La mort n’est elle qu’une apparence, un phénomène ?

« il ne s’agit plus pour l’homme de se soustraire à la condition de l’homme. Le sentiment de notre éternité intime n’empêche pas l’individu de mourir, pas plus que l’intelligence du soleil astronomique n’empêche le savant de voir les apparences du soleil sensible.« 

Brunschvicg dit aussi :

»La vraie religion est le renoncement à la mort;

elle fait que rien ne passe et rien ne meurt pour nous, pas même ceux que nous aimons; car de toute chose, de tout être qui apparaît et qui semble disparaître, elle dégage l’idéal d’unité et de perfection spirituelle, et pour toujours elle lui donne un asile dans notre âme »

Dans ces deux extraits la mort, la disparition d’un être est envisagée comme une apparence sensible, un phénomène (pour les autres, témoins de la disparition ) .

C’est surtout la mort des proches qui pose problème :

Lors d’un colloque où Brunschvicg   avait suggéré à Gabriel Marcel que « Mr Brunschvicg accorde sans doute beaucoup moins d’importance à sa propre mort que Mr Gabriel Marcel », il avait répondu du tac au tac :

« et la mort de Mme Brunschvicg ? »

c’est l’individu qui meurt, mais l’individu n’est qu’une apparence du monde phénoménal, du monde imaginaire.

Dans le premier extrait de Brunschvicg la mort de l’individu est opposée avec le sentiment de notre éternité intime, et cette opposition est mise en relation avec celle entre les « apparences du Soleil sensible » et le savoir du savant à propos du Soleil astronomique, c’est à dire la théorie de la mécanique céleste du système Solaire.

ok seulement la mort semble bien réelle dans le vieillissement, bien avant le jour de la disparition. Le monde (imaginaire) c’est le monde réel, celui qui existe mais n’est pas .

il y aurait trois niveaux :

1 l’existence ( dans le monde imaginaire)

2 l’être ( dans et du monde véritable )

3 les Idées, dans l’Etendue intelligible  ( qui est une Idée, Idée de Dieu ou d’Un) qui font plus qu’être ou exister:  qui peut le plus peut le moins, les Idées sont et existent, mais sont au dessus du monde vital et du monde véritable.

ces trois niveaux pourraient se nommer :

1 existence ( Atman)

2 être (sad -brahman)

3 Esprit ( Purusha )

Mais revenons à la mort , phénomène du monde de l’existence , monde imaginaire où l’on n’est pas, où l’on ne fait qu’exister

Brunschvicg lié aussi l’éternité véritable ( que j’appelle ici internité) à l’immanence radicale :

»il est malaisé de décider si l’armée des vivants peut avoir l’espérance, suivant la magnifique image que nous a proposée  Bergson, de « culbuter la mort« ; mais, puisque le salut est en nous,n’est il pas assuré que l’armée des esprits débouche dans l’éternité, pourvu que nous ayons soin de maintenir à la notion d’éternité sa stricte signification d’immanence radicale ? « 

cependant que Marie Anne Cochet , commentant Brunschvicg, dit à propos du « temps chronologique »  »:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/10/23/cochetbrunschvicg-7-dissolution-de-lhumanite-dans-lesprit/

« c’est nous qui créons pas à pas le Temps chronologique dans notre marche tangente à l’esprit »

Le temps chronologique c’est le temps qui mesure les « heures de folie »

https://www.brainyquote.com/fr/citation/william-blake_150154

« Les heures de folie sont mesurées par l’horloge; mais celle de la sagesse, aucune horloge ne peut la mesurer. »

William Blake qui dit aussi :

https://dicocitations.lemonde.fr/citations/citation-2432.php

«Si le fou persistait dans sa folie, il deviendrait  un sage »

c’est je le pense le temps simplement vital ( appelé temps mort ) dont Brunschvicg dit :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/10/22/cochetbrunschvicg-6-la-conversion-de-la-chair-a-lesprit-dans-le-temps-hermetique/

« “«Nous nous affranchirons du temps simplement vital, dans la mesure où nous en découvrirons la racine intemporelle. La vie, nous savons trop qu’elle est sans pitié pour les vivants. Elle peut se définir comme l’ensemble des forces qui résistent à la mort….. jusqu’à l’inévitable dénouement qui la révèle comme l’ensemble des forces qui acheminent à la mort »

C’est le temps qui résiste à la mort, puis achemine  à la mort : il existe mais n’est pas, c’est nous qui le créons pas à pas dans notre marche tangente à l’esprit

Mais dans la Relativité générale, porte d’entrée du troisième monde, par quoi notre marche n’est plus tangente mais pénètre dans l’esprit, le temps universel de Newton qui passe pour tous de la même façon est mis à bas. C’était ce temps illusoire que priaient les amants pour qu’il les épargne :

https://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/alphonse_de_lamartine/le_lac

»Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours ! »

seulement obéir à l’instinct sexuel en prononçant de grandes tirades romantiques, ce n’est pas la bonne façon de pénétrer (sic) dans l’esprit , selon une marche qui ne prend plus la tangente..

Marie Anne Cochet appelle de très belle façon la physique relativiste « dialogue entre la masse et la lumière « :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/10/25/cochetbrunschvicg-8-la-vie-de-la-pensee-cest-la-conversion-incessante-vers-lunite-de-lesprit/

« La science trace son chemin déterminé à travers le passé, par la conversion réflexive des actions, et des événements, pour atteindre l’avenir. Elle est tout d’abord prévision du retour des évènements étudiés, parce qu’elle n’en a retenu que ce qui pouvait revenir. C’est là son premier stade, celui du déterminisme. Mais lorsqu’elle atteint son point le plus haut, elle transporte la réflexion de l’événement, du rythme apparentiel saisi par les sens, à la structure interne de ce rythme saisi par l’esprit seul. Elle mène alors à la dissolution de l’événement donné et à sa récréation sur le plan humain.
C’est parce que la science pure reste très étrangère à la pensée moyenne, qui n’en retient que les applications, c’est aussi parce que la passion du connaître voile aux savants eux mêmes les conséquences de leurs investigations de plus en plus hardies et profondes, qu’on ne se rend pas compte du passage actuel de la période de construction de l’univers à la période de dissolution de ce même univers.
”«

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/10/14/cochetbrunschvicg-4-le-dialogue-entre-la-masse-et-la-lumiere/

« “le dialogue mathématique, et physique (mais physique, bien au delà et CONTRE les sens), ce dialogue actuel entre la masse et la lumière, soit, entre la pesanteur et le mouvement, qui est lutte primordiale et interne sous tous les aspects de la densité du réel, ce dialogue, cette lutte, ce duel, sont aux confins existentiels de notre univers, parce qu’ils n’utilisent pas seulement les éléments, comme le docile déterminisme, qui se pliait à leur rythme donné, mais les transforment. Or l’univers transformé par l’homme transformera l’homme à son tour par le retour naturel des forces à leur source spirituelle; et il est impossible de prévoir le résultat de cette double transformation dans laquelle l’humanité est maintenant engagée tout entière« 

Cette transformation, si l’on comprend la physique de la « relativité quantique «  comme la porte étroite du Royaume des cieux, menant  au monde véritable, serait rien moins que la prise de conscience de la mort et du temps comme apparences illusoires associées à cette autre apparence illusoire de l’individualité , de la particularité , c’est à dire de la finitude.

dans le  film « Shining » de Kubrick l’hotel Inhabité représente  le monde imaginaire de la finitude , du temps et de la mort, monde qui est aussi le lieu des légendes sur les fantômes  . Lorsque Danny l’enfant fait du vélo dans Le couloirs et se retrouve face aux spectres des deux sœurs jumelles assassinées dans le passé ,il stoppe et demande l’aide de « celui qui sait tout »  Tony, à l’intérieur de ui, qui lui répond : » ce sont des images, pas la réalité «   Seulement le monde imaginaire existe bien, il est réel, c’est à dire entaché de finitude et d’amour du fini, d’impuissance à renoncer à la mort, pour s’orienter vers le monde véritable

 

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