Henri Decoin : « pourquoi viens tu si tard ? » 1959 le thème de l’alcoolisme féminin

A voir ici :

https://m.ok.ru/video/283679787707

J’ai parlé de ce film dans l’article d’hier :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/11/01/le-jour-des-morts-dans-au-dessous-du-volcan/

parce qu’il présente certaines correspondances avec « Under the Volcano », tout en en restant très éloigné bien entendu , «  Under the volcano » est un chef d’oeuvre de la littérature et du cinéma mondial.

Je dis « alcoolisme féminin » parce que celui ci est spécifique et fort différent, sociologiquement, plus « secret » que l’alcoolisme masculin et on en voit clairement les motifs : la femme qui boit trop en public s’expose à la réprobation et au viol.

Mais soit on fait de la sociologie, soit on fait de la philosophie. Que l’alcoolique , homme ou femme, soit un « trou dans l’être «  , comme le Temps, qui est la Croix que porte tout le monde, inconsciemment ou non,  c’est cela qui provoque le « malaise «  et l’hostilité ressentis communément face à ce genre de personnes, y compris chez le personnel médical. Cela fait signe vers un « ressenti » universel , celui du temps qui porte à la mort et de l’absurdité de l’existence  si bien exprimé dans le monologue de Macbeth :

»Demain, demain, demain, se glisse ainsi à petits pas d’un jour à l’autre, jusqu’à la dernière syllabe du temps inscrit ; et tous nos hier n’ont travaillé, les imbéciles, qu’à nous abréger le chemin de la mort poudreuse. Éteins-toi, éteins-toi, court flambeau : la vie n’est qu’une ombre qui passe ; un comédien qui se pavane et s’agite sur la scène  une heure durant et qu’ensuite on n’entend plus; c’est une histoire racontée par un idiot , pleine  de bruit et de fureur,  qui ne signifie rien »

J’ai parlé de la scène du dancing, ou bal , « Chez Temporel » situé en face du café de l’espérance , au 7 rue de l’espérance, cette scène se situe à 1h 10 minutes 30 secondes, Francis Blanche , qui joue le patron du café hôtel de l’espérance «  parle des « faux durs «  de « Temporel » qui attirent les touristes qui viennent s’encanailler , cela doit se situer vers Montmartre ?  Autre point commun avec les cantinas de la fin de « Under the volcano », la prostitution de ce quartier y compris au café hôtel de l’espérance ou Francis Blanche le tenancier donne la clé d’une chambre aux nombreux couples qui se présentent . A 1h 11 minutes les couples dansent chez Temporel aux accents de la chanson d’Aznavour « Pourquoi viens tu si tard ? »:

https://genius.com/Charles-aznavour-pourquoi-viens-tu-si-tard-lyrics

Qu’est ce que cela signifie ? que l’amour ( érotique ) est pris par tout le monde au « problème de la vie « , celui dont Wittgenstein dit  :

« 6.521. La solution du problème de la vie se remarque à la disparition de ce problème.
(N’est-ce pas là la raison pour laquelle des hommes pour qui le sens de la vie est devenu clair au terme d’un doute prolongé n’ont pu dire ensuite en quoi consistait ce sens ?« 

https://www.nicolasderauglaudre.net/philosophie/Wittgenstein/Witgn107.htm

http://www.philo5.com/Les%20philosophes%20Textes/Wittgenstein_Langage.htm

En fait , je suis persuadé et l’ai dit souvent ici que ce problème de la vie est celui du Temps et que la solution du problème consiste en une transfiguration du temps et du monde, représentée par le centre de La Croix, « croisée du temps et de l’éternité «  selon la formule de Lavelle . Seulement les sortilèges d’Eros, qui ressemblent à ceux de l’alcool, égarent presque tout le monde sur « la voie large de la perdition «  , cachant aux consciences abusées l’entrée de la porte étroite de l’instant  qui est le salut

https://saintebible.com/matthew/7-13.htm

« 13Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. 14Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent.«

si nous en sommes là aujourd’hui c’est que les sortilèges d’Eros ont mené par le bout du nez toute une génération, la mienne, celle née après 1945 ,  depuis 50 ans:

https://ripostelaique.com/finkielkraut-ne-sest-pas-encore-emancipe-du-gauchisme.html

Donc Finky est bien gentil mais il fut du temps de sa jeunesse très actif dans ces égarements là :

»Pendant six ou sept ans, de 1968 à 1974 ou 1975, Finkielkraut s’est engagé à gauche et même à gauche du gauchisme : révolution, filles, drogue, refus de toute concession, discours sans fin ou sans queue ni tête, etc. Il n’a abandonné le gauchisme que pour l’affaire minuscule du désir. Les gauchistes, alors, faisaient du désir l’alpha et l’oméga du monde. Le désir était tout puissant et très peu miséricordieux, mais ils s’y abandonnaient, leur seule raison de vivre étant de baiser n’importe qui, des adolescentes ou des adolescents, même des enfants. Pour eux, seuls s’opposait à la tyrannie du désir le fascisme : d’où les élucubrations de Foucault sur les dispositifs fascistes, de pouvoir et de discours, qui font obstacle aux désirs. Finkielkraut ne doit pas s’étonner d’être devenu la cible de la haine viscérale de ses anciens camarades. Libération, Le Monde, l’Obs, Politis, les media subventionnés et tous les petits fonctionnaires de l’Université, etc. lui font payer très cher cette trahison. »

et son obsession pour Lévinas montre qu’il n’a pas choisi le seul maître spirituel qui aurait pu le remettre sur le droit chemin ( avec aussi Simone Weil, la sœur du mathématicien André weil) : Léon Brunschvicg, juif aussi, mais prenant ses distances avec la mystique juive :

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/le-haricot-de-brunschvicg/

« Ce qu’il nous reprochait à nous autres catholiques” (c’est Gilson qui parle de Brunschvicg), “c’est d’être encore trop juifs”.

https://jlipolar.skyrock.com/3237867501-1959-POURQUOI-VIENS-TU-SI-TARD.html

https://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=LSREL_GUILL_1978_01_0070

 

 

This entry was posted in Cinéma. Bookmark the permalink.