Olivier Rey – Les migrants et les manants

Miscellanées

Face à l’afflux de réfugiés, que faire ? Que penser ? – Ce soir (ou jamais !) – 25 / 09 / 2015


La fortune récente et extraordinaire du mot « migrant » donne à penser. Entre autres, à la désuétude complète dans laquelle est tombée son antonyme, d’usage bien plus ancien, le mot « manant » , aux connotations si négatives que plus personne n’ose l’employer, sinon pour rire. Pourtant, à l’origine, le terme n’avait rien d’infâmant. Dérivé du verbe latin manere – rester, séjourner, habiter, persister -, il désignait, au Moyen Âge, une personne dont l’existence et le statut étaient liés à l’endroit dont elle était originaire et où elle vivait.

Le mot était si peu péjoratif qu’il pouvait même s’appliquer à Dieu, manant par excellence dans sa constance et son éternité – le Père-manant, si l’on peut dire. Ce n’est qu’à partir de la fin du XVIe…

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