Quelle est la racine du Mal absolu ?

Mal absolu, cela signifie qu’il s’agit d’autre chose que la simple transgression des lois, qui sont toujours particulières.

Dans cet article :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/04/01/le-mal-radical-selon-kant-consiste-a-orienter-son-ame-sa-conscience-vers-le-plan-vital-plutot-que-vers-le-plan-spirituel/

J’avais associé le Mal radical selon Kant à la dualité entre plan vital ou monde et plan internel : le Mal, ou sa racine, c’est l’attitude d’esprit qui place le monde ( c’est à dire le monde imaginaire selon la seconde opposition fondamentale) plus haut, devant le plan internel des Idées.

Mais il y a trois oppositions fondamentales :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/07/27/brunschvicgraisonreligion-les-trois-oppositions-fondamentales-ou-les-trois-axes-du-mouvement-de-conversion-spirituelle-dans-raison-et-religion/

et la dualité entre plan vital et plan spirituel tente de synthétiser ces trois dualités:

1 entre Moi vital et Moi spirituel

2 entre monde imaginaire et monde véritable

3 entre Dieu imaginaire humain, anthropomorphique, et Dieu vraiment divin, Dieu de l’Idée .

dans la progression qui est une véritable guerre entre trois « dieux » ou conceptions du divin selon les trois types d’humanité qui correspondent  aux trois types d’humanité dans le gnosticisme ( hyliques, psychiques, spirituels) :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/11/24/cochetbrunschvicg-12-trois-types-detres-humains-donc-trois-conceptions-de-dieu-trois-dieux-en-guerre/

Progression qui va du Dieu de la matière ou Dieu créateur (Thorah, Coran)  s’élève au Dieu de la vie ( Évangile), puis au Dieu de l’Esprit (« christianisme des philosophes » chez Spinoza et Brunschvicg).

La synthèse cherchée pourrait donc être la dualité l’opposition entre deux attitudes : réalisme de la matière et de la vie, et idéalisme de l’Esprit et de la vérité. C’est d’ailleurs ce que dit Brunschvicg lui même à la fin du chapitre « Opposition entre monde imaginaire et.monde véritable » de « Raison et religion »:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/raison_et_religion/raison_et_religion.html

« La religion conserve-t-elle encore un sens si elle se fait à son tour inhumaine, si elle refuse la consolation que dès le lointain des âges le sentiment a puisée dans l’espérance et dans la promesse de l’au-delà ? Ou n’est-ce pas la tâche qui apparaît héroïque et pieuse par excellence, de dépouiller le vieil homme, et, quoi qu’il en coûte à notre amour-propre, de déborder les limites mesquines de la chronologie mosaïque ou de l’horizon géocentrique pour substituer au Dieu du réalisme physique ou biologique le Dieu de l’intelligence et de la vérité ? »

cela signifie : substituer au Dieu du réalisme du monde physique (Islam ou judaïsme ) ou du monde biologique ( christianisme)  le Dieu des philosophes et des Savants ( Brunschvicg évoque parfois un «  christianisme des philosophes « ) , Dieu-Idée qui n’est qu’en esprit et en vérité:

»si les religions sont nées de l’homme, c’est à chaque instant qu’il lui faut échanger le Dieu de l’homo faber, le Dieu forgé par l’intelligence utilitaire, instrument vital, mensonge vital, tout au moins illusion systématique, pour le Dieu de l’homo sapiens, Dieu des philosophes et des savants, aperçu par la raison désintéressée, et dont aucune ombre ne peut venir qui se projette sur la joie de comprendre et d’aimer, qui menace d’en restreindre l’espérance et d’en limiter l’horizon.

 

Dieu difficile sans doute à gagner, encore plus difficile peut-être à conserver, mais qui du moins rendra tout facile. Comme chaque chose devient simple et transparente dès que nous avons triomphé de l’égoïsme inhérent à l’instinct naturel, que nous avons transporté dans tous les instants de notre existence cette attitude d’humilité sincère et scrupuleuse, de charité patiente et efficace, qui fait oublier au savant sa personnalité propre pour prendre part au travail de tous, pour ne songer qu’à enrichir le trésor commun ! »

Certes, quand on observe l’attitude de beaucoup de prétendus « savants », qui ne songent qu’à faire carrière  aux dépens des collègues- rivaux, on peut penser que ces propos sont bien naïfs  : mais ce changement d’attitude est justement d’ordre « religieux » , pas scientifique. Il n’est possible que si le changement d’esprit, d’attitude mentale  ayant lieu à l’occasion de l’entreprise scientifique aboutit à la substitution du Dieu en esprit et en vérité au Dieu du réalisme physique . Il est donc fondé sur l’esprit scientifique, mais ne coïncide pas avec lui. Cela veut dire qu’il est  possible qu’un scientifique, même un excellent savant, connaisse parfaitement la physique sans accomplir la mutation d’ attitude mentale, du réalisme physique et biologique à l’idéalisme de l’esprit et de la vérité, donc sans se dépouiller de ce qui est du vieil homme, du « vieux roi nageant dans les eaux » , c’est à dire de l’égoisme et de l’ égotisme inhérents à l’instinct vital.

Donc la racine du Mal, c’est la régression de l’idéalisme de l’esprit et de la vérité au réalisme de la matière et de la vie, et tout ce qui favorise cette régression:

– du Dieu en esprit et en vérité au Dieu de la matière ou de la vie

– du monde véritable de la relativité et de la physique quantique ( qui à l’heure actuelle ne sont pas unifiées, le meilleur candidat pour cette unification étant la théorie des cordes, ce qui explique peut être l’offensive contre cette théorie « même pas fausse » de certains grands savants, comme Lee Smolin ou Peter Woit) au monde imaginaire de l’instinct vital

– du Moi spirituel au Moi vital

selon les trois oppositions fondamentales chez Brunschvicg

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/07/27/brunschvicgraisonreligion-les-trois-oppositions-fondamentales-ou-les-trois-axes-du-mouvement-de-conversion-spirituelle-dans-raison-et-religion/

 

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