(Suite) qu’est ce que le Présent véritable, internel ?

Est ce que cette seconde flèche du Temps , dont cet article traite :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/10/21/la-triade-des-elements-primitifs-de-wronski-et-le-temps-quest-ce-quetre-vraiment-dans-le-present/

apparaît d’elle même, ou est elle conditionnée par un travail , une opération de la conscience humaine ?

c’est la seconde alternative qui est juste, comme le confirment les propos de Léon Brunschvicg à propos de la signification de la théorie de la relativité :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/05/04/leon-brunschvicg-les-conditions-du-progres-spirituel-dans-la-theorie-de-la-relativite/

« »Un trait fondamental est commun aux deux théories de la relativité, c’est qu’elles sont indivisiblement mathématiques et physiques, sans qu’on puisse indiquer ni à partir de quel point la raison et l’expérience auraient commencé de collaborer, ni à quel moment leur collaboration pourrait cesser. La géométrie est physique, autant que la physique est géométrie. Autrement dit, le caractère de la science einsteinienne est de ne pas comporter une phase de représentation imaginative, qui précéderait la phase proprement mathématique de la science. Il n’y a pas de phénomènes dont la détermination qualitative puisse suffire, abstraction faite de leurs coefficients numériques. Il n’y a pas non plus de loi, au sens où Newton formulait la loi newtonienne de la gravitation, c’est-à-dire d’énoncé général qui serait à considérer indépendamment de son application concrète et qui soulèverait par suite, au delà de cet énoncé, le problème de savoir quelle en est la causalité. Mais pas davantage non plus, il n’y a, donnée préalablement à l’opération expérimentale, une forme canonique de mesure qui prescrirait impérativement de procéder suivant telle ou telle voie, qui imposerait un type classique d’homogénéité spatiale ou d’uniformité temporelle. Il n’y a pas de contenant, défini en dehors du contenu. L’espace et le temps doivent être gagnés à la sueur de notre front. La continuité du labeur humain les tisse inséparablement l’un de l’autre ; et chaque progrès de ce travail heureux contribue à dessiner la structure de l’univers qui n’est autre, à vrai dire, que leur double et inextricable tissu. »

La condition de la création des idées -mathèmes, par quoi est constitué l’univers véritable, « qui est de l’étoffe dont sont faites les équations », c’est la continuité de ce labeur humain qui tisse l’espace – temps, « gagné à la sueur de notre front ».

Telle est l’émancipation vis à vis du temps vital, qui n’est qu’acheminement à la mort :

»Nous nous affranchirons du temps simplement vital, dans la mesure où nous en découvrirons la racine intemporelle. »

Il me semble que c’est là le sens des propos connus d’Einstein sur l’inexistence du temps, révélé par la physique , ainsi que de l’énigmatique « renoncement à la mort » de Brunschvicg : c’est l’accès au Présent internel  («  Présent éternel de la réflexion » comme l’appelle Marie Anne Cochet).

Il s’agit pour débuter d’approfondir l’instant présent, comme nous y invitent les techniques bouddhistes de méditation «vipassana » : être dans chacune des activités quotidiennes ( comme se laver les dents, manger) sans les parasiter par une activité mentale automatique ; cela s’avère très difficile pour des occidentaux notamment, et très vite l’on s’aperçoit que l’on n’est plus présent à l’instant, que l’on diverge, pris dans les pensées ou les rêveries parasites. Il faut alors le noter et reprendre l’exercice sans se décourager . Il ne s’agit d’ailleurs pas d’un exercice comme une posture de yoga, mais d’un travail intérieur 24 h/ 24, ce qui est bien plus difficile que tous les asanas ou techniques de respiration. Une façon particulièrement ardue de pratiquer ce travail concerne le sexe . Il est évident que l’éjaculation masculine consiste en un resserrement extrême de la durée , tandis que l’orgasme féminin est d’ordre spatial , une sorte d’expansion indéfinie de la conscience corporelle. Les deux genres s’opposent ainsi comme le temps et l’espace, d’ailleurs tous les grands conquérants comme Alexandre , César ou Napoléon étaient des hommes et  visaient à conquérir l’espace  : on ne cherche à s’emparer que de ce qu’on n’a pas..

Une façon particulièrement difficile de pratiquer la « méditation vipassana «  consisterait à « approfondir l’instant » par l’attention au présent lors de l’orgasme, une technique qui mériterait d’être appelée « chevaucher le tigre «  comme je crois certains exercices chinois du Tai Ki .

Mais bien sûr, le plus important est d’approfondir la « compréhension intellectuelle «  de l’unité sans couture du mathématique et du physique en quoi consiste selon Brunschvicg le sens des deux théories de la relativité : «  le caractère de la science einsteinienne est de ne pas comporter une phase de représentation imaginative, qui précéderait la phase proprement mathématique de la science. » , l’espace -Temps doit être gagné « à la sueur de notre front « .

En même temps, cela est une réponse aux gens comme Jean Vladimir Térémetz :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/10/19/jean-vladimir-teremetz-et-clemence-royer/

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