L’amour est un crime parfait

J’avais déjà rédigé un article sur ce film de 2013:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/05/27/lamour-est-un-crime-parfait-2013/

Le lien reste valide :

https://m.ok.ru/video/208038070907

mais que signifie ce titre intriguant ?

il y a en gros deux sortes de sens possibles :

1  on sait que le crime parfait est impossible, cela n’existe pas , il n’y a que des crimes presque parfaits, comme dans le film de Hitchcock en 1954:

https://m.ok.ru/video/310101346957

Donc « l’amour est un crime parfait » cela signifie : l’amour c’est la licorne ou l’oiseau Roc, cela n’existe nulle part c’est une entité mythologique créée par les poètes.

2- Mais ne se peut il que l’amour  existe comme un crime, parfait parce que passant inaperçu de tout le monde ?

l’amour, ce que j’appelle ici de ce nom, c’est l’amour-Eros, celui que tout le monde connaît, l’amour entre homme et femme, ou bien entre deux personnes du même sexe.. ces personnes ont maintenant la possibilité de se marier, et bientôt par la PMA d’avoir des enfants.. bien sûr les politiques jurent leurs grands dieux que jamais ils ne rendront la GPA légale, mais quelques uns dévoilent le « pot aux roses » : la population n’est pas encore prête pour cette « avancée » mais quand elle le sera plus question de grands discours la main sur le cœur à propos de cette « intolérable marchandisation du corps humain ».. si elle tarde un peu trop à évoluer pour reconnaître la nécessité sociétale de l’avancée , on l’y aidera, par exemple en évoquant l’insupportable (en démocratie) discrimination entre couples gays et couples lesbiens que constitue la situation existante : les couples de femmes ont le droit à la PMA, et les couples d’hommes en seraient privés ?

Le « crime » c’est pour Eros le fait de se faire passer pour Amor Dei intellectualis , qui est le véritable Amour (et non pas Agapé )  :

»L’intuition spinoziste n’est rien si elle n’est éternelle et totale, si elle ne se rend capable d’appuyer la transparence et l’universalité de l’amour à l’immanence et à la certitude du vrai »

et Brunschvicg explicite cette « unique vérité »  de la philosophie en deux leçons :

»En d’autres termes, il n’y a qu’un problème pour le philosophe, ou plus exactement on est philosophe dans la mesure où l’on parvient à ne plus poser qu’un problème, là où il y en a deux selon le vulgaire, et entre lesquels il lui paraîtrait ridicule de chercher le moindre rapport : apercevoir la vérité dans une telle sphère d’évidence qu’elle ne jette plus d’ombre, porter son amour à une telle hauteur de désintéressement qu’il ne puisse plus devenir cause de tristesse et, par suite, de haine. Cela, c’est tout un pour Spinoza comme pour Platon. La dialectique du Banquet porte à son sommet le μάθημα, et l’Ethica more geometrico demonstrata s’achève dans l’unité de l’amour intellectuel chez l’homme et chez Dieu »

ou, dans « Raison et religion » :

»Les théologiens se sont attachés à distinguer entre la voie étroite : Qui n’est pas avec moi est contre moi, et la voie large : Qui n’est pas contre moi est avec moi.Mais pour accomplir l’Évangile, il faut aller jusqu’à la parole de charité, non plus qui pardonne, mais qui n’a rien à pardonner, rien même à oublier : Qui est contre moi est encore avec moi.

 

Et celui-là seul est digne de la prononcer, qui aura su apercevoir, dans l’expansion infinie de l’intelligence et l’absolu désintéressement de l’amour, l’unique vérité dont Dieu ait à nous instruire…. »

en d’autres termes, la philosophie c’est la non dualité (advaita ) : réunir et confondre en une seule Vérité , «  l’unique vérité dont Dieu ait à nous instruire » , les deux « leçons «  que sont : l’expansion infinie de l’intelligence, et l’absolu désintéressement de l’amour. C’est à dire : »apercevoir la vérité dans une telle sphère d’évidence qu’elle ne jette plus d’ombre, porter son amour à une telle hauteur de désintéressement qu’il ne puisse plus devenir cause de tristesse et, par suite, de haine. »

C’est cela Amor Dei intellectualis, et le crime parfait d’Eros c’est de se faire passer pour cet Amour « Maître des cieux »; crime parfait parce que seuls peuvent s’en rendre compte les personnes qui auront pu « porter leur amour à une telle hauteur de désintéressement qu’il ne puisse plus devenir cause de tristesse et, par suite, de haine. » 

c’est à dire aussi les personnes dignes de prononcer la sublime maxime : »qui est contre moi est encore avec moi »

»Et celui-là seul est digne de la prononcer, qui aura su apercevoir, dans l’expansion infinie de l’intelligence et l’absolu désintéressement de l’amour, l’unique vérité dont Dieu ait à nous instruire…. »

 

 

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