet fait justice de cette erreur dans «  Commentaire sur la conversion spirituelle dans la philosophie de Léon Brunschvicg » page 30-31:

« Le problème philosophique.. répond au «  comment » et possède l’infinie densité du mouvement spirituel qui crée le passé comme le futur et les contient en lui, et ne peut en être dépendant, sous la forme de la causalité ni sous celle de la finalité. Il est posé par l’actuel seul et en l’actuel trouve sa réponse, dépendante à chaque instant du développement de l’esprit humain à ce moment considéré. Comment dans ce présent éternel intégrer toujours plus de temps et d’espaces , tel est le travail de l’élaboration philosophique.

La réalisation de l’Un séparé est par là même aussi exclue que celle du Transcendant, dont elle est l’expression. Seule la participation à l’unité en acte est requise. Elle est justifiée par l’inévitable et nécessaire présence de ce qui pense et de ce qui est pensé, par leur dépendance étroite et mutuelle, sans que jamais pensée pensante et pensée pensée puissent absorber l’une ou l’autre en elles l’acte unifiant qui les crée précisément par les limites provisoires qu’il établit entre elles , dépendantes de lui. Subjectivité et objectivité sont ainsi univoques et réciproques, dépendantes de leur rapport spirituel, éternellement présent.
Il n’y a donc ni dualisme ni monisme, mais spiritualisme perpétuellement offert à la vérification d’une expérience soumise à la vérité du rapportet à sa fécondité »

Toute connaissance s’exerce dans un inépuisable aujourd’hui :

https://ledocteurfaustus.wordpress.com/2015/03/31/linepuisable-aujourdhui-de-la-connaissance/

En termes plus simples , si l’Un était séparé de l’esprit de celui qui pense et cherche, il ne serait pas l’Un, mais il y aurait deux, dualité .

Donc l’Un Transcendant , qui est la forme que donnent à Dieu les « religions » monothéistes, est un mytheme qui égare l’intelligence. Mais existe t’il des mythemes prenant la forme mathématique de mathèmes ? La réponse est oui, et je fais allusion ici à la pernicieuse notion de guématria dans la Kabbale ou d’abjad dans l’Islam . Les travaux de Vernon Jenkins sur la Bible sont particulièrement dangereux :

http://www.otherbiblecode.com

car ils s’attaquent aux amoureux ( comme moi) des Nombres . Prenons l’exemple du premier verset de la Bible :

http://www.whatabeginning.com/Misc/Wonders/P.htm

Dont la totalité des valeurs numériques associées aux 28 lettre hébraïques du verset s’élève À 2701 , qui est le produit des deux nombres 37 et 73, qui sont des nombres premiers, le douzième et le vingt- et-unième . Toutes ces coïncidences déclenchent des spéculations sans nombre dont le principe est toujours le même : il y a « trop de ces coïncidences «  pour que ce soit le hasard, c’est donc une intelligence surhumaine, celle de Dieu, qui les a « machinées «  car aucun homme, même pourvu d’un ordinateur, n’en serait capable. La seule chose qu’on oublie c’est que c’est bien une intelligence humaine qui a constaté ces surprenantes coïncidences. C’est donc bien l’intelligence humaine qui établit , par son propre travail , des limites à ses pouvoirs.

De tels procédés remontent sans nul doute, comme la guematria, l’abjad , la Kabbale ou la numérologie , au schisme à l’intérieur du pythagorisme entre acousmatiques et mathématiciens :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/progres_conscience_t1/progres_conscience_t1_intro.html

« Il y a plus : si on laisse de côté ces barbares qui, après avoir asservi la Grande-Grèce et tué Archimède, ont jusqu’à la Renaissance régné sur le monde méditerranéen [4], il reste qu’à l’intérieur du monde hellénique, et en commençant par l’école de Pythagore, la lumière de la sagesse n’a été qu’une apparition fugitive. C’est qu’en effet l’opposition entre le savoir-faire empirique et la réflexion sur les principes et les méthodes ne correspond qu’à l’aspect de la question le plus abstrait et le plus spéculatif : « L’homo faber, remarque M. Thibaudet, a pu être défini aussi un animal religieux [5]. » C’est-à-dire que l’homo sapiens a eu à se confronter, non seulement avec l’homo faber, mais encore avec l’homo credulus. L’antithèse n’est plus, de ce point de vue, celle de la technique et de la science ; c’est celle du langage et de la pensée : « Le langage est un instrument, un outil. C’est l’outil de la technique sociale, de même que le coup de poing, la massue, la flèche, sont des outils de la technique matérielle. Mais avec cet instrument nouveau s’introduit une perception de la causalité qui, pour l’homme inculte, n’a rien de commun avec la causalité mécanique [6]. Le geste et la parole sont des agents dont l’efficacité se traduit par son seul résultat, sans véhicule sensible… Le pouvoir magique des noms se trouve dans mainte religion, et les terribles châtiments qu’encouraient, il n’y a pas bien longtemps encore, les blasphémateurs sont une preuve, entre autres, de la survivance des croyances de ce genre, qui ont régné chez tous les peuples. » (L. Weber, op. cit., pp. 140-141.)

4. Ces observations contiennent le secret de l’histoire du pythagorisme. L’homo sapiens, vainqueur de l’homo faber, y est vaincu par l’homo credulus. Grâce aux démonstrations irréprochables de l’arithmétique pythagoricienne, l’humanité a compris qu’elle possédait la capacité de se certifier à elle-même, non pas des vérités qui seraient relatives au caractère de la race ou du climat, subordonnées au crédit des magiciens ou des prêtres, à l’autorité des chefs politiques ou des pédagogues, mais la vérité, nécessairement et universellement vraie. Elle s’est donnée alors à elle-même la promesse d’une rénovation totale dans l’ordre des valeurs morales et religieuses. Or, soit que l’homo sapiens du pythagorisme ait trop présumé de sa force naissante, dans la lutte contre le respect superstitieux du passé, soit qu’il n’ait même pas réussi à engager le combat, on ne saurait douter que le succès de l’arithmétique positive ait, en fin de compte, servi d’argument pour consolider, pour revivifier, à l’aide d’analogies mystérieuses et fantaisistes, les propriétés surnaturelles que l’imagination primitive associe aux combinaisons numériques. La raison, impatiente de déployer en pleine lumière sa vertu intrinsèque et son efficacité, s’est heurtée à ce qui apparaît du dehors comme la révélation d’une Parole Sacrée, témoin « le fameux serment des Pythagoriciens : « Non, je le jure par Celui qui a révélé à notre âme la tétractys (c’est-à-dire le schème décadique formé par la série des quatre premiers nombres) qui a en elle la source et la racine de l’éternelle nature… » Le caractère mystique du Pythagorisme (ajoute M. Robin) se révèle encore par d’autres indices : c’est caché par un rideau, que le Maître parle aux novices, et le fameux : Il l’a dit (αὐτὸς ἔφα) ne signifie pas seulement que sa parole doit être aveuglément crue, mais aussi que son nom sacré ne doit pas être profané » [7].

Il est à remarquer que le conflit des tendances n’est pas resté à l’état latent : il y a eu, sans doute vers la fin du Ve siècle, un schisme dans la Société pythagoricienne, et qui a mis aux prises Mathématiciens et Acousmatiques. Ceux-ci (et les expressions dont se sert M. Robin sont tout à fait significatives), « pour conserver à l’Ordre une vie spirituelle, parallèle à celle de l’Orphisme et capable de la même force d’expansion ou de résistance, s’attachèrent avec une passion aveugle à l’élément sacramentel et mystérieux de la révélation, à des rites et à des formules : les Acousmatiques ont voulu être des croyants et des dévots. Les autres, sans abandonner formellement le credo des premiers, en jugèrent l’horizon trop étroit : ils voulurent être, et eux aussi pour le salut spirituel de leur Ordre, des hommes de science. Mais cela n’était possible qu’à la condition de renoncer à l’obligation du secret mystique et de justifier rationnellement des propositions doctrinales. Aux yeux des dévots, ces savants étaient donc des hérétiques. Mais ce sont eux, hommes de la seconde génération pythagorique, qui ont transformé en une école de philosophie l’association religieuse originaire. C’est pourtant celle-ci, réduite à ses rites et à ses dogmes, qui a survécu jusqu’au réveil néo-pythagoricien. » (Op. cit., p. 67.)

Ainsi, dans l’évolution du pythagorisme se sont succédé ou se sont juxtaposées les formes extrêmes de la sagesse humaine et de la crédulité théosophique, correspondant elles-mêmes aux limites idéales du mouvement que nous nous proposons d’étudier dans le présent ouvrage. Toutefois, étant données l’incertitude et la confusion de notre information historique, pythagorisme et néo-pythagorisme demeurent comme au seuil de la conscience occidentale. Nous ne sommes capables de définir cette conscience qu’avec Socrate, c’est-à-dire avec le portrait qui nous a été laissé de lui par des Socratiques. A partir de ce moment, nous le savons, l’homme se rend compte qu’il a la charge de se constituer lui-même, en faisant fond sur un pouvoir pratique de réflexion qui lie la réforme de la conduite individuelle ou de la vie publique à la réforme de l’être intérieur. A partir de ce moment donc, la question se pose pour nous de savoir quel a été, dans le cours de la pensée européenne, l’usage effectif de ce pouvoir ; ce qui revient à esquisser une monographie de l’homo sapiens.« 

Il est d’ailleurs à noter que le serment des pythagoriciens trouve de nombreuses expressions coraniques ressemblantes :

http://al-coran.com/al-waqiaa-56-75-non-je-jure-par-les-positions-des-etoiles-dans-le-firmament/

http://www.fleurislam.net/media/doc/coran/sourate_075.html

http://www.fleurislam.net/media/doc/coran/sourate_081.html

« 15. Non!… Je jure par les planètes qui gravitent

16. qui courent et disparaissent!

17. par la nuit quand elle survient!

18. et par l’aube quand elle exhale son souffle!

19. Ceci [le Coran] est la parole d’un noble Messager,« 

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