« Pourquoi viens tu si tard ? » (1959) film d’Henri Decoin

A voir ici :

https://m.ok.ru/video/47741667910

Un chef d’oeuvre, la scène du procès à la fin est extraordinaire, et Michèle Morgan plus qu’extraordinaire dans  le rôle de cette avocate alcoolique qui se bat pour que les fabricants d’alcool soient condamnés.

Dans la réalité ( c’est à dire l’imaginaire, comme je l’affirme ici ) Michèle Morgan et Henri Vidal étaient mariés, et c’est  cet homme à la carrure d’Apollon  qui avait une faiblesse intime et avait fait des cures innombrables pour se désintoxiquer de la drogue, jusqu’à ce 10 décembre 1959 où sortant de cure, il est mort d’une « overdose » comme on dit maintenant. Le film est sorti début Mai 1959 :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pourquoi_viens-tu_si_tard_%3F

Le restaurant « L’espérance » tenu par Francis Blanche où dînent les amoureux avant la tragédie de la fin se trouve en face du bal « Chez Temporel «  où passe la chanson du film  qui avait été écrite par Aznavour (mais qui est chantée dans le film par une chanteuse):

Les deux êtres sont ainsi ballotés entre « L’espérance «  et «  Chez Temporel «  : seul un être qui est, dans sa condition vitale » , temporel de part en part peut désespérer et se suicider, mais aussi «  avoir l’espérance «  d’être sauvé .Mais sauvé de quoi ? Puisqu’il faut de toute façon mourir…

Chez Temporel évoque aussi la chanson de Guy Béart :

Béart et le Bal chez Temporel

 

 

 

L’alcoolisme est une addiction, une toxicomanie, comme celle à l’héroine. Le discours médical dominant tente depuis 60 ans de « relativiser », de « déculpabiliser « , mais il est clair pour moi que c’est un abîme du plan vital , une sorte de maelström, qui épouvante tous ceux qui y assistent de l’extérieur, d’où cette tentation d’en rire et de plaisanter, pour cacher son angoisse. L’alcoolisme c’est la mort tapie au cœur de la vie, le Rien (Nada) au cœur du Tout. Mais comme tout c’est rien..

Le Pont Mirabeau

«Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine.

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure »

C’est au Pont Mirabeau que Paul Celan, qui habitait au 6 Avenue Émile Zola, s’est suicidé en  avril 1970…

 

 

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