Roman Polanski : «  lunes de fiel » 1992

A voir ici:

https://m.ok.ru/video/126403217920

Pourquoi est ce « mal » de se livrer sans retenue au sexe ? parce que cela « handicape » , «retarde » dans le trajet de la conscience vers l’Absolu, c’est à dire vers le Savoir Absolu, qui est l’Esprit universel conscient de soi, savoir de l’identité de l’esprit universel et de l’esprit individuel : si ce savoir certain naissait au cours des orgies ou des saoûleries ça se saurait ! Savoir certain et non croyance : « croire ou vérifier, l’alternative est inéluctable »

mais, puisque je suis en pleine confrontation-explication avec Badiou,  qu’il me soit permis de rappeler que celui ci fixe quatre « conditions » à la philosophie : mathème, poème, amour et politique. L’amour c’est l’amour entre un homme et une femme, l’amour éros, parce que Badiou juge que c’est le seul rempart contre l’invasion contemporaine de la pornographie. Chez la masse des « amoureux «  c’est l’opposition entre le « grand amour » éternel  et les simples « plans cul sans se prendre la tête «  .. ce qui se transforme vite en « lendemains sans aventure «  ou « aventures sans lendemain ». L’étrrnité c’est long, surtout vers la fin..

Ici c’est « Amor Dei intellectualis » que j’oppose à amour éros, entre deux personnes et qui se définit comme « L’intuition éternelle et totale,  capable d’appuyer la transparence et l’universalité de l’amour à l’immanence et à la certitude du vrai »

c’est à dire l’intuition spinoziste ..

«il  n’y a qu’un problème pour le philosophe, ou plus exactement on est philosophe dans la mesure où l’on parvient à ne plus poser qu’un problème, là où il y en a deux selon le vulgaire, et entre lesquels il lui paraîtrait ridicule de chercher le moindre rapport : apercevoir la vérité dans une telle sphère d’évidence qu’elle ne jette plus d’ombre, porter son amour à une telle hauteur de désintéressement qu’il ne puisse plus devenir cause de tristesse et, par suite, de haine. Cela, c’est tout un pour Spinoza comme pour Platon. La dialectique du Banquet porte à son sommet le μάθημα, et l’Ethica more geometrico demonstrata s’achève dans l’unité de l’amour intellectuel chez l’homme et chez Dieu »

L’amour- éros est le crime parfait , dans la mesure où  il se fait passer pour « Amor Dei intellectualis «  :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/09/25/lamour-est-un-crime-parfait/

La dégringolade vers l’Enfer que connaissent les deux amants du chef d’oeuvre de Polanski , montre bien que l’´amour- éros a vite fait de se transformer en tristesse et en haine : jusqu’au double suicide final que de nous jours on appellerait un « féminicide ».

l’amour  vital est entaché de finitude, comme tout ce qui est vital. L’Absolu c’est ce qui n’est pas soumis à la finitude du plan vital.. et cela ne sert à rien d’agrémenter l’amour avec des choses comme le sado-maso, ou l’échangisme, c’est comme un emplâtre sur une jambe de bois, ruser avec la finitude ce n’est pas sortir de la finitude. Le viol, cela ne marche pas non plus, outre qu’on s’expose à divers désagréments : prison, déboires judiciaires, manifestations féministes, #MeToo …

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