Voyage au bout de la nuit : attentat de Louis Ferdinand Céline contre l’Amour

On peut trouver le livre en pdf ici :

http://www.bouquineux.com/index.php?telecharger=1625&Céline-Voyage_au_bout_de_la_nuit

ou

https://www.ebooksgratuits.com/pdf/celine_voyage_au_bout_de_la_nuit.pdf

Nous connaissons tous la fin de ce prodigieux « livre », que je n’ose appeler un « roman »:

»De loin le remorqueur a sifflé; son appel a passé le pont, encore une arche, une autre, l’écluse, un autre pont, loin , plus loin..il appelait vers lui toutes les péniches du fleuve toutes, et la ville entière, et le ciel et la campagne et nous, tout qu’il emmenait, la Seine aussi, tout, qu’on n’en parle plus »

ça c’est la fin, le dernier chapitre, où nous retrouvons Parapine, qui est le thème du dialogue entre Baryton et Ferdinand , Bardamu le narrateur, Céline lui même :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/04/14/louis-ferdinand-celine-extraits-du-voyage-au-bout-de-la-nuit-1932/

«Parapine.. voyez vous Ferdinand” me dit il un jour en confidence ” c’est un Russe!…

Parapine n’est ce pas Ferdinand c’est un garçon que je trouve tout à fait intelligent c’est bien entendu.. mais tout de même il a une intelligence entièrement arbitraire ce garçon là ! Ne trouvez vous pas, Ferdinand ? C’est un garçon d’abord qui ne veut pas s’adapter… cela se remarque tout de suite chez lui ! Il n’est même pas à son aise dans son métier…il n’est même pas à son aise en ce monde! Avouez le! Et en cela il a tort! Tout à fait tort! Puisqu’il souffre!… c’est la preuve! Tenez, moi, regardez comme je m’adapte, Ferdinand! ” (il s’en tapait sur le sternum)” Que demain la Terre se mette à tourner dans l’autre sens.. eh bien moi? Je m’adapterai Ferdinand! Et tout de suite encore!

… tandis que votre Parapine, lui, dans une aventure semblable, savez vous ce qu’il fera? il en ruminera des amertumes et des projets pendant cent ans encore! J’en suis certain! Je vous le dis.. n’est ce point vrai? Il en perdra son sommeil que la Terre se mette à tourner à l’envers! Il y trouvera je ne sais quelle injustice spéciale.. trop d’injustice! C’est sa manie, d’ailleurs, l’injustice..il m’en parlait énormément, de l’injustice, à l’époque où il daignait me parler encore… et croyez vous qu’il se contentera de pleurnicher ? Ce ne serait que demi-mal! .. Mais non ! Il cherchera tout de suite un truc pour la faire sauter la Terre! Pour se venger Ferdinand! Et le pire, je vais vous dire le pire Ferdinand… mais alors tout à fait entre nous.. le pire c’est qu’il le trouvera le truc!… comme je vous le dis! Ah tenez Ferdinand, essayez de bien retenir ce que je vais vous expliquer.. il existe des fous simples, et puis il existe d’autres fous, ceux que torture la marotte de la civilisation.. il m’est affreux de penser que Parapine est à ranger parmi ceux ci…« 

Ensuite Baryton raconte d’un ton désapprobateur ce que Parapine a osé lui dire :

»savez vous ce qu’un jour il m’a dit ? “

” Non Monsieur”
-” Eh bien il m’a dit :

“Entre le pénis et les mathématiques, Monsieur Baryton, il n’existe rien… Rien! C’est le vide!”

Et puis tenez vous encore! Savez vous ce qu’il attend pour me parler à nouveau?
– non, Monsieur Baryton, non, je n’en sais rien du tout..
-il ne vous l’a donc pas raconté ?
– non, pas encore..
– eh bien à moi il me l’a dit..

il attend qu’advienne l’âge des mathématiques… tout simplement ! …il est absolument résolu! Comment trouvez vous cette attitude impertinente à mon égard? Son aîné? Son chef? “

Cette « remarque » ( appelons ça comme ça ) de Parapine le Russe forme la substantifique moelle de ce que j’appelle « théorème de Louis Ferdinand Céline » :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/05/04/un-nouveau-theoreme-de-la-scienceinternelle-dit-theoreme-de-louis-ferdinand-celine/

qui vient compléter ce que j’appelle « théorème zéro »:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/08/09/le-theoreme-zero-applique-a-la-nouvelle-naissance-dans-seconds-de-john-frankenheimer/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/11/16/scienceinternelle-deux-interpretations-possibles-du-theoreme-de-louis-ferdinand-celine/

qui dit en gros : « tout c’est rien », c’est à dire : le plan vital, la multiplicité indéfinie des êtres du monde, c’est comme rien, cela ne vaut rien, seule l’Idée vaut, et a une valeur infinie.

Le théorème de Louis Ferdinand Céline (qu’on pourrait aussi nommer « théorème de Parapine ») vient préciser cela :

entre le pénis c’est à dire le plan vital de la génération animale-humaine par le rapport sexuel et les mathématiques, c’est à dire le plan intellectuel-spirituel de l’Idée (ou l’activité humaine qui permet l’accès à ce plan par la « vision en Dieu «  des Idées de Malebranche, Dieu étant l’Etendue Intelligible séjour des Idées divines) , entre ces deux plans il n’y a rien, c’est à dire tout, le néant : tout c’est rien…

Le pénis c’est aussi le ventre ou le fondement , la racine de l’être vivant, le chakra Muladhara ; le plan intellectuel c’est la tête, le chakra Sahasrara, la pensée intellectuelle.

entre les deux il y a le cœur, la « pensée du cœur «  chère à l’ésotérisme..le théorème de Parapine affirme que le cœur c’est le vide, le rien, le dualisme radical doit prévaloir sur le trinitaire, laissant face à face le monde, le plan vital, et ce qui est au-dessus du monde : l’Un, l’Idée, « Dieu », à condition d’envisager Dieu comme Un non séparé de l’activité intellectuelle humaine, non Transcendant, comme dans la catastrophe des religions occidentales abrahamiques. Une catastrophe qui n’est pas réparée dans les « ésotérismes «  juif ou musulman (Kabbale ou soufisme) mais est absente du Vedanta upanishadique non – dualiste hindou. La réparation de la catastrophe du Dieu étant, personnel, « Maître du jour de la Rétribution », c’est la transfiguration du monde de la multiplicité et de la mort en l’Unité qui est l’Idée la plus haute : le pénis est réintégré dans « les mathématiques « , le centre intellectuel , le temps chronologique qui porte vers la mort , « poussière du temps » dans le Présent  éternel de la Connaissance Intégrale obtenu dans la philosophie véritable, qui est selon moi l’idéalisme critique et mathématisant de Brunschvicg qui est décrit et expliqué par Marie Anne Cochet dans son livre de 1937 « Commentaire sur la conversion spirituelle dans la philosophie de Brunschvicg «  étudié ici dans les articles du hashtag #CochetBrunschvicg , le plus récent étant :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/12/11/cochetbrunschvicg-lintegration-des-moments-du-vecu-chronologique-dans-le-present-eternel-de-la-reflexion/

 

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/06/25/cochetbrunschvicg-la-scienceinternelle-comme-connaissance-integrale-gnosis/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/10/22/cochetbrunschvicg-6-la-conversion-de-la-chair-a-lesprit-dans-le-temps-hermetique/

Mais revenons au « Voyage «  : donc au dernier chapitre sont présents Parapine «  qui gardait ses esprits », Gustave Mandamour, le planton du Poste de Police, passablement saoûl, comme le narrateur d’ailleurs, plus le cadavre de Robinson « un gentil garçon qu’aurait pas fait de mal à une mouche « . Remarquons le caractère évocateur des noms comme « Mandamour » ou « Parapine » qui évoque « parachute « , l’usage des parachutes s’étant généralisé dans l’aviation à partir de la première guerre mondiale, puis dans l’armée de terre à partir de la seconde, avec l’infanterie aéroportée, cf le feuilleton «  Band of brothers » qui raconte le rôle prédominant qu’ont eu les 82eme et 101 eme divisions aéroportées dans le succès du débarquement de 1944, puis dans la campagne d’Europe en 1944 et 1945.

parapine = protection contre les dangers du sexe, d’Eros, de l’amour « infini mis à portée des caniches » pris pour « Amour maître des Cieux »

parachute = équipement protégeant des dangers de la chute et permettant de sauter d’un avion ou d’un ballon

mandamour = pauvre type qui demande l’amour, l’infini mis à portée des caniches

d’ailleurs , le narrateur note le comportement de Mandamour :

«  et il a rebu . Il aurait pas dû. Il supportait mal la boisson. Mais il l’aimait la bouteille. C’était son faible. »

tout est dit.. mais le narrateur ajoute deux pages plus loin :

»il m’aimait bien Gustave. Je ne lui adressais jamais de reproche sur la boisson. Je comprenais tout, moi. Tandis que Parapine était un peu sévère. Il lui faisait honte de temps en temps à propos de la boisson. Il aurait fait beaucoup de choses pour moi, Gustave. Il m’admirait même. Il me l’a dit. Il savait pas pourquoi. Moi non plus. Mais il m’admirait. C’était le seul »

Donc Robinson est mort, tué par balles dans un taxi par Madelon, la femme qui l’aimait.

» c’était pas à envisager que je parvienne jamais, moi, comme Robinson, à me remplir la tête d’une seule idée, mais alors une superbe pensée tout à fait plus forte que la mort, et que j’en arrive avec mon idée à juter partout de plaisir, d’insouciance et de courage. Un héros juteux.

Plein moi alors que j’en aurais de courage . J’en dégoulinerais même de partout du courage et la vie ne serait plus rien elle même qu’une entière idée de courage qui ferait tout marcher, les hommes et les choses depuis la Terre jusqu’au Ciel. De l’amour on en aurait tellement , par la même occasion , par dessus le marché que la Mort en resterait enfermée dedans avec la tendresse et si bien dans son intérieur , si chaude qu’elle en jouirait enfin la garce, qu’elle en finirait par s’amuser d’amour elle aussi, avec tout le monde »

mais qu’elle est elle donc, cette « superbe pensée plus forte que la mort », que Rimbaud évoque aussi en l’appelant « million d’oiseaux d’or, ô future vigueur « dans le « Bateau ivre »:

Le bateau ivre

 

«J’ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
– Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t’exiles,
Million d’oiseaux d’or, ô future Vigueur ? »

Seulement Rimbaud se contente de poser la question, mais la fin désenchantée du poème révèle bien que la « future vigueur «  ne se cache pas dans ces nuits sans fonds, décidément trop oniriques et poétiquement esthétiques.

cette « future vigueur «  , superbe pensée culbutant la mort, qui n’a rien d’esthétique, propre à enflammer les sens, c’est l’Amour Maître des cieux, qui est bien au delà de l’amour Eros , « infini mis à portée des caniches «  . Ce n’est pas non plus l’amour- Agapé du christianisme, c’est «  Amor Dei intellectualis «  de Spinoza tel que l’interprète Brunschvicg dans « Progrès de la conscience dans la philosophie occidentale «  :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/progres_conscience_t2/progres_conscience_t2.html

c’est à la fin , section III ch II : l’immanence de la réflexion , à lire en même temps que le Commentaire  de Marie Anne Cochet qui l’éclaire , hashtag #CochetBrunschvicg :

»L’intuition spinoziste n’est rien si elle n’est éternelle et totale, si elle ne se rend capable d’appuyer la transparence et l’universalité de l’amour à l’immanence et à la certitude du vrai. En d’autres termes, il n’y a qu’un problème pour le philosophe, ou plus exactement on est philosophe dans la mesure où l’on parvient à ne plus poser qu’un problème, là où il y en a deux selon le vulgaire, et entre lesquels il lui paraîtrait ridicule de chercher le moindre rapport : apercevoir la vérité dans une telle sphère d’évidence qu’elle ne jette plus d’ombre, porter son amour à une telle hauteur de désintéressement qu’il ne puisse plus devenir cause de tristesse et, par suite, de haine. Cela, c’est tout un pour Spinoza comme pour Platon. La dialectique du Banquet porte à son sommet le μάθημα, et l’Ethica more geometrico demonstrata s’achève dans l’unité de l’amour intellectuel chez l’homme et chez Dieu.« 

Amor Dei intellectualis, c’est cette unité sans couture de l’Esprit en l’homme et en Dieu, qui est aussi l’unité de « l’expansion infinie de l’intelligence «  chez l’homme et de l’absolu désintéressement de l’amour chez Dieu :c’est dans « Raison et religion » qui date de 1939 , et je ne peux pas m’empêcher de voir dans ce livre la médecine salvatrice pour l’humanité en cette année de ténèbres, début de la seconde guerre mondiale et de tant de choses qui ont commencé alors :

«Les théologiens se sont attachés à distinguer entre la voie étroite : Qui n’est pas avec moi est contre moi, et la voie large : Qui n’est pas contre moi est avec moi.Mais pour accomplir l’Évangile, il faut aller jusqu’à la parole de charité, non plus qui pardonne, mais qui n’a rien à pardonner, rien même à oublier : Qui est contre moi est encore avec moi.

 

Et celui-là seul est digne de la prononcer, qui aura su apercevoir, dans l’expansion infinie de l’intelligence et l’absolu désintéressement de l’amour, l’unique vérité dont Dieu ait à nous instruire…. »

c’est à dire que le travail d’expansion de  l’intelligence dans la recherche de la vérité  ne mène pas seulement à la vérité qui ne jette plus d’ombre, mais au désintéressement absolu de l’Amour.

Comme les choses sont différentes pour ce qui est de l’amour entre hommes et femmes, la vis dans le trou quoi,  ou plutôt la comédie de l’amour : Brunschvicg cite Proust qu’il connaissait depuis le lycée :

»L’être se replie sur lui-même ; déjà étonné d’être soi , il s’étonne maintenant de n’être que soi ; il s’interroge sur les autres, il n’accepte plus de se donner qu’avec la certitude préalable d’être payé de retour, c’est-à-dire que l’amour don (pour parler avec M. Delacroix) , se subordonne à l’amour exigence : « Livrer le plus profond et le plus mystérieux de son être et de sa personnalité à un moindre prix que la réciprocité absolue, c’est la profanation . »

N’est-ce pas là le moyen le plus sûr de détruire ce qu’on cherchait à fonder ? A la comédie de l’amour succède cette tragédie de l’analyse, que, de nos jours, Marcel Proust porte à son plus haut point de cruelle lucidité. Les êtres que semblait devoir unir la spontanéité du sentiment, se dissocient par le progrès d’une réflexion purement introspective, non seulement isolés l’un de l’autre, mais encore décomposés dans les images successives et disparates que leur imposent les caprices en quelque sorte intemporels de leur mémoire , ou que leur suggère la volonté même d’analyser : « Mon amour… n’avait pas été simple : à la curiosité de l’inconnu s’était ajouté un désir sensuel et à un sentiment d’une douceur presque familiale, tantôt l’indifférence, tantôt une fureur jalouse. Je n’étais pas un seul homme, mais le défilé heure par heure d’une armée compacte où il y avait selon le moment des passionnés, des indifférents, des jaloux — des jaloux dont pas un n’était jaloux de la même femme. »

Un passage que Melle Cochet connaissait certainement et qui éclaire l’article d’hier sur « L’âme proustienne » :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/12/15/marie-anne-cochet-lame-proustienne/

Mais revenons à l’amor Dei intellectualis et au passage de « Raison et religion » :il y a  peut être là l’explication d’un fait dont je me suis souvent scandalisé , c’est qu’en hébreu biblique un seul verbe signifie à la fois « aimer «  et « connaître «. Quand on lit «  Adam connut Ève » il faut comprendre : «  Adam fit l’amour à Ève «  N’y a t’il pas là, puisque nous parlons de la Bible, une source de la notion d’amour intellectuel chez l’homme et Dieu dans l’Ethique de Spinoza, chez qui Marie Anne Cochet note souvent la présence  de  traces de l’influence juive , la même chose pouvant d’ailleurs être dite de Brunschvicg, même si, comme Spinoza, celui ci se réfère à un « christianisme de philosophes » plutôt qu’au Talmud ou à la Kabbale ?

cet «  Amor Dei intellectualis «  serait donc assimilable à la connaissance intégrale que Melle Cochet donne pour visée  à la philosophie véritable, et le lexique de l’hébreu biblique en garderait trace, même si l’équivalence du « connaître bibliquement « avec l’union sexuelle pure et simple peut soulever quelques objections diverses…

de deux choses l’une : soit l’amour divin , absolument désintéressé , reste au ciel et sur terre  le laboureur continue à aller à son champ comme le lui ordonne Dieu dans le Coran, soit le ciel se mêle inextricablement à la Terre, le monde et l’homme sont transfigurés : « Dieu n’est pas un autre pour nous, et nous ne sommes pas un autre pour lui » , c’est dans « Raison et religion » et c’est là le sens que Brunschvicg donne au spinozisme, rattachant cela au marranisme de Spinoza.

Seulement pour que le ciel s’unisse à la terre en des noces inédites, il faut qu’Eros disparaisse, cédant la place à Amor Dei intellectualis en sa dimension d’unité totale de Dieu et de l’homme.

Ce doit être ça le projet de Robinson ( enfin d’après moi)  et c’est pour ça qu’il est tué au revolver dans un taxi  par son amoureuse  Madelon, comme le narre l’avant-dernier chapitre du « Voyage »:

elle s’est mise à ricaner du coup, comme une hystérique, comme si elle avait rien connu de plus réjouissant :

»Mais je demande pas mieux que je te répète ! Mais ça me plaît à moi  la prison que je te dis ! Va pas croire que  je vais me dégonfler à cause de ta prison !.. J’irai autant qu’on voudra en prison moi ! Mais alors t’iras aussi toi dis ma vache ? Tu te foutras pas de moi plus longtemps dis au moins !..je suis à toi bon! mais t’es à moi ! T’avais qu’à  rester avec moi là bas ! Je connais qu’un amour moi Monsieur ! Je suis pas une putain moi ! »

.. Malgré tout on roulait encore et il se décidait pas à faire arrêter le taxi..

»tu viens pas alors ? T’aimes mieux aller au bagne ? Tu t’en fous que je te dénonce ?  Que je t’aime ? Tu t’en fous aussi hein ? Tu te fous de tout toi d’abord?dis le ? »

» oui dans un sens, qu’il a répondu.. t’as raison ! Mais ce n’est pas plus de toi que d’une autre que je m’en fous.. j’ai plus envie qu’on m’aime..ça me dégoûte !… »

elle s’attendait pas à ce qu’on lui dise une chose comme ça, bien en face, là, et tellement qu’elle en fut surprise qu’elle savait plus très bien par où reprendre l’engueulade «  ah ça te dégoûte  ! Comment que ça te dégoûte que tu veux dire ? Explique toi sale ingrat ! »

»non c’est pas toi c’est tout qui me dégoûte, qu’il lui a répondu .. j’ai plus envie »

»comment que tu dis ? Répète un peu ! Moi et tout !Moi et tout ? Explique donc ça !Qu’est ce que ça veut dire ? Parle pas chinois! Dis le moi en français, devant eux, pourquoi que je te dégoûte à présent ? »

à partir de là , la « comédie de l’amour » tourne au vinaigre :

»tu bandes donc pas comme les autre, dis gros salaud quand tu fais l’amour? Tu bandes pas alors hein ? »

Puis la femme blessée dans son amour propre s’en prend aux autres hommes présents dans le taxi, dans un crescendo de rage .. on dirait Marlène Schiappa très en colère

»Mais dites le donc tous que vous voulez changer ! Avouez le ! Que c’est du nouveau qu’il vous faut..! De la partouze ! ..pourquoi pas de la pucelle? Bande de dépravés ! Bande de cochons ! Vous avez plus seulement le courage de vos vices ! »

Quand ça tourne à la moraline et à la guerre des sexes on est près de la fin.. mais Robinson ose encore répondre :

»Mais si! qu’il lui a répondu.. que j’en ai du courage ! Et sûrement bien autant que toi! Seulement moi, si tu veux tout savoir..tout absolument ! Eh bien c’est tout qui me dégoûte à présent! Pas seulement toi! Tout ! L’amour surtout  ! Les trucs aux sentiments que tu veux faire, veux tu que je te dise à quoi ça ressemble moi ? Ça ressemble à faire l’amour dans les chiottes! Tu me comprends-t-y à présent ? Et tous les sentiments que tu vas chercher pour que je reste avec toi collé, ça me fait l’effet d’insultes si tu veux savoir..et tu t’en doutes pas non plus parce que c’est toi qui es une dégueulasse.. ça te suffit de répéter tout ce que bavent les autres. ..tu trouves ça régulier … ça te suffit parce qu’ils t’ont raconté les autres qu’il y avait pas mieux que l’amour et que ça prendrait avec tout le monde et toujours.. Eh bien moi je l’emmerde leur amour à tout le monde !.. tu m’entends ? Plus avec moi que ça prend ma fille…. leur dégueulasse d’amour!.. tu tombes de travers !.. t’arrives trop tard ! Ça prend plus voilà tout !…t’y tiens quand même à faire l’amour au milieu de tout ce qui se passe ? De tout de qu’on voit ?…tu veux bouffer de la viande pourrie ? Avec ta sauce à la tendresse ?.. faut être abrutis comme vous l’êtes tous pour pas que ça vous dégoûte.. tu cherches à savoir ce qu’il y a entre toi et moi ?.. Eh bien entre toi et moi y a toute la vie ! ça te suffit pas des fois? »

seulement elle ne comprend rien ! C’est ce qu’on appelle l’incommunicabilité des êtres  et c’était le thème des films d’Antonioni dans les années 60..l’Avventura.. tout ça

«Mais c’est propre chez moi, qu’elle s’est rebiffée .. on peut être pauvre et propre quand même dis donc ! J’ai Le derrière propre moi Monsieur ! Tu peux peut-être pas en dire autant !.. »

on dira peut-être que chez Robinson ( c’est à dire chez Céline) est présent l’état dépressif de ceux qui avaient connu les boucheries de 14-18.. un dégoût et un désespoir tels que l’amour, c’est à dire la possibilité d’une génération suivante était refusé.. et encore chez quelques uns seulement! Les « descendants inengendrés «  de Georg Trakl..

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/04/14/georg-trakl-grodek/

Bardamu, le narrateur du Voyage, est classé par la critique parmi les  « héros du négatif, athlètes du rien » avec René de Chateaubriand, des Esseintes de Huysmans ( vénéré par Houellebecq) , Roquentin de la nausée de Sartre, et bien sûr Obermann, de Senancour, dont Proust disait «  Obermann c’est moi »..

des Esseintes cela nous mène à Mallarmé, par le poème hermétique « Prose pour des Esseintes » qui a souvent été étudié dans ce blog :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/04/09/le-poeme-le-plus-hermetique-de-mallarme-prose-pour-des-esseintes/

Un poème dont il a été montré qu’il a pour thème, à travers l’impératrice byzantine Pulchérie, le dualisme et la multiplicité  du réel, et les voies pour les surmonter, dont la stricte orthodoxie chrétienne de Pulchérie

Proust et Sartre cela ramène  à  Brunschvicg ( tout ce qu’il y a de bien chez Sartre il le doit à Brunschvicg, qui était son professeur à  Normale, et qui avait connu, lu et médité Proust )

Nous sommes ici au point de prendre une décision .. « voici je place devant toi deux voies, celle de la vie et celle de la mort »

L’amoureux va t’il choisir la voie difficile de la « porte étroite «  qui lui est suggérée ( une main posée sur l’épaule seulement) par la femme sévère qui est à sa droite, ou bien la « voie large empruntée par tout  le monde « , voie de la facilité et des plaisirs voluptueux  sur laquelle cherche à  l’entrainer  la femme de gauche, l’entraineuse donc, pieds nus et nue sous sa robe, qui le saisit par le bras  et le dos ( et nous ne voyons pas ce qu’elle fait cette main dans son dos) en lui murmurant sans nul doute des saletés

l’ amoureux c’est nous : allons nous choisir la voie d’Eros et du sexe, suivre Sartre et Beauvoir qui draguaient des filles aux terrasses pendant que les Résistants se faisaient tuer:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/07/05/bianca-lamblin-nee-bienenfeld-memoires-dune-jeune-jeune-fille-derangee/

ou bien allons nous choisir «  Amor Dei intellectualis »? Brunschvicg, Marie Anne Cochet et Spinoza ? La philosophie véritableet exigeante.. plutôt  finir comme Sartre à faire la mariole dans les manifs avant de tomber dans les griffes de ce cinglé de Benny Lévy en sortant des balivernes sur Dieu et Jérusalem après avoir clamé toute la vie son athéisme .. le gâtisme de Sartre après 1977  ou bien l’extraordinaire et courageuse fin de Brunschvicg en janvier 1944 ?

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/leon-brunschvicg-le-destin-dun-philosophe-sous-loccupation-juin1940-janvier-1944/

Alors bien sûr on me dira : mais  tout ça c’est vous qui l’apportez ce n’est pas dans le voyage..

vraiment ? Et les passages sur « la pensée superbe »  de Robinson?

Robinson, c’est Céline, tout comme Ferdinand et Parapine.. et le narrateur ne cesse de se diminuer, par exemple lorsqu’il est au chevet de Robinson mourant

« mais il n’y avait que moi, moi tout seul, à côté de lui, un Ferdinand véritable auquel il manquait tout ce qui ferait un homme plus grand que sa simple vie, l’amour de la vie des autres «

on m’opposera aussi l’antisémitisme bien réel de Céline . Il n’y en a pas dans le Voyage, mais bien dans les Bagatelles, livre sur lequel je me suis extasié :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/04/13/un-fameux-passage-des-bagatelles-de-louis-ferdinand-celine/

à cause surtout des passages sur Yubelblatt, potentat de la SDN, ancêtre du « machin » qu’est l’ONU :

»l tenait pas en place. Il fallait qu’il trace, qu’il revendique. Son genre de voyage favori, c’était la Chine… Il allait militer par là… Il faisait un saut jusqu’au Japon… Il préparait les petites affaires… Et puis il rentrait dare-dare… Il retraversait toute la planète pour un télégramme, pour un soupir… pour rien du tout… Il repassait par la Russie… Il repassait plus par la Russie… Il rappliquait par le Sud. Il rattrapait son télégramme… son soupir… son rien du tout. Et puis floc ! Je le voyais jaillir ! Un matin ! Je le retrouvais d’un seul coup ! Derrière son bureau… Il émergeait de l’autre bout du monde… comme ça »

Plaf !… il enfonce, plonge dans les Indes… on le voit plus ! ! Une autre fois c’est dans la Chine… dans les Balkans dans les ombres du monde… dans la profondeur… Il revenait à la surface tout éberlué, clignotant… Il était habillé tout noir comme l’ornithorynx« 

Et quand il explique à Ferdinand ses tactiques favorites dans ces  « commissions » pour délivrer ces grotesques vieillards qui s’écoutent parler :

»Moi, voyez-vous, Ferdinand, je suis toujours Secrétaire, rien que Secrétaire, à travers toutes les circonstances, vous ne me verrez qu’en Secrétaire… C’est le titre que j’ai choisi, jamais davantage… jamais !… Secrétaire ! Pas plus ! Voilà tout !… J’arrive, je ne dis mot… La discussion est commencée… Bien… Je vais m’asseoir tout doucement, bien tranquille, à la gauche du Président… Remarquez, je ne dérange personne…Les débats s’ouvrent et se déroulent… ternes ou passionnés… burlesques ou moroses… Aucune importance !… Dans tous les cas, aucune suite dans les idées… c’est impossible… aucune cohérence… C’est la grande règle absolue de toutes les assemblées du monde… de n’importe quelle réunion d’hommes… aussitôt qu’ils ouvrent la bouche ils ne disent plus que des sottises…

Voici la pesanteur du ” nombre “… la loi écrasante des Pendules de la Bêtise… Elle entraîne tout, elle fatigue tout, elle écrase tout… Il ne s’agit pas de lutter… Tous ces niais autour de la table, bavardent, s’ébrouent, vitupèrent… oublient dès les premières paroles ce qu’ils avaient à raconter… Ils s’écoutent et ça leur suffit… Ils disent, au fond n’importe quoi… Ils s’affriolent, ils se trémoussent… Ils sont là pour se dépenser… Plus ils cafouillent, plus ils s’excitent, plus ils se perdent… C’est très facile dans notre cas avec toutes les langues… Ils se comprennent mal ou de travers… Ils se comprennent mal eux-mêmes… Ils s’embrouillent dans les quiproquos… ils se jaugent… ils se défient… d’un bout à l’autre du tapis… Ces effets les perdent… Ils s’emballent… Les voilà franchement qui divaguent… Ils ne se retiennent plus… Ils sont venus pour discourir… et de fort loin, le plus souvent… délégués au bavardage… du Vénézuéla… d’Arabie… de la Nouvelle-Zemble… des Petites Comores..

Les micros ne sont pas faits pour les chiens..Plus ils se font vieux les délégués et plus ils babillent… La vieillesse c’est tout féminin, ça se déglingue, ça se débroquille, ça se débine tout en cancans… d’époumonements ils se surpassent… Ils montent de vrais concours d’Asthme… La pauvre question initiale existe plus… tant bousculée par ces absurdes, tiraillée, calamiteuse, elle a perdu tous contours… On sait même plus ce qu’elle est devenue… On la cherche… on la retrouve pas… Les débats se poursuivent quand même et d’autant plus véhéments… Y a un embouteillage terrible pour la prise de la parole, ils veulent tous la garder tout le temps… Mais les délégués empêtrés qui n’arrivent pas à placer un traître mot de leur discours… ils trouvent le président infâme… C’est mauvais les harangues rentrées… Ils rongent leur frein dans le coin de leur chaise, ils préparent les pires vacheries… des vitriols infernals pour assaillir ceux qui gardent comme ça tout le crachoir… Au bout d’une heure à peu près de ces effrénés jacassages, des délégués ” tous contre tous “, ils savent même plus où ils se trouvent… ils ont perdu le Nord et le Sud, le sens de la porte, le large et le travers… Ils savent même plus de quoi il retourne… La question elle est dans les pommes… dans les gueulements, les hoquets… dans les fumées…

Haletants, fourbus, ravagés, sur les boulets, ils s’écroulent… Une sorte d’angoisse les étreint… ils savent plus comment finir… Ils se cramponnent après la table… A la façon que je les entends comme ils expirent rauque, à la manière qu’ils enrayent, qu’ils râlent en saccades… aux bribes d’injures qui arrivent… Je me dis : ” Yubelblat, c’est le moment !…” L’instant exact d’intervenir… Faut pas une seconde en retard ! pas une seconde en avance !… Faut que ça tombe pile exactement, partir juste à ” l’optimum “… Alors c’est gagné ! je les délivre ! Je les affranchis d’un coup… J’organise, Ferdinand, l’” extase “… C’est après ça qu’ils suffoquent au bout d’une heure de pancrace… de cette ébullition de mots…je connais le moyen de les faire jouir… Je donne à tout ce bavardage une sorte d’ ” éjaculation “… Je l’ai toujours là dans ma poche… dans un petit bout de papier… Au moment où ils en peuvent plus, où ils s’étranglent de confusion, où ils implorent l’atmosphère… Je leur sors mon petit texte…je déplie mon petit bout de papier, une “Résolution”… retenez ce nom… une ” Résolution “. Je la glisse au président, le pire radoteur de la bande, le plus éperdu de tous… Il se jette dessus, il l’agrippe, c’est écrit… Il a plus qu’à lire, ânonner… C’est fait !… En entendant ce texte bien net, qui leur arrive par miracle, qui clôt si bien leurs débats, les autres alors ils viennent au pied… ils se rendent ils ” adoptent ” !… dans une allégresse !… éjaculant à qui mieux mieux… L’orgasme ! Ils se détendent… ils se pardonnent… ils se caressent… ils se délectent… ils se congratulent… La vanité fait le reste… Ils se persuadent immédiatement… qu’ils ont fini par jouir tout seuls…

je ne reste pas là, moi-même, je disparais, je m’efface… je les laisse à leurs effusions. Je n’ai rien dit… Je n’ai rien fait… Je les, ai toujours dans ma poche… mes ” résolutions ” tout le temps des débats… Chaque matin, je les prépare… Ce sont mes petites ordonnances… Je les rédige à la maison, dans le calme même, dans mon lit, avant de descendre les retrouver dans cette pagaïe… Je sais bien moi, ce que je veux, je sais donc ce qu’il leur faut tous, aux délégués des cinquante peuples… Ce qu’ils sont faits pour ” adopter “… Je suis là pour ça, Ferdinand, et c’est ” écrit “… tout écrit, mon ami… noir sur blanc à l’avance… dans ma poche… avec mon petit crayon… C’est la décision, c’est l’ordre au bout du chaos. Je leur apporte leur délivrance, Ferdinand. Tous ces petits verbeux, hagards, diffus, chiffonnés, ils montent au plaisir tous ensemble. J’avais leur coït dans ma poche… depuis le matin… Et je n’ai rien dit, Ferdinand !… pas dit un mot à ce propos. J’ai glissé le petit papier, au bon moment, voilà tout !… Ce n’est pas très difficile… Ce n’est pas moi qui ai brillé… Ce n’est pas moi qui ai parlé… On ne m’a presque pas vu… Je ne cause jamais, Ferdinand… Je ne brille jamais, Ferdinand… Jamais… Retenez bien ceci… jamais ne briller… jamais, Ferdinand… »

Qui a lu ce texte extraordinaire comprend pourquoi tous ces « machins » ne pourront déboucher que sur le pire..

mais il est certain que Céline n’a pas été poursuivi pour ce texte. Qu’est ce que c’est au juste, l’antisémitisme ? Est ce que cela vise juste à répondre au délire immémorial consistant à « croire » dur comme fer que « Dieu » , la Perfection même, l’Infini, a passé «  alliance éternelle» avec un peuple particulier ? évidemment non.. Drieu La Rochelle lui même notait son admiration pour les « sionistes », parallèle à  sa haine des « juifs réels », implantés en Europe.

Le plus « juif » dans le « Voyage » c’est Parapine le russe , dont Baryton «  celui qui s’adapte «  parle comme d’un « fou à marotte »:

»Tenez, moi, regardez comme je m’adapte, Ferdinand! ” (il s’en tapait sur le sternum)” Que demain la Terre se mette à tourner dans l’autre sens.. eh bien moi? Je m’adapterai Ferdinand! Et tout de suite encore!

… tandis que votre Parapine, lui, dans une aventure semblable, savez vous ce qu’il fera? il en ruminera des amertumes et des projets pendant cent ans encore! J’en suis certain! Je vous le dis.. n’est ce point vrai? Il en perdra son sommeil que la Terre se mette à tourner à l’envers! Il y trouvera je ne sais quelle injustice spéciale.. trop d’injustice! C’est sa manie, d’ailleurs, l’injustice..il m’en parlait énormément, de l’injustice, à l’époque où il daignait me parler encore… et croyez vous qu’il se contentera de pleurnicher ? Ce ne serait que demi-mal! .. Mais non ! Il cherchera tout de suite un truc pour la faire sauter la Terre! Pour se venger Ferdinand! Et le pire, je vais vous dire le pire Ferdinand… mais alors tout à fait entre nous.. le pire c’est qu’il le trouvera le truc!… comme je vous le dis! Ah tenez Ferdinand, essayez de bien retenir ce que je vais vous expliquer.. il existe des fous simples, et puis il existe d’autres fous, ceux que torture la marotte de la civilisation.. il m’est affreux de penser que Parapine est à ranger parmi ceux ci…«

 

Ceux qui sont  et seront toujours en première ligne de l’antisémitisme, ce sont les gens comme Brunschvicg, qui se trouvait être né d’une famille juive , c’est à dire des idéalistes véritables se tenant éloignés du faux idéalisme, c’est à dire du réalisme des idées confuses :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/10/20/faux-idealisme-le-cas-dedwy-plenel-et-de-lislamogauchisme/

https://hottandphilosophy.wordpress.com/2018/10/19/la-banqueroute-du-faux-idealisme-confondre-les-mathemes-humains-avec-les-idees-divines/

et ceux qui enfonceront les clous, ce sont et ces seront toujours les tenants de la « vie réelle «  et substantielle , du « pratique » contre le « théorique « … et si Parapine le personnage c’est Céline l’auteur du « Voyage «  .. .  mais je m’arrête ici.

Nul ne sait ce que Céline avait en tête lorsqu’il faisait parler Robinson, ou Parapine, ou Bardamu, mais j’ai parfaitement le droit de saisir l’occasion de ce livre extraordinaire qu’est le Voyage pour illustrer la guerre qui commence d’Amor Dei intellectualis contre Eros , de la Connaissance intégrale contre la vie substantielle et entachée de finitude, de l’Amour de l’ Infini contre l’amour du fini :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/05/25/expose-de-jean-michel-le-lannou-sur-brunschvicg-la-puissance-de-lidee/

http://blog.ac-versailles.fr/oeildeminerve/index.php/post/22/06/2016/Jean-Michel-Le-Lannou%2C-L’Excès-du-représentatif%2C-coll.-«-Philosophie-»%2C-Hermann-Éditeurs%2C-Paris%2C-octobre-2015%2C-98-pages%2C-lu-par-Jean-Colrat

 

 

 

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