Je croyais avoir inventé le mot « mythème «

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Mythème

« Un mythème est un énoncé élémentaire constitutif d’un mythe. Ce néologisme a été créé par Claude Lévi-Strauss sur le modèle de morphème et de phonème.« 

Le néologisme dont il s’agit ici a été créé sur le modèle de mathème :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/09/19/nouvelle-terminologie-idees-mathemes-et-mythemes/

Cependant cela a encore évolué depuis : il y a deux sortes d’idées humaines, les mathèmes et les logoi (concepts du discours ) , les mythèmes sont une espèce particulièrement dangereuse de logoi , d’autant plus qu’ils peuvent s’avancer masqués, déguisés en mathèmes (dans la numérologie , guematrie , abjad et pseudo – sciences semblables ) :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/10/05/les-mythemes-deguises-en-mathemes

Seuls les mathèmes sont modèles humains d’une Idée :

« Aussi bien, et l’on devra s’en laisser convaincre par les premiers chapitres de notre ouvrage, l’opposition décisive entre l’idéalisme mathématique de la République platonicienne et le réalisme astro-biologique de la Métaphysique aristotélicienne a défini le thème fondamental de l’Occident dans le domaine pratique comme dans le domaine théorique, indépendamment de toute référence au christianisme. Plusieurs siècles avant qu’il ait commencé d’exercer sa propagande, la polémique de l’Académie et du Lycée apporte le témoignage lumineux qu’il existe deux types radicalement distincts de structure mentale, commandés, l’un par les relations de la science (μαθήματα), l’autre par les concepts du discours (λόγοι). De là procède le problème religieux, tel qu’il se manifeste dans la terminologie des Stoïciens avec la dualité du Verbe intérieur, ou raison : λόγος ἐνδιάθετος, et du Verbe extérieur, ou langage : λόγος προφορικός. « 

L’idéalisme mathématique de Platon s’appuie sur des mathèmes, le réalisme astro-biologique d’Aristote sur des logoi, qui sont souvent des mythèmes .

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/10/09/retour-sur-mathemes-mythemes-et-logoi/

La caractère pernicieux des mythèmes dans le domaine religieux est bien mis en valeur par ces lignes de Brunschvicg dans l’introduction au « Progrès de la conscience dans la philosophie occidentale » :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/progres_conscience_t1/progres_conscience_t1.html

« Pour l’analyse du progrès de la conscience occidentale, il est donc essentiel que nous prenions en considération la diversité des plans que cette conscience est appelée à parcourir. Mais nous ne dissimulons pas les difficultés d’une semblable entreprise. C’était déjà une chose assez délicate que de chercher à saisir dans leur connexion réciproque, d’une part, l’œuvre des mathématiciens ou des physiciens, d’autre part la philosophie qui pouvait paraître ou l’avoir inspirée ou en fournir l’interprétation : à chaque étape du progrès scientifique, un système se détache qui prétend en fixer le moment, comme si l’humanité avait jamais atteint le terme définitif de son évolution ; et par là se constitue une succession d’images doctrinales qui se prêtent à tous les raccourcis, à toutes les controverses, et qui se substituent dans la mémoire des siècles au travail complexe de l’esprit scientifique. Du moins, les résultats positifs du savoir se dessinent en traits assez nets et assez précis pour permettre le redressement objectif de l’histoire : d’elle-même la séparation semble s’opérer entre ce qui s’est évaporé par l’action du temps et ce qui demeure au fond du creuset.

Dans le domaine moral ou religieux, les idées du passé agissent tout autrement : non seulement les institutions pédagogiques et les contraintes sociales leur communiquent une force d’inertie, qu’il serait malaisé d’exagérer ; mais encore la manière dont ces idées ont été dans la suite des siècles infléchies et altérées pour le service de telle cause politique, de tel intérêt religieux, n’est nullement indifférente à leur efficacité ; on peut dire qu’elle est devenue partie intégrante de leur efficacité. Par contre, à mesure que la vérité historique est reconstituée avec plus d’exactitude, on s’aperçoit qu’elle s’éloigne davantage de la représentation traditionnelle qui a servi de base, ou de prétexte, à l’acharnement des polémiques comme à la faveur des enthousiasmes. De là cette conséquence singulière : le rétablissement de la vérité historique ne fournit pas la clé qui permettrait d’interpréter la réalité de l’histoire effective, pas plus que la découverte des sources du Nil n’explique les mythes de l’ancienne Égypte sur les origines du fleuve sacré.« 

Tout simplement parce que dans le domaine scientifique les mathèmes restent présents, et permettent de neutraliser le jeu malfaisant des mythèmes ( appelés ici « images doctrinales » ) . Par contre dans le domaine moral ou religieux seuls sont présents les mythèmes (c’est à dire, dans le texte ci dessus « les idées qui ont été infléchies et altérées dans la suite des siècles pour le service de telle cause politique ou intérêt religieux ») , et ils ne peuvent être terrassés que par le progrès de la science historique, permettant une reconstitution fidèle de la vérité historique.

Donc, pour récapituler : les deux grandes sortes d’idées humaines sont les mathèmes ( qui sont les modèles des Idées divines) et les logoi, concepts du discours. Parmi les logoi figurent les mythèmes qui sont des logoi pernicieux, mis au service de causes politiques ou « religieuses » (sectaires) et les dysthèmes qui sont des mythèmes particulièrement pernicieux , où il n’y a plus aucun effort de penser et de comprendre : les dysthèmes sont de simples bruits faits avec la bouche. Comme dysthème mis au service de l’islamisation citons l’islamophobie.

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