#ToposTheory (suite 1) la faute originelle de Badiou

Suite de :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/11/10/topostheory-le-peche-originel-dalain-badiou/

La faute essentielle de Badiou, c’est donc de considérer que l’invention de la théorie des catégories en 1945 n’est pas un « événement », au sens du système de « L’être et l’évènement  ». Le mathème de l’évènement c’est dans le système badiolien : un ensemble qui est élément de lui même, c’est à dire quelque chose qui est proscrit par les axiomes de ZF , dans la théorie axiomatique des ensembles de Zermelo- Fraenkel. Un « événement «  c’est donc ce qui fait mentir l’Ecclésiaste : » il n’y a rien de nouveau sous le Soleil « , à commencer par l’évènement du cartésianisme, qui se situe lors de la nuit de songe de Descartes du 10 au 11 novembre 1619, il y a exactement 400 ans.c’est pourrait on dire la date de naissance de l’Europe spirituelle, qui n’a rien à voir avec ce qu’on cherche à nous vendre aujourd’hui sous ce nomd’Europe.

l’apparition de la théorie des ensembles avec Cantor à la fin du 20eme siècle, est certes un événement, mais il en vient deux autres à la suite : la théorie des catégories en 1945 et la théorie des types d’homotopie HoTT au début du 21eme  siècle :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/01/31/hott-levenement-spirituel-de-la-theorie-homotopique-des-types/

Depuis 1945, année de la fin de la seconde guerre mondiale et de l’invention de la théorie des catégories :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Théorie_des_catégories

nous sommes entrés dans « l’ère de  l’Absolu «  qu’annonçait Wronski en 1847 dans sa « Réforme absolue du Savoir humain » .

Ce qui donne raison à Wronski, ce sont les mathématiques de la théorie des catégories  et des topoi après 1945 :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/08/03/ce-sont-les-mathematiques-de-mclane-lawvere-et-grothendieck-apres-1945-qui-donnent-raison-a-wronski-un-siecle-plus-

et  la citation de Hegel dans la préface à la « phénoménologie de l’Esprit «  permet de le comprendre :

»Du reste, il n’est pas difficile de voir que notre temps est un temps de gestation et de transition à une nouvelle période; l’esprit a rompu avec le monde de son être-là et de la représentation qui a duré jusqu’à maintenant ; il est sur le point d’enfouir ce monde dans le passé, et il est dans le travail de sa propre reconfiguration. En vérité, l’esprit ne se trouve jamais dans un état de repos, mais il est toujours emporté dans un mouve- ment indéfiniment progressif; seulement il en est ici comme dans le cas de l’enfant: après une longue et silencieuse nutrition, la première respiration, dans un saut qualitatif, interrompt brusquement la continuité de la croissance seulement quantitative , et c’est alors que l’enfant est né”; ainsi l’esprit qui se forme mùrit lentement et silencieusement jusqu’à sa nouvelle figure, désintègre fragment par fragment l’édifice de son monde précédent; l’ébranlement de ce monde est seulement indiqué par des symptômes  sporadiques; la frivolité et  l’ennui qui envahissent ce qui subsiste encore, le pressentiment  vague d’un inconnu sont  les signes annonciateurs de quelque chose d’autre qui est en marche.  Cet émiettement continu qui n’altérait pas la physionomie du tout est brusquement interrompu par le lever du soleil, qui, dans un éclair, dessine en une fois la forme du nouveau monde »

tout comme Sarrazin de Montferrier, beau frère de Wronski:

»il est facile de reconnaître , en examinant ce développement des sciences mathématiques sous un point de vue Absolu, c’est à dire selon la vérité inconditionnelle des principes, que jusqu’aux travaux de Wronski il en était resté à des principes purement relatifs. En effet,  la diversité des modes de la génération des quantités par les instruments que nous venons d’évoquer et là variété indéfinie des propositions mathématiques qui sont tout à fait hétérogènes et ne sauraient se déduire les unes des autres, accusent l’absence d’un principe absolu  de la science. »

mais ces dernières lignes ne peuvent se comprendre qu’en référence aux mathématiques d’après 1945, pas celles de l’époque de Wronski :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/07/26/sarrazin-de-montferrier-les-cinq-periodes-du-developpement-des-mathematiques-orient-grece-europe-jusqua-wallis-europe-apres-newton-et-leibnitz-acces-a-labsolu-de-wronski/

L’entrée dans « l’ère de l’Absolu » signifie la possibilité du Mal Absolu : ce dernier c’est ce qui s’est développé , spécifiquement en France, à partir des années 60, trahison des principes de 1945 : cette forme du Mal, qui consiste à dénier l’accès à l’Absolu par l’insignifiance de la « minuscule affaire du désir «  (maître  mot de ces  années là ) , un récent article qui dépasse largement la personne de Finkielkraut en donne le sens :

https://ripostelaique.com/finkielkraut-ne-sest-pas-encore-emancipe-du-gauchisme.html

«Pendant six ou sept ans, de 1968 à 1974 ou 1975, Finkielkraut s’est engagé à gauche et même à gauche du gauchisme : révolution, filles, drogue, refus de toute concession, discours sans fin ou sans queue ni tête, etc. Il n’a abandonné le gauchisme que pour l’affaire minuscule du désir. Les gauchistes, alors, faisaient du désir l’alpha et l’oméga du monde. Le désir était tout puissant et très peu miséricordieux, mais ils s’y abandonnaient, leur seule raison de vivre étant de baiser n’importe qui, des adolescentes ou des adolescents, même des enfants. Pour eux, seuls s’opposait à la tyrannie du désir le fascisme : d’où les élucubrations de Foucault sur les dispositifs fascistes, de pouvoir et de discours, qui font obstacle aux désirs. Finkielkraut ne doit pas s’étonner d’être devenu la cible de la haine viscérale de ses anciens camarades. Libération, Le Monde, l’Obs, Politis, les media subventionnés et tous les petits fonctionnaires de l’Université, etc. lui font payer très cher cette trahison.

La bouffonnerie gauchiste a été, pour la France, une tragédie. En 1968, les Français libres exerçaient le pouvoir pour réaliser les promesses du Conseil National de la Résistance. C’est contre eux que les gauchistes se sont révoltés pour porter au pouvoir dix ans plus tard un ancien antisémite, partisan de Vichy, qui n’a pas démissionné de ses responsabilités quand le régime qu’il servait en 1942 a livré aux Allemands des malheureux réfugiés internés dans des camps, qui a été un partisan acharné des guerres coloniales et a fait couper en deux en 1956 et 1957, alors qu’il était Garde des Sceaux, une quarantaine de condamnés.

Finkielkraut n’en est pas très fier, reconnaît-il aujourd’hui, et il explique ses délires par un « effet générationnel » : en bref, il était comme tous les autres. La « génération » est une notion ou un « élément de langage » qu’ont inventée les sociologues. Or, Finkielkraut se défie des sociologues, pour qui la génération est un horizon qui efface la verticalité, la lignée, la transmission, l’héritage, la dette envers ceux qui nous ont précédés en France. »

Badiou est cité parmi les anciens amis délirants de Finkielkraut :

»Par exemple, il s’attarde sur les délires de ses anciens camarades, Sallenave, Badiou, Deleuze et tous les autres fonctionnaires, qui font des juifs d’aujourd’hui les avatars des nazis d’hier. C’est immonde. »

Seulement Badiou c’est tout autre chose que les autres « camarades » dans leur insignifiance : c’est le refus de tout ce qui va plus loin que la théorie des ensembles qui est l’ontologie , c’est à dire le refus de la « dialectique de l’un «  qui seule permet de suspendre la « dialectique de l’être » et d’assurer l’accès à l’Absolu qui est « vision de l’Un » :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/08/19/dialectique-de-lun-et-dialectique-de-letre-la-fin-du-progres-de-la-conscience-dans-la-philosophie-occidentale-de-leon-brunschvicg/

« vision de l’Un » c’est à dire « vision en Dieu «  de l’Idée de l’Un  par l’inntermédiaire du mathème humain de cette Idée Intelligible:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/08/25/la-metacategorie-cat-de-toutes-les-categories-comme-modele-mathematique-du-monde-des-idees-de-platon/

«si les religions sont nées de l’homme, c’est à chaque instant qu’il lui faut échanger le Dieu de l’homo faber, le Dieu forgé par l’intelligence utilitaire, instrument vital, mensonge vital, tout au moins illusion systématique, pour le Dieu de l’homo sapiens, Dieu des philosophes et des savants, aperçu par la raison désintéressée, et dont aucune ombre ne peut venir qui se projette sur la joie de comprendre et d’aimer, qui menace d’en restreindre l’espérance et d’en limiter l’horizon. »

Mais pour cette vision qui est une transfiguration de l’être, il est nécessaire de remplacer la « dialectique de l’être » par la  «  dialectique   de l’un » , la théorie des ensembles par la théoriedes catégories,  d’échanger le Dieu de l’homo faber pour le Dieu des philosophes et des Savants :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/08/20/lopposition-entre-dialectique-de-lun-et-dialectique-de-letre-cest-lopposition-entre-theorie-des-categories-et-theorie-des-ensembles/

en en restant à la théorie des ensembles ,  en refusant le « pas au delà » de la théorie des catégories, Badiou  refuse la « dialectique de l’un » pour ce qu’il appelle « dialectique matérialiste » , qui n’est qu’un développement de la « dialectique de l’être «, en assimilant « Dieu de l’homo faber » et « Dieu de l’homo sapiens »  : telle est la faute d’Alain Badiou et l’on en voit les résultats de nos jours, par exemple avec cette  ignoble « manifestation contre l’islamophobie «  du 10 novembre 2019,où des manifestants ont hurlé «  Allahouakbar «  en plein Paris et porté l’étoile jaune à côté d’un croissant jaune, suggérant que les musulmans en France sont persécutés comme les juifs en 1942 sous Vichy.

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