Alfred North Whitehead : the principle of Relativity : une critique philosophique de la théorie d’Einstein

Le livre, publié en 1922, est ici :

https://archive.org/details/theprincipleofre00whituoft/page/n8

Il existe un travail sur ce livre :

http://www.rehseis.cnrs.fr/IMG/pdf/DESMET_1.pdf

Whitehead prend le parti du sens commun ( commun sense) qui s’oppose au bon sens, comme déjà chez Descartes.

Ce sens commun est lié aux présuppositions inévitables, donc si une théorie le nie, ce que fait la théorie d’Einstein, elle doit être révisée.

Einstein nie que l’espace temps soit indépendant de la gravitation, et qu’il soit uniforme. Mais Whitehead montre qu’en pratique, résoudre les équations d’Einstein présuppose l’indépendance de l’espace temps vis à vis de la gravitation. Donc la théorie doit être révisée.

Whitehead et Isabelle Stengers s’opposent à la bifurcation d’einstein, entre le monde théorique de la science objective, et le monde pratique de la perception subjective et du sens commun.

Whitehead : nous devons nous incliner devant ces présuppositions qu’en dépit de la critique scientifique et philosophique, nous continuons à utiliser dans la régulation de nos vies.

Isabelle Stengers : il faut résister aux théories qui font violence à ce que nous ne pouvons nous empêcher de croire.

Les mathématiques pures sont l’étude des structures relationnelles en faisant abstraction des objets particuliers reliés.

Les deux instruments de la mathématique pure sont l’algebre (A treatise on Universal algebra) et la logique (Principia mathematica ).

L’interprétation spatiale (i e spatiotemporelle ) de la géométrie n’est pas la seule possible.

L’interprétation par Einstein est d’ordre spatial : l’espace temps courbé est identifié à la gravitation.

L’interprétation de Whitehead est physique : il distingue l’espace temps uniforme de la gravitation , qui est une action sur cette étoffe, ce substrat de l’espac-temps.

La critique de Whitehead a abouti à la « Process philosophy » qui s’oppose fermement à l’interprétation courante. Mais pas de la même façon que Bergson, qui niait la plupart des paradoxes temporels, le paradoxe de Langevin notamment : le bergsonisme est à notre époque renié par la plupart des scientifiques et philosophes, qui parlent d’erreur.

Ne parlons même pas des chefs de sectes, comme Rudolf Steiner , qui niait la théorie d’Einstein.

Mais l’oppositionn De la bifurcation d’einstein Ressemble fort à l’opposition entre monde imaginaire et monde véritable dans « Raison et religion » de Brunschvicg :

https://mathesisuniversalis.wordpress.com/2015/08/03/brunschvicgraisonreligion-seconde-opposition-fondamentale-monde-imaginaire-ou-monde-veritable/

De la même manière j’estime que l’on doit rejeter l’appel d’Husserl à un retour au « monde de la vie «  . En 1936 le monde de la vie c’était Hitler sur les podiums, de nos jours ce sont les concerts de rock où la drogue exerce ses ravages.

Donc je garde Einstein , qui possède aux yeux de Brunschvicg une très grande importance, tout en me donnant le temps d’étudier un peu plus la relativité whiteheadienne , qui semble rejetée par l’évidence expérimentale :

https://arxiv.org/abs/physics/0505027

https://arxiv.org/pdf/gr-qc/0611006.pdf

L’impact de la Relativité générale d’Einstein se situe surtout au niveau du temps, et implique une révision fondamentale de nos conceptions vitales. Et jusqu’à plus ample informé, les objections d’Isabelle Stengers doivent être rejetées .
Il me paraît difficile au demeurant de discriminer sens commun et bon sens, et les croyances que nous ne pouvons nous empêcher d’avoir sont fort suspectes à mes yeux.

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