Stanley Kubrick photographe et  Rosemary Williams en 1949

A la fin des années 40 Kubrick n’avait pas encore commencé sa carrière prodigieuse de cinéaste ( ses premiers courts documentaires , « Day of the fight «  et « Flying padre «  , datent de 1951, et son premier long métrage, « Fear and desire » de 1952, et ce n’est qu’à partir de « The killing » en 1956 , qu’il tourna avec des acteurs professionnels) mais il manifesta son talent de journaliste photographe  pour « Look »

https://www.imdb.com/name/nm4038518/news

http://www.movies.com/movie-news/look-stanley-kubrick39s-incredible-photographs-new-york-city-3940s/5624?wssac=164&wssaffid=news

C’est ainsi qu’il photographia la jeune femme « modèle «  Rosemary Williams ( de son vrai nom Williamson, née en 1927 de Howard Otto Williamson et Marie ) :

http://idyllopuspress.com/idyllopus/film/killers_kiss_showgirl.htm

«»

L’une de ces photos est devenue célèbre à cause de sa « structure » :

Kubrick prend la photo du fond de la petite pièce et photographie ainsi  sa propre image ainsi que celle de Rosemary en train de se maquiller dans le miroir. Sans jouer sur les mots,  cette photographie est un symbole de la réflexion, qui philosophiquement parlant joue un grand rôle ici.

Voici deux articles de blog à propos de cette histoire :

https://bgirlrhapsody.wordpress.com/2015/04/13/kubrick-and-the-showgirl/

The Sultry Showgirl

Voir aussi ce site Tumblr « Fun with Kubrick »

http://fun-with-kubrick.tumblr.com/

Toutes les photos prises par Kubrick sont ici, sur le site du Musée de New York :

https://collections.mcny.org/Explore/Highlights/Stanley%20Kubrick

Mais cette relation professionnelle « photographique » a une influence sur les premiers films des années 50, notamment sur « Killer’s kiss » en 1955:

http://idyllopuspress.com/idyllopus/film/killers_kiss_showgirl.htm

Rosemary Williams est dans une relation de dualité avec le boxeur Walter Cartier, tout comme dans « Killer’s kiss » le personnage de la blonde Gloria avec le boxeur Davey

Le match de boxe entre Walter Cartier et Bobby James est le thème du film « Day of the Fight «  réalisé par Kubrick en 1951 :

 

Dans ce film apparaissent vers la fin du match Rosemary Williams et Sidney Lévy, un escroc de Broadway qui avait eu en 1949 une relation « amoureuse » avec la « showgirl » qu’il avait comblée de « dons » ( fourrure, bijoux, voiture » afin semble t’il de « blanchir » de l’argent mal gagné, produit de fraudes et de larcins :

http://idyllopuspress.com/idyllopus/film/rose_sid_day_of_the_fight.htm

Voici une analyse du film « Killer’s kiss » qui va plus loin :

http://idyllopuspress.com/idyllopus/film/rose_sid_day_of_the_fight.htm

C’est Gloria qui met KO le boxeur et le mène par le bout du nez ( comment ? cherchez pas trop !) tout comme elle le fait avec Rapallo, le patron du dancing miteux où elle « travaille »:

»Si les porcs comme Harvey Weinstein essaient d’abuser de leur position dominante avec les femmes (cf Promotion Canapé), c’est évidemment par faiblesse (ainsi qu’une certaine perversité). Si les hommes peuvent effectivement ruiner la réputation d’une femme (cf Les Liaisons Dangereuses), ils ne sont finalement pas grand chose. Les femmes peuvent les mener à la baguette. Comme le disait le régisseur dans Le Créateur à propos de Chloé : Elle va le rendre complètement cinglé l’autre dingue! C’est en résumé l’effet que la femme fait à l’homme. Elle lui fait perdre la tête. Rapallo ne se sent plus de joie au contact de Gloria. Et l’hypothèse qu’elle puisse le quitter lui est tout simplement impensable….

La femme obsède l’homme qui l’observe depuis sa fenêtre de l’autre côté de la rue. Il veut la posséder coûte que coûte. L’homme est prêt à tout pour ça, même jusqu’à se battre contre son alter ego devant une foule de femmes mannequins sans âme. L’homme est d’autant plus vulnérable que la femme devient un moyen pour lui d’affirmer sa masculinité. Davey s’en rend bien compte à la gare, avec un tout petit peu de recul. Tout cela est ridicule…

Alors qu’il est sur le point de s’en détacher et de retrouver sa liberté en partant vers le Far West, sa mante religieuse le retrouve pour lui donner un baiser fatal. Il est sa chose. Elle le contrôle comme dirait M Pokora. Elle a le regard qui tue comme dirait Marc Lavoine.

Davey est foutu. Il ne s’en sortira jamais.« 

Je prie les lecteurs, et surtout les lectrices, s’il en reste encore, de noter que ma position est moins « extrémiste » : c’est Eros que je mets en accusation, plutôt que la Femme, qui d’après la fin du Second Faust « nous entraîne  vers le Haut «  (sans mauvais jeu de mot, honni soit qui mal y pense !).

Mais revenons à Rosemary Williams qui apparaît en juin 1966 à l’émission de télévision « What’s  my  Line », peu après Henry Fonda et son fils Peter, décédé récemment en 2019,  qui a réalisé »Easy rider » en 1969 : elle était devenue l’épouse de Georges Kastner et s’appelait, ou se faisait appeler, Maria Kastner

http://idyllopuspress.com/idyllopus/film/rosemary_whatsmyline.htm

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/What’s_My_Line%3F

(Elle apparaît à 21minutes 20 secondes)

Elle est morte en 2002, trois ans après Kubrick

« What happened to Rosemary? This is all I’ve been able to find. Howard Otto Williamson and Marie were Rosemary’s parents. Howard’s 1959 obituary gives his daughter as Rose Mary De Nointel of New York. A New York State passenger list gives her as arriving, from Paris, France, in New York, on Sept 14, 1958 under the name Maria De Nointel, born July 23, 1927. Her address was 2501 Palisade avenue in New York, which is a really nice chateau-like complex of condos. It would seem Rosemary had married, spent some time in France, and divorced. In 1963 a Maria Denointel married a Marvin Frank in New York. De Nointel is, curiously, a name that pretty much doesn’t exist in the States, so I would imagine this was Rosemary. It is known that by 1966 she had married George Kastner, owner of the White Stallion Ranch, an upscale resort near Hillsdale in New York. She died in Santa Barbara, California, on 20 March of 2002. »

Certaines images tirées du film « The killing » en 1956 ou même de « Dr Folamour » en 1964 témoignent de son influence sur Kubrick, comme il est évident sur cette page :

http://idyllopuspress.com/idyllopus/film/trial.htm

 

 

C’est à dire que la fascination pour Eros et l’érotisme qui était le fait du jeune Kubrick en 1949 ( qui n’en restait pas moins imbu de lui même au point de photographier son propre reflet dans le miroir), a cédé la place avec le cinéma de l’âge mûr à… autre chose . L’image narcissique dans le miroir a cédé la place à la réflexion philosophique sur la situation désespérée de l’homme (et de la femme) sur le « plan vital », c’est à dire le plan sexuel. Un mouvement qui aboutit à «  Eyes Wide shut «  juste avant la mort de Kubrick :

 

 

 

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