L’alternative insoluble de l’optimisme et du pessimisme

Depuis la mort de Michel Serres hier soir, les « philosophes » interviewés sur France Info ( dont Luc Ferry, Vincent Cespedes) parlent de lui comme du seul intellectuel restant humaniste et  optimiste, gardant confiance en la science.

Seul Karim Rissouli, le dernier à l’avoir interviewé à la télé ( sur Arte) signale qu’en mars 2019, pour sa dernière émission, «  il était optimiste , sauf sur l’écologie »

mais ce propos de Brunschvicg permet de remettre à sa place cet humanisme , progressiste seulement au plan vital , qui ne se soucie que de notre rapport à la Nature:

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/quelques-citations-eparses-de-brunschvicg-particulierement-eclairantes-voire-illuminatrices/

«le propre de l’esprit est de s’apparaitre à lui même dans la certitude d’une lumière croissante, tandis que la vie est essentiellement menace et ambiguïté. Ce qui la définit c’est la succession fatale de la génération et de la corruption. Voilà pourquoi les religions, établies sur le plan vital, ont beau condamner le manichéisme, il demeure à la base de leur représentation dogmatique… ce qui est constitutif de l’esprit est l’unité d’un progrès par l’accumulation unilinéaire de vérités toujours positives. L’alternative insoluble de l’optimisme et du pessimisme ne concernera jamais que le centre vital d’intérêt; nous pouvons être et à bon droit inquiets en ce qui nous concerne de notre rapport à l’esprit, mais non inquiets de l’esprit lui même que ne sauraient affecter les défaillances et les échecs, les repentirs et les régressions d’un individu, ou d’une race, ou d’une planète. Le problème est dans le passage , non d’aujourd’hui à demain, mais du présent temporel au présent éternel. Une philosophie de la conscience pure, telle que le traité de Spinoza « De intellectus emendatione » , en a dégagé la méthode, n’a rien à espérer de la vie, à craindre de la mort. L’angoisse de disparaitre un jour, qui domine une métaphysique de la vie, est sur un plan; la certitude d’évidence qu’apporte avec elle l’intelligence de l’idée, est sur un autre plan«

 

Seul importe notre rapport à l’esprit, et il y a lieu de s’en inquiéter, bien plus que du climat ou de la disparition de la biodiversité .

Le plan dominé par une métaphysique de la vie , et donc par l’angoisse de disparaître un jour, par la certitude inéluctable de la mort, est le plan vital., le monde imaginaire des instincts. L’autre plan, celui de la certitude d’évidence qu’apporte l’intelligence de l’idée, est le plan spirituel, le monde véritable.

L’optimisme est restreint au plan vital, il est le progressisme seulement naturel, vital.

Mais quand bien même deviendrions nous de plus en plus riches et plus heureux, ce ne serait pas le Bien véritable, celui de Platon et Spinoza

https://saintebible.com/mark/8-35.htm

»1 Jésus a dit :
2 Si la chair a été à cause de l’esprit,
3 c’est une merveille ;
4 mais si l’esprit a été à cause du corps,
5 c’est une merveille de merveilles.
6 Mais moi, je m’émerveille de ceci :
7 comment cette grande richesse
8 a habité cette pauvreté. »

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