Des bons hommes (Cathares) à l’homme bon ; HGW XX/7

Les Cathares ne s’appelaient pas de ce nom là, mais du nom de « bonhommes «  et «  bonnes dames » , comme l’indique José Dupré dans « Itinéraires sans chemin ».

C’est une religion, persécutée par l’église qui les jugeait « hérétiques »:

Pour mieux connaître les Cathares, les livres de José Dupré sont indiqués, résultat de toute une vie de recherches libres, ainsi que certains sites comme :

http://jacques.prevost.free.fr/cahiers/cahier_34.htm#table

mais il convient de se méfier, par exemple de :

https://www.hiram.be/blog/2013/08/21/des-cathares-aux-francs-macons/

Compte tenu de ce que l’on sait sur l’imposture des francs-maçons de nos jours.

Mais l’homme bon me rappelle la volonté de Hans Castorp dans « La montagne magique », lorsqu’il frôle la mort lors d’une tempête de neige :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/12/08/la-montagne-magique-neige-le-sommet-de-tout-le-livre/

Une volonté qui prend la forme d’une décision résolue:

« Je veux être bon. Je ne veux accorder à la mort aucun pouvoir sur mes pensées ! Car c’est en cela que consistent la bonté et la charité, et en rien d’autre. »

c’est à dire qu’être bon, c’est « renoncer à la mort », ce qui est selon Brunschvicg la « seule vraie religion »:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/04/20/la-seule-vraie-religion/

« La vie est bonne absolument bonne, du moment que nous avons su l’élever au dessus de toute atteinte, au dessus de la fragilité, au dessus de la mort.

La vraie religion est le renoncement à la mort;

elle fait que rien ne passe et rien ne meurt pour nous, pas même ceux que nous aimons; car de toute chose, de tout être qui apparaît et qui semble disparaître, elle dégage l’idéal d’unité et de perfection spirituelle, et pour toujours elle lui donne un asile dans notre âme« 

Spinoza disait aussi : «  il ne faut penser à rien moins qu’à la mort »

Mais l’homme bon rappelle aussi la « sonate des bonnes personnes » dans le film « La vie des autres », qui est ici :

https://m.ok.ru/video/94470736470

https://jcdurbant.wordpress.com/2007/02/23/cinema-sonate-pour-un-homme-bon-if-i-keep-listening-i-won’t-finish-the-revolution/

« La raison est sotte en face de la Mort, car elle n’est rien que Vertu, tandis que la Mort est la liberté, la déraison, l’absence de forme et la volupté. …L’amour affronte la Mort ; lui seul, non pas la vertu, est plus fort qu’elle. Lui seul (pas la vertu), inspire de bonnes pensées. La forme, elle aussi, n’est faite que d’amour et de bonté : la forme et la civilisation d’une communauté intelligente et amicale, et d’un bel État humain – avec le sous-entendu discret de la cène sanglante. Oh, voilà qui est rêvé avec clarté et bien « gouverné » ! Je veux y penser. Je veux garder dans mon cœur ma foi en la Mort, mais je veux clairement me souvenir que la fidélité à la mort et au passé n’est que vice, volupté sombre et antihumaine lorsqu’elle commande à notre pensée et à notre conduite. L’homme ne doit pas laisser la Mort régner sur ses pensées au nom de la bonté et de l’amour. Et ceci pensé, je m’éveille… »

Avant sa décision résolue d’être « bon », Hans Castorp, au bord de la mort, contemple deux scènes de rêve, sans doute facilitées par le porto qu’il a bu en grande quantité pour lutter contre le froid.

Il se retrouve en rêve au bord de la mer :

«  Des jeunes gens, des adolescents s’ébattaient avec des chevaux, couraient, la main aux rênes, à côté des animaux qui hennissaient et rejetaient la tête, tiraient sur les longues guides des chevaux rétifs, ou bien, les montant sans selle, battant des talons nus les flancs de leurs montures, les poussaient dans la mer, cependant que les muscles de leur dos jouaient au soleil sous leur peau bronzée et que les appels qu’ils échangeaient, ou adressaient à leurs bêtes, avaient pour quelque raison comme une sonorité magique. Au bord d’une des baies où la rive se réfléchissait comme dans un lac des montagnes, et qui pénétrait très avant dans la terre, des jeunes filles dansaient. L’une d’entre elles, dont les cheveux ramassés au-dessus de la nuque en un nœud avaient un charme particulier, était assise, les pieds dans un creux du terrain, et jouait sur une flûte de pâtre, les yeux fixés par-dessus ses doigts mobiles sur ses compagnes qui, en de longs vêtements flottants, isolées, les bras ouverts et souriantes, ou par couples, les tempes gracieusement rapprochées, dansaient, tandis que, dans le dos de celle qui jouait de la flûte, derrière ce dos blanc, long, délicat et que les mouvements de ses bras faisaient onduler, d’autres sœurs étaient assises, ou se tenaient enlacées, et regardaient tout en causant paisiblement. Plus loin, de jeunes hommes s’exerçaient à tirer à l’arc. C’était une vision heureuse et amicale que de voir les aînés enseigner aux adolescents maladroits aux chevelures bouclées la manière de tendre la corde en appuyant sur la flèche, de les voir viser avec leurs élèves, les soutenir lorsque le choc en retour de la flèche vibrante les faisait chanceler en riant. D’autres pêchaient à la ligne. Ils étaient étendus sur le ventre, sur les rochers plats du rivage, et trempaient leur ligne dans la mer, bavardant paisiblement, la tête tournée vers leur voisin qui, le corps allongé en une position oblique, lançait très loin son appât. D’autres encore étaient occupés à pousser une barque haute dans la mer, avec ses mâts et ses vergues, tirant, poussant et s’arc-boutant. Des enfants jouaient et jubilaient entre les brise-lames. Une jeune femme, étendue de tout son long, regardant en arrière, d’une main relevait sa robe fleurie entre les seins, en étendant l’autre au-dessus d’elle vers un fruit entouré de feuilles qu’un homme aux hanches étroites, debout à son chevet, lui offrait et lui refusait jouant de son bras tendu. Les uns étaient adossés à des niches rocheuses, d’autres hésitaient au bord du bain en croisant les bras, les mains sur les épaules, en éprouvant de la pointe du pied la fraîcheur de l’eau. Des couples se promenaient le long du rivage et près de l’oreille de la jeune fille était la bouche de celui qui la conduisait familièrement. Des chèvres à longs poils sautaient de roche en roche, gardées par un jeune pâtre qui était debout sur une éminence, une main sur la hanche, s’appuyant de l’autre sur un long bâton, un petit chapeau au bord relevé en arrière posé sur ses boucles brunes.« 

Mais cette scène ravissante se déroule tout près d’une autre :

« Hans Castorp escalada les hauts gradins et gagna la forêt de colonnes. Celle-ci était très profonde, il s’y promena comme entre les troncs de la forêt de hêtres, en évitant à dessein le milieu. Mais il y revenait toujours, et il se trouva, à l’endroit où les rangées de colonnes s’écartaient, en face d’un groupe de statues, de deux figures de femmes en pierre, sur un socle, la mère et la fille, semblait-il : l’une, assise, plus âgée, plus digne, très clémente et divine, mais les sourcils plaintifs, au-dessus de ses yeux vides et sans pupille, dans une tunique plissée, ses cheveux ondulés de matrone couverts d’un voile ; l’autre, debout, enlacée maternellement par la première, avec un visage rond de jeune fille, les bras et les mains joints et cachés dans les plis de son péplum.
Tandis que Hans Castorp considérait le groupe, son cœur, pour des raisons obscures, se faisait plus lourd, plus angoissé, plus chargé de pressentiments. Il osait à peine – et il le fallait pourtant – contourner ces figures pour franchir derrière elles la deuxième double rangée de colonnes ; la porte de bronze du sanctuaire était ouverte et les genoux du malheureux vacillèrent devant le spectacle que découvrit son regard. Deux femmes aux cheveux gris à demi nues, aux seins pendants et aux tétines aussi longues que des doigts, se livraient là dedans, entre les flammes des brasiers, à d’effrayantes manipulations. Au-dessus d’un bassin elles déchiraient un petit enfant, le déchiraient en un silence sauvage, avec leurs mains – Hans Castorp voyait les fins cheveux blonds barbouillés de sang – et en dévoraient les morceaux en faisant craquer les petits os friables dans leurs bouches, tandis que le sang coulait de leurs affreuses lèvres. Un frisson glacé immobilisa Hans Castorp. Il voulut couvrir ses yeux de ses mains, mais n’y réussit pas. Il voulut s’enfuir et ne le put pas. Mais voici qu’elles l’avaient aperçu tout en poursuivant leur abominable besogne ; elles agitèrent derrière lui leurs poings sanglants et l’injurièrent sans voix, avec la pire grossièreté, en termes obscènes, et cela dans le patois du pays de Hans Castorp. Il se sentit mal, plus mal que jamais. Désespérément il voulait s’arracher à cet endroit, et tel qu’en faisant cet effort il était tombé accoté à la colonne, tel il se retrouva ayant encore dans l’oreille cet affreux chuchotement criard, agrippé à son fenil dans la neige, couché sur un bras, la tête appuyée, les pieds chaussés de skis étendus devant lui. »

Ce n’est pas un rêve pendant le sommeil comme le sont les trois songes de Descartes, mais Hans Castorp s’éveille et procède à une sorte de jugement sur ce rêve, comme Descartes le faisait sans sortir du rêve :

« Il me semblait bien que c’était un rêve, radotait-il en lui-même. Rêve tout à fait charmant et effroyable. Au fond, je le savais tout le temps et je me suis tout fabriqué moi-même, le parc et la belle humidité, et ce qui est venu ensuite, le beau comme le laid, je le savais presque d’avance. Mais comment peut-on savoir et se fabriquer une chose pareille, enchantement et épouvante ? Où ai-je pris ce beau golfe couvert d’îlots et ensuite l’enceinte du temple vers laquelle m’ont dirigé les regards de cet agréable jeune homme qui était seul ? On ne rêve pas seulement avec sa propre âme, me paraît-il, mais on rêve de façon anonyme et commune, encore qu’à sa propre manière. La grande âme dont tu n’es qu’une parcelle rêve à travers toi, à ta manière, de choses qu’en secret elle rêve toujours de nouveau – de sa jeunesse, de son espérance, de son bonheur, de sa paix… et de sa scène sanglante. Me voici appuyé à ma colonne, et j’ai encore dans mon corps les vrais vestiges de mon rêve, le frisson glacial qui m’a parcouru devant la cène sanglante, et aussi la joie du cœur, la joie que j’ai éprouvée devant le bonheur et les pieux usages de l’humanité blanche. Il me revient, je l’affirme, il me revient de droit d’être étendu ici et de rêver de telles choses. J’ai beaucoup appris chez les gens d’ici sur la déraison et la raison. Je me suis perdu avec Naphta et Settembrini dans les montagnes les plus dangereuses. Je sais tout de l’homme. J’ai scruté sa chair et son sang, j’ai restitué à la malade Clawdia le crayon de Pribislav Hippe. Mais quiconque connaît le corps, connaît la vie, connaît la mort. Et ce n’est pas là tout, c’est tout au plus un commencement, si l’on se place au point de vue pédagogique. Il faut y ajouter l’autre aspect, l’envers. Car tout l’intérêt que l’on éprouve pour la mort et la maladie n’est qu’une forme de l’intérêt que l’on éprouve pour la vie, comme le prouve du reste la faculté humaniste de médecine qui s’adresse en un latin si courtois à la vie et à sa maladie, et qui n’est qu’une variété de cette unique, de cette grande et pressante préoccupation que je veux appeler en toute sympathie par son nom : c’est l’enfant gâté de la vie, c’est l’homme, son état et sa position… Je le connais assez bien, j’ai beaucoup appris chez ceux d’en haut, je suis monté très haut au-dessus du pays plat, au point d’en avoir presque perdu le souffle ; mais du pied de ma colonne j’ai une vue qui ne me semble pas mauvaise… J’ai rêvé de l’état de l’homme et de sa communauté polie, intelligente et respectueuse, derrière laquelle se déroule dans le temple l’affreuse scène sanglante. Combien ils étaient courtois et charmants les uns à l’égard des autres, les hommes du soleil, avec, dans le fond, cette atroce chose ! Ils en tirent une conclusion fine et fort galante. Je veux en mon âme rester avec eux et non pas avec Naphta, du reste pas davantage avec Settembrini ; tous deux sont des bavards. L’un est sensuel et pervers et l’autre n’embouche jamais que le petit cor de la Raison et s’imagine pouvoir y ramener même les fous ; quel manque de goût ! C’est de l’esprit primaire et de l’éthique pure, c’est de l’irréligion, voilà qui est entendu. Mais je ne veux pas non plus me ranger au parti du petit Naphta, à sa religion qui n’est qu’un guazzabuglio de Dieu et du Diable, du Bien et du Mal, tout juste bon pour que l’individu s’y précipite la tête la première, afin de sombrer mystiquement dans l’universel. Ah, ces deux pédagogues ! Leurs querelles et leurs désaccords ne sont eux-mêmes qu’un guazzabuglio et un confus fracas de bataille dont ne se laisse pas étourdir quiconque a le cerveau libre et le cœur pieux. Et ce problème de l’aristocratie avec leur noblesse ! Vie ou mort, maladie, santé, esprit et nature. Sont-ce là des contraires ? Je demande : sont-ce là des problèmes ? Non, ce ne sont pas des problèmes, et le problème de leur noblesse n’en est pas un. La déraison de la mort relève de la vie, sinon la vie ne serait pas vie, et la position de l’Homo Dei est au milieu avec la déraison et la raison, de même que sa position est entre la communauté mystique et l’individualisme inconsistant. Voilà ce que j’aperçois de ma colonne. Dans cette position, il lui faut avoir avec lui-même des rapports raffinés, galants et aimablement respectueux, car lui seul est noble, mais les contraires ne le sont pas. L’homme est maître des contradictions, elles existent grâce à lui et, par conséquent, il est plus noble qu’elles. Plus noble que la mort, trop noble pour elle, et c’est la liberté de son cerveau. «

La première scène, ravissante, avec de beaux jeunes gens au bord de la mer, peut être qualifiée d’apollinienne et la seconde, celles des deux femmes dévorant un enfant dans le temple , de « dionysiaque ». Dans « Le monde comme volonté et comme représentation », œuvre philosophique qui a une grande importance pour Thomas Mann , Schopenhauer rattache le dionysiaque à la volonté et à la musique, le plus dionysiaque de tous les arts et l’apollinisme à l’architecture . Donc le dionysiaque, le monde comme volonté (le vouloir-vivre) est associé à l’audition , l’écoute , et le monde comme représentation à la vision « théorique «  , c’est à dire que nous retrouvons les deux «  accès au divin » (à l’absolu) de l’écoute (climat juif, Chema Israël ) et du regard ( occidental, «  vision en Dieu ») dont il est parlé dans l’article précédent:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/10/11/lusage-metaphorique-des-expressions-spiritualistes-a-propos-du-plan-spirituel-ou-du-monde-intelligible/

Les deux scènes rêvées par Hans Castorp perdu sous la tempête de neige correspondent à ces deux éléments , dionysiaque (le temple) et « apollinien » ( le bord de la mer et les beaux jeunes gens qui s’exercent à l’arc et à l’équitation) et cette dualité sera rappelée lors de la fin « apocalyptique » du livre , dans la boue des champs de bataille :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/10/22/cochetbrunschvicg-6-la-conversion-de-la-chair-a-lesprit-dans-le-temps-hermetique/

« Où sommes nous? Qu’est ce que cela? Où nous à transportés le songe?
Crépuscule, pluie et boue, rougeur trouble du ciel incendié. Un sourd tonnerre résonne sans arrêt, emplit l’air humide, déchiré par des sifflements aigus, par des hurlements rageurs et infernaux…

…Ah, toute cette belle jeunesse avec ses sacs et ses baïonnettes, ses manteaux boueux et ses bottes ! On pourrait avec une imagination humaniste et enivrée de beauté rêver d’autres images. On pourrait se représenter cette jeunesse : menant et baignant des chevaux dans une baie, se promenant sur la grève avec la bien-aimée, les lèvres à l’oreille de la douce fiancée, ou s’apprenant avec une amicale gentillesse à tirer l’arc. Au lieu de cela, elle est couchée, le nez dans cette boue de feu. C’est une chose admirable et dont on reste confondu qu’elle s’y prête joyeusement, encore qu’en proie à a une inexprimable nostalgie de ses mères, mais ce ne devrait pas être une raison de la mettre dans cette situation. »

Ainsi l’apollinien est associé au regard et à la contemplation , et à l’humanisme, qui dans le roman de Thomas Mann est représenté par Ludovico Settembrini et sa naïveté « formelle »; le dionysiaque de la volonté indépendante du temps et de l’espace, donc intemporelle (éternelle) est associé à Léon Naphta , l’adversaire de Settembrini, le jésuite d’origine juive, qui à la fin se suicidera lors du duel au pistolet avec Settembrini l’humaniste qui refuse de tirer sur son adversaire

Settembrini est un homme des Lumières, du 18ème siècle, mais nous savons ici , grâce à la lecture de Brunschvicg, que le véritable humanisme est celui du 17 eme siècle, celui de Descartes, Malebranche, Spinoza, le retour à la spiritualité pure de Platon :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/ecrits_philosophiques_t1/ecrits_philosophiques_t1.html

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/ecrits_philosophiques_t1/ecrits_philosophiques_t1_intro.html

« C’est de Descartes que date le retour à la spiritualité pure par laquelle Platon avait mis en évidence le caractère de la civilisation occidentale : « Toutes les sciences (écrit-il dans la première des Règles pour la direction de l’esprit), ne sont rien d’autre que la sagesse humaine, laquelle demeure toujours une et identique, tout en s’appliquant à divers sujets, sans se laisser différencier par eux, plus que la lumière du soleil par la variété des choses qu’elle éclaire. » Mais l’humanisme de la sagesse ne manifestera toute sa vertu dans la recherche de la vérité, que s’il a conquis, par une ascèse préalable, sa liberté totale à l’égard des préjugés de la conscience collective. De cette ascèse, Descartes sera redevable aux Essais de Montaigne. »

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