Qu’est ce que l’immortalité ?

Je ne partage certainement pas les conceptions de Romain Goupil :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/À_mort_la_mort_!

« Thomas (Romain Goupil), a la quarantaine. Son but est de rassurer les gens, ainsi il va d’hôpital en hôpital, et de cimetière en cimetière. Il a choisi son job car il croit que la vie est une « garce impitoyable », mais qu’elle est tout de même la base du plaisir, et du délice de tous les jours !«

J’ai dit ici que « le plan vital , le monde réel, c’est à dire imaginaire, fondé sur la perception qui est d’ordre vital, donc trompeuse («  nos sens nous trompent » dit Malebranche dans « La recherche de la vérité »)  est caractérisé par la finitude et l’absence totale de toute valeur ( c’est ce que j’appelle « théorème zéro »). Mais alors pourquoi tuer un humain est il interdit ? alors que c’est en quelque sorte le libérer de ce monde qui est « une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur » ..

parce que « la vie ne vaut rien , mais rien ne vaut la vie »!!

l’evangile selon Thomas , qui transmet le véritable enseignement de Jésus, contairement aux évangiles synoptiques manipulés par l’Eglise, qui préfère se réfugier dans les bondieuseries à propos du « fils de Dieu » et massacrer tous ceux qu’elle appelle  les « hérétiques », comme les Cathares, commence par ce logion 1:

http://evangiledethomas.over-blog.com/article-2630802.html

« Et Il a dit : Celui qui trouvera l’interprétation de ces Paroles ne goûtera pas de la mort. »

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/04/27/la-mort-nest-elle-quune-apparence-un-phenomene/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/05/21/les-apparences-sensibles-de-la-mort/

L’immortalité consiste en la prise de conscience, par un acte intellectuel dépassant le simple intellect analytique, de l’identité de l’esprit individuel avec l’Esprit universel. Ce qui change de forme à la mort , c’est le corps  physique qui devient cadavre puis squelette et ce qui disparaît et est anéanti c’est la psyché individuelle . Par contre l’esprit de l’homme consiste à « voir » les Idées intelligible par l’intermédiaire des « lentilles » que sont les mathèmes de ces Idées qui sont les idées créées par l’esprit humain . L’Esprit universel c’est l’Etendue intelligible où sont les Idées, parfaites et non créées. L’identité de l’esprit humain avec l’Esprit universel c’est la possibilité humaine d’inventer des mathèmes , modèles de plus en plus parfaits permettant de « voir » de mieux  en mieux les Idées en l’Etendue Intelligible . C’est là le véritable but de la mathématique universelle, et non pas la puissance technique économique ou militaire. Seul le Vedanta hindou parle clairement dans les Upanishads de cette « Identité suprême «   qui est celle d’atman et de brahman. Une fois cette identité de l’esprit humain individuel et de l’Esprit universel clairement et absolument comprise, la mort peut être considérée à juste titre  comme pure apparence phénoménale, mort du corps et de la psyché individuelle qui de toutes façons sont impermanents et « sans soi substantiel » ( le Moi psychologique est de l’ordre de l’illusoire ), mais elle n’en continue pas moins dans son apparence phénoménale, de la même façon que  « l’intelligence du soleil astronomique n’empêche pas  le savant de voir les apparences du soleil sensible. »  

C’est donc un acte intellectuel, analogue à l’acte de l’intelligence de la mécanique céleste, qui « déclenche » ce qu’on peut appeler « le processus de l’immortalité » qui permet de « ne pas goûter de la mort » : certes celle ci continue à se produire, mais l’être qui s’est élevé à cette compréhension de son identité avec l’Universel n’est plus touché ni concerné par cet événement. C’est sans doute le sens de ce que paraît il disait Marx : » nous devons mourir parce que nous ne sommes pas adéquats à l’universel ». Et c’est aussi le sens de la délivrance chez les « délivrés vivants » de l’Inde, dont en notre temps Ramana Maharshi.

Mais tant que cet acte de compréhension n’a pas été produit, l’être humain continue de « goûter à la mort » parce qu’il n’a pas compris la nature de cet événement inéluctable. Or cet acte ne peut être réalisé que par la réflexion et la méditation profonde, en cette vie même. Si la mort arrive avant, le sens de l’existence, qui est d’échapper à la mort en comprenant profondément ce qu’elle est , ne sera jamais réalisé . Et dans ce cas il est impossible d’attribuer une quelconque valeur au futur antérieur à l’existence , qui aura été « une histoire racontée par un idiot, qui ne signifie rien « : la vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie ».

Chez les anciennes tribus monothéistes, aucune place pour l’idée d’immortalité  : les personnages bibliques meurent « rassasiés de jours » et ce sont les générations de leurs descendants qui « réalisent » le rêve d’immortalité : un être continue d’exister à travers ses descendants. Mais ceux ci doivent à leur tour mourir : donner la vie, c’est donner la mort.

Et dans la Bible nous avons ce merveilleux livre de l’Ecclésiaste qui vient  révéler la « vanité des vanités, affliction de l’esprit » qu’est le plan des générations qui se succèdent dans l’Histoire, «  sous le Soleil », c’est au fond le même accent que l’on retrouve chez Spinoza:

http://spinozaetnous.org/tre.htm

«L‘expérience m’ayant appris à reconnaître que tous les événements ordinaires de la vie commune sont choses vaines et futiles, et que tous les objets de nos craintes n’ont rien en soi de bon ni de mauvais et ne prennent ce caractère qu’autant que l’âme en est touchée, j’ai pris enfin la résolution de rechercher s’il existe un bien véritable et capable de se communiquer aux hommes, un bien qui puisse remplir seul l’âme tout entière, après qu’elle a rejeté tous les autres biens, en un mot, un bien qui donne à l’âme, quand elle le trouve et le possède, l’éternel et suprême bonheur. »

Ce n’est que dans le christianisme et dans l’islam que se développent les rêves fantasmatiques sur une prétendue immortalité consciente dans l’autre monde, « après » la mort, envisagée sur le modèle , l’image de l’existence dans le monde.

C’est là à mon avis l’origine de la haine universelle envers les juifs, parce que les mythologies chrétiennes ou islamiques se sont propagées partout. Cette haine se développe parce que l’on croit que les juifs ne partagent pas les croyances mythiques à propos de « l’immortalité au Paradis ou dans les jardins d’Allah ». Ils sont donc vus inconsciemment comme un danger pour ces croyances invérifiables (et pour cause!) qui sont considérées comme salvatrices, parce qu’elles permettent d’échapper à cette chape de plomb de la mort certaine, qui remet en cause toutes les joies humaines de la vie en ce monde. L’acte intellectuel de compréhension dont j’ai parlé n’est pas une croyance, qui peut toujours être remise en cause, mais jamais validée et vérifiée, c’est bien pour cette raison que tout ce qui peut remettre en cause les croyances religieuses en l’immortalité est vécu comme une menace. Mais une autre menace est apparue aujourd’hui : les croyances  en l’immortalité subissent la concurrence  des  mythologies modernes sur  la quasi-obligation « rationnelle » de jouir des plaisirs de la vie tant qu’on le peut encore et ne peuvent lutter efficacement à cause de leur caractère douteux et invérifiable, faisant appel à la transcendance. Seulement « l’argument » des plaisirs de la vie ( jouir sans entraves tant qu’on le peut encore) n’arrive pas à « contrer » les effets délétères du temps destructeur (Kala des hindous)  qui rafle tout, joies comme peines, dans le néant du passé disparu qui ne reviendra plus : ce n’est pas un argument d’ailleurs, simplement la tension vitale en nous, qui nous fait aller de l’avant.

»L’angoisse de disparaitre un jour, qui domine une métaphysique de la vie, est sur un plan; la certitude d’évidence qu’apporte avec elle l’intelligence de l’idée, est sur un autre plan«

Et le « traité de la réforme de l’entendement » de Spinoza contient cette « philosophie de la conscience pure, qui n’a rien à espérer de la vie, à craindre de la mort. »

Tel est ce savoir certain, qui n’a rien d’une croyance religieuse/mythologique, qui nous libère du temps vital et du plan appelé ici « plan vital » , plan des métaphysiques de la vie , et nous fait accéder au présent éternel du plan de l’intelligence de l’idée, appelé ici « plan 

Au fond ce « savoir suprême «  est au plus haut point pratique et tourné vers l’action : il consiste à « refléter toute espérance, soit en le bonheur sensible de la vie, soit en le néant de la mort, pour se tourner vers le Bien véritable apportant une joie continue et souveraine.

https://www.canal-u.tv/video/ecole_normale_superieure_de_lyon/lecon_sur_le_traite_de_la_reforme_de_l_entendement_partie_1_6.18938

Advertisements
This entry was posted in Cochet-Brunschvicg, Léon Brunschvicg, opposition monde véritable-monde imaginaire, Ouvert : dualité plan vital-plan spirituel, Philosophie, Physique, Plan vital-plan spirituel, Religions, Science, mathesis, Science-internelle, Spinoza, Time, Yoga. Bookmark the permalink.