L’unique leçon dont Dieu ait à nous instruire dans « Raison et religion » et dans Coran, Al- Kahf 18-29

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/raison_et_religion/brunschvicg_raison_et_religion.doc#c5

À la fin de « période augustinienne »:

»Parce qu’elle ne ruse ni avec les textes de l’Écriture ni avec l’intériorité de l’esprit, la philosophie de Spinoza, toute géométrique en apparence, surmonte cette inadéquation de la foi à la raison, de l’immortalité temporelle à l’éternité véritable, qui faisait la perplexité du chrétien, l’angoisse du mystique. Traduit dans le langage métaphysique qui leur était le plus familier, appuyé au prestige d’une déduction intégrale, un tel système devait offrir aux contemporains de Spinoza un spectacle qu’ils n’ont pu contempler sans admiration, ni non plus sans effroi. Et le paradoxe de l’attitude spinoziste était encore accru par la revendication énergique des droits de la conscience, par la récusation inflexible du symbole et de la lettre. Si la parfaite indifférence aux cérémonies extérieures du culte ne permet plus d’opposer le christianisme au judaïsme comme une Église à une Église, elle s’accompagne cependant d’une sympathie naturelle qui ne gêne en rien la liberté de la pensée. De même que l’astronome n’a pas à s’offusquer des erreurs de l’ignorant, qui dérivent nécessairement des conditions organiques de la vision, pas davantage le philosophe ne conteste au vulgaire son image subjective et illusoire du salut, récompense ultra-terrestre de sa conduite ici-bas. »

Seulement 80 ans plus tard, dans les rues de France, si vous contestez au vulgaire son image subjective et illusoire du salut ( le sexe pour l’éternité avec des houris célestes qui savent y faire) vous risquez fort de prendre un coup de couteau. Et aussi si vous êtes philosophe à Villeurbanne :

https://ripostelaique.com/villeurbanne-le-desequilibre-poignardait-les-francais-et-epargnait-les-musulmans.html

et ne contestez rien, d’ailleurs..

Mais Allah est un bon hôte de maison, laissant toute liberté à ses invités :

Al Kahf-18-29-Et dis: «La vérité émane de votre Seigneur». Quiconque le veut, qu’il croie, quiconque le veut qu’il mécroie». Nous avons préparé pour les injustes un Feu dont les flammes les cernent. Et s’ils implorent à boire on les abreuvera d’une eau comme du métal fondu brûlant les visages. Quelle mauvaise boisson et quelle détestable demeure!

«

Al Kahf-18-29-Et dis: «La vérité émane de votre Seigneur». Quiconque le veut, qu’il croie, quiconque le veut qu’il mécroie». Nous avons préparé pour les injustes un Feu dont les flammes les cernent. Et s’ils implorent à boire on les abreuvera d’une eau comme du métal fondu brûlant les visages. Quelle mauvaise boisson et quelle détestable demeure! »

quelle bonté sublime : quiconque le veut, qu’il mécroie ! Nous le jetterons dans le Feu !

mais Brunschvicg continue sans se troubler de ces «  erreurs de l’ignorant, qui dérivent nécessairement des conditions organiques de la vision » ( c’est à dire, osons le dire, d’une frustration sexuelle intense) :

»Les théologiens se sont attachés à distinguer entre la voie étroite : Qui n’est pas avec moi est contre moi, et la voie large : Qui n’est pas contre moi est avec moi. Mais pour accomplir l’Évangile, il faut aller jusqu’à la parole de charité, non plus qui pardonne, mais qui n’a rien à pardonner, rien même à oublier : Qui est contre moi est encore avec moi. Et celui-là seul est digne de la prononcer, qui aura su apercevoir, dans l’expansion infinie de l’intelligence et l’absolu désintéressement de l’amour, l’unique vérité dont Dieu ait à nous instruire.« 

Dieû le Dieu des philosophes et des Savants, n’a qu’une seule leçon pour nous, et n’a pas préparé un Feu pour les cancres ; une leçon qui tient  en deux parties isomorphes :

l’expansion infinie de l’intelligence : plan vital, physique des  topoi, opposition entre monde imaginaire et monde véritable

l’absolu désintéressement de l’amour : plan spirituel, mathématique des catégories et des topoi, #HoTT, renoncement à l’amour du fini et à la mort ( et donc à toute imagination illusoire de l’après -mort, erreur qui tient à la dialectique de l’être) opposition entre Dieu divin et Dieu humain qui « a préparé un Feu « 

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/07/27/brunschvicgraisonreligion-les-trois-oppositions-fondamentales-ou-les-trois-axes-du-mouvement-de-conversion-spirituelle-dans-raison-et-religion/

C’est le propre du philosophe et  du savant de joindre les deux parties, c’est à dire de concilier le dualisme :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/08/19/dialectique-de-lun-et-dialectique-de-letre-la-fin-du-progres-de-la-conscience-dans-la-philosophie-occidentale-de-leon-brunschvicg/

«on est philosophe dans la mesure où l’on parvient à ne plus poser qu’un problème, là où il y en a deux selon le vulgaire, et entre lesquels il lui paraîtrait ridicule de chercher le moindre rapport : apercevoir la vérité dans une telle sphère d’évidence qu’elle ne jette plus d’ombre, porter son amour à une telle hauteur de désintéressement qu’il ne puisse plus devenir cause de tristesse et, par suite, de haine. Cela, c’est tout un pour Spinoza comme pour Platon. La dialectique du Banquet porte à son sommet le μάθημα, et l’Ethica more geometrico demonstrata s’achève dans l’unité de l’amour intellectuel chez l’homme et chez Dieu. »

Le dualisme de l’Ouvert s’achève dans l’unité du μάθημα et de l’Amor Dei intellectualis

 

This entry was posted in Philosophie. Bookmark the permalink.