Commentaires d’Aldous Huxley en 1949 sur le livre « 1984 » d’Orwell

Le nouveau numéro du « Magazine littéraire » porte sur « Huxley et Orwell : pourquoi ils avaient raison » . Tous les deux se connaissaient et s’appréciaient, Orwell (1903-1950)avait été élève en 1918 à Eton où Huxley (1894-1963) était jeune enseignant.

des extraits d’une lettre d’Huxley à Orwell  le 21 octobre 1949 à propos de 1984 » sont cités :

»puis je parler du sujet du livre : la révolution ultime ? Les premiers éléments d’une philosophie de la révolution ultime- qui dépasse la politique et l’économie- peuvent être trouvés chez le marquis de Sade, qui se voyait comme le continuateur de Robespierre et Babeuf. La philosophie de la minorité dirigeante de « 1984 » est un sadisme poussé à sa conclusion logique, qui va au delà du sexe et finit par le nier. Mais l’idée que cette politique de la « botte sur la figure » puisse durer indéfiniment semble douteuse »

Les deux dystopies, celle d’Huxley dans « Le meilleur des mondes » et celle d’Orwell dans « 1984 » sont symétriques : chez Orwell la caste dirigeante agit par la contrainte et la violence, en interdisant et en réprimant, trompant les masses  en « amoindrissant le langage «  et en falsifiant l’information par le « Ministère de la vérité ».

Dans « Le meilleur des mondes » les dirigeants influencent le comportement des masses gouvernées en les amenant à aimer leur servitude plutôt qu’en les contraignant à obéir. Drogues et divertissements peuvent être des moyens de gouverner plus efficaces que matraque et camps de prisonniers .

Mais les deux sortes de contrainte, par les drogues ou par la répression, ne peuvent être utilisées par un « régime » se réclamant de Platon ou de l’idéalisme philosophique. Chez les Cathares seuls les « parfaits » visaient et pratiquaient  la chasteté et l’abstinence complète, sans chercher à l’imposer aux autres.

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