Jean Renoir : « Le déjeuner sur l’herbe » (1959)

A voir ici (lecteur 1) :

https://wwv.filmstreaming1.pro/film/comedie/249830-le-djeuner-sur-lherbe.html

un film délicieux, qui risque néanmoins et en même temps de donner de l’urticaire aux belles âmes, et autres LGBTQ, film  réalisé par Jean Renoir vingt ans après « La règle du jeu » et près d’un siècle après le tableau de Monet (1863) qui porte le même nom

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Le_Déjeuner_sur_l%27herbe

La page du film est ici :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Le_Déjeuner_sur_l%27herbe_(film)

Jean Renoir est d’ailleurs le fils d’Auguste Renoir, il a fait la guerre de 14-18, et a été gagné en 1936 aux idées du Front populaire :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Jean_Renoir

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Auguste_Renoir

En 2019, 60 ans après le film, la fécondation artificielle est devenue la procréation médicalement assistée PMA. Il n’est pas difficile de voir que les disciples d’Alexis, tenants de la « religion du progrès et de la science » ridiculisés par Jean Renoir dans ce film sont l’équivalent du camp du Bien actuel , régnant sur la « cage aux phobes » , les gardiens de la république de Platon étant devenus les « matons de Panurge » si prompts à faire entrer en action la justice contre ceux qui « pensent mal ».

Il faut choisir : qui ne s’oppose pas à eux est avec eux, leur complice, car il s’agit bien d’un crime , le mort étant l’humanité, un cadavre disparu comme dans « Blow up » d’Antonioni en 1966

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/10/19/antonioni-blow-up-1966/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/03/05/la-scene-du-concert-rock-dans-blow-up-de-michelangelo-antonioni-1966/

Il est intéressant d’ailleurs de rappeler le film « Blow up » car  il est bien fondé sur une vision de la science qui diffère de la conception expliquée ici :

»Je maintiens l’interprétation que j’avais donnée ailleurs il y a un certain temps : les agrandissements successifs des clichés par Thomas symbolisent la recherche scientifique actuelle en physique , qui conduit à aller fouiller de plus en plus loin dans l’infiniment petit. On a même réussi à photographier un électron (voir dans le livre “L’atome” de Bernard Pullman). Nous serions ici bien proches des thèses d’Olivier Rey dans “Itinéraire de l’égarement: du rôle de la Science dans l’absurdité contemporaine”. Le Savant qui descend de plus en plus loin dans l’infiniment petit, assisterait, mais sans pouvoir rien y faire (comme Thomas se heurtant à l’indifférence de ses amis) à la “mort de l’Homme” qui était un thème à la mode de ces années 60.
Mais à mon sens, c’est là une vision encore trop naturaliste de ce que font les physiciens :la physique est déjà une ” Science d’idées mathématiques” »

parallèlement il est évident que Jean Renoir est hostile à la science dont il a une vision naturaliste et techniciste  et qu’il assimile aux ridicules outrances du «   camp du Bien » décrit dans son film : généralisation de la  procréation médicalement assistée, obsession de la « parthénogenèse « , Étienne Alexis se préparant à devenir président de l’Europe et à convoler avec une teutonne en uniforme, la « fécondation artificielle » étant utilisée non pas comme aujourd’hui pour complaire au plan nihiliste des LGBTQ, mais pour « améliorer la race humaine », ce qui rappelle fâcheusement les slogans nazis une vingtaine d’années avant. Ici je défends une conception idéaliste de la science, comme science d’idées et non d’étants ou d’objets.  «  Améliorer la race humaine » c’est, outre le fàcheux rappel du retour aux zeures, travailler exclusivement sur ce que j’appelle ici « plan vital » , qui est pour un idéalisme conséquent placé en dessous du plan de l’idée prédominant en importance. Le « camp du Bien » tel qu’on l’observe historiquement , depuis 40 ans surtout, à évité cet écueil  en ne visant que  la satisfaction des pulsions vitales, conformément au slogan « jouir sans entraves », plutôt que l’amélioration ou la perfection, Il  a même réussi à bâtir un Mur étanche (?) contre la possibilité effrayante du retour aux zeures sombres  en proclamant  que « les races n’existent pas «  , sauf qu’il est plus correct de parler de « l’espèce humaine » que de « la race humaine » , si fâcheusement connotée . L’idéalisme de la science véritable n’a pas ces problèmes : l’Homme Universel n’est pas l’ensemble de tous les humains ayant ou devant exister, ni un sous-ensemble « racial » de celui ci, «  race des Saigneurs » ou « meilleure des communautés, ordonnant le convenable et interdisant le blâmable «  , mais l’Idée de l’homme, exemplifiée par l’homme parfait, selon un universalisme concret et non ensembliste, adossé aux « propriétés universelles » de la théorie des catégories :

https://mathesisuniversalis2.wordpress.com/deux-universalismes-concret-categorique-henologique-et-abstrait-ensembliste-ontologique/

https://webusers.imj-prg.fr/~ariane.mezard/universal_properties.pdf

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/08/12/propriete-universelle-en-theorie-des-categories/

Dans cette optique , un universel concret n’est plus un groupe ou un ensemble , finis les problèmes de « race humaine » , l’humanisme c’est le progrès infini de la conscience humaine, et non « l’amélioration de la race humaine », comme si l’on parlait de vaches ou de chevaux . Comme il y a deux universalismes, il y a donc deux humanismes, celui associé à l’idéalisme et un autre, celui qu’Alain Badiou décrit comme « semblable au nazisme », puisque basé sur une conception préalable ce ce qu’est « l’humain véritable » et donc aussi le « sous humain »: il n’y a donc pas d’outrance dans le film de Renoir, et le camp du Bien du professeur Alexis, qui s’appuie sur une vision dévoyée, non idéaliste, de la science,  annonce par la « fécondation artificielle » étendue au plus grand nombre, la PMA contemporaine et par extension la novlangue du « camp de la tolérance «  actuel, seul langage autorisé dans la cage aux phobes où il est « interdit d’interdire » (ce ne serait pas correct) sauf les « discours de haine » (ou jugés tels par les matons de Panurge) . Mais le camp du Bien ramène pour le  coup au Mal absolu d’il y a 80 ans : la mort est un Maître venu d’Allemagne.

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