(Suite) Qu’est ce qu’être véritablement présent ? L’avenir Absolu, ce qui est devant nous, c’est la Création

Cet article vient à la suite de :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/10/21/la-triade-des-elements-primitifs-de-wronski-et-le-temps-quest-ce-quetre-vraiment-dans-le-present/

Cette dualité des orientations du temps dont je parlais hier, elle est celle du temps vital, problème majeur et « croix » que doit porter l’humanité, et du temps « spirituel », qui nous porte vers cette « terre promise » qui est l’idéal dont parle Brunschvicg, et qui est le plan internel de l’Idée :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/01/27/leon-brunschvicg-la-philosophie-est-la-science-des-idees/

Il y a le faux idéal et le faux idéalisme , celui dont nous sommes pour toujours séparés :

»Tout idéalisme est incomplet et impuissant qui conçoit l’idéal en l’opposant à la réalité;l’idéal, c’est alors ce que nous ne sommes pas, ce que nous ne pouvons pas être, le chimérique ou l’inaccessible. Et ainsi se constitue le faux idéalisme, celui qui célèbre doctement la banqueroute de la science humaine, afin de fonder la vérité divine sur l’absurdité de la croyance, ou qui s’associe joyeusement sur terre à l’oeuvre d’iniquité, afin de mieux réserver la justice au Ciel.. »

et il y a l’idéal véritable, dont nous sommes séparés par le temps spirituel, qui correspond au second foncteur dont je parlais hier, adjoint au foncteur du temps vital de la « chute dans le temps » et de l’entropie croissante, ce temps qui porte vers la décrépitude et la mort , qui est ensevelissement dans l’être EE du passé définitif  :

» mais si l’idéal est la vérité, il est la vie même de l’esprit.L’idéal, c’est d’être géomètre, et de fournir d’une proposition une démonstration rigoureuse qui enlève tout soupçon d’ erreur; l’idéal c’est d’être juste, et de conformer son action à la pureté de l’amour rationnel qui enlève tout soupçon d’égoïsme et de partialité. Le géomètre et le juste n’ont rien à désirer que de comprendre plus ou de faire plus, de la même façon qu’ils ont compris ou qu’ils ont agi, et ils vivent leur idéal. Le philosophe n’est pas autre chose que la conscience du géomètre et du juste; mais il est cela, il a pour mission de dissiper tout préjugé qui leur cacherait la valeur exacte de leur oeuvre, qui leur ferait attendre, au delà des vérités démontrées ou des efforts accomplis, la révélation mystérieuse de je ne sais quoi qui serait le vrai en soi ou le bien en soi; le philosophe ouvre l’esprit de l’homme à la possession et à la conquête de l’idéal, en lui faisant voir que l’idéal est la réalité spirituelle, et que notre raison de vivre est de créer cet idéal. La création n’est pas derrière nous, elle est devant nous; car l’idée est le principe de l’activité spirituelle«

Quelle est cette création qui est le sens de l’existence humaine ? C’est la création des mathèmes, modèles mathématiques des Idées Intelligibles, qui sont incréées comme le monde  ( sous réserve des conclusions de la cosmologie, mais je ne vois pas bien comment la thèse d’un Dieu créateur du monde  pourrait sortir d’une théorie scientifique ?). Et ce temps qui nous porte vers cette création qui est le sens de l’existence, tout en nous en séparant, n’est pas le temps vital qui est le futur tombant, chutant dans le passé à travers l’instant présent  : il n’a d’autre sens que celui du pur effort spirituel à l’oeuvre dans la réflexion. C’est ce que dit Brunschvicg à propos du sens de la Relativité :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/05/04/leon-brunschvicg-les-conditions-du-progres-spirituel-dans-la-theorie-de-la-relativite/

«L’espace et le temps doivent être gagnés à la sueur de notre front. La continuité du labeur humain les tisse inséparablement l’un de l’autre ; et chaque progrès de ce travail heureux contribue à dessiner la structure de l’univers qui n’est autre, à vrai dire, que leur double et inextricable tissu. »

cet effort se situe dans le « Présent éternel de la réflexion », suivant la formulation de Marie Anne Cochet :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/06/23/cochetbrunschvicg-scienceinternelle-la-relativite-du-temps/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/07/08/cochetbrunschvicg-letude-chronologique-dune-philosophie-et-le-present-internel-de-la-reflexion/

« Connaître une philosophie, c’est là réfléchir le plus exactement qu’il se peut, c’est à dire l’étudier dans un double mouvement. La parcourir chronologiquement, dans ses démarches successives, du début à la fin, l’agir;puis revenir lentement de la fin au début, en réfléchissant les articulations les unes dans les autres, les intégrant régressivement de proche en proche donc, la réfléchir . Il ne s’agit pas ici d’en inverser le sens mais de maintenir présente l’oeuvre totale dans chacune de ses articulations, de même qu’une symphonie, une fois connue, est implicitement contenue dans chacune de ses phrases mélodiques. Telle est justement la conversion du temps chronologique, résultant de la succession des démarches logiques ou mélodiques, au présent éternel qui les contient toutes en chacune d’elles. Faute de comprendre ce rapport et d’accomplir ce travail, des inepties sont dites, écrites et même hélas enseignées »

et les commentaires que j’avais donnés de cette pensée orientent justement vers la dualité et l’adjonction :

»Ce qui est opposé ici et mis en dualité c’est la compréhension unitive, ce qui est appelé ici Un, et la compréhension selon le monde et sa temporalité , ce qui est appelé ici pensée ontologique ou pensée-En-Être

Les lignes de Mme Cochet ci dessus évoquent la notion mathématique d’adjonction, qu’il ne faut pas confondre avec « inversion ». Or la théorie des catégories est le cadre mathématique idoine pour la définition de la notion de dualité comme adjonction »

Cette dualité par  adjonction n’est autre que celle du couple de foncteurs adjoints en quoi consiste le morphisme géométrique entre topoi dans la 2-catégorie Topos :

https://mathesisuniversalis.wordpress.com/2015/06/24/morphismes-geometriques-et-2-categorie-topos-des-topoi-comme-cadre-general-de-nos-travaux/

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