#BadiouEtreEvenementT3 conséquences pratiques du fait de l’écart entre nombre des sous-ensembles et nombre des éléments

comme Cantor l’a démontré , les parties de tout ensemble donné M , qui sont les éléments de l’ensemble P(M), sont plus nombreuses que les nombre d’éléments de M, voire même infiniment plus nombreuses quand M est infini. Badiou souligne ce point, qu’il interprète comme l’assertion que « la ressource collective offre énormément plus de possibilités que la ressource individuelle «  , notamment à l’échelle d’un pays, ce qui a des conséquences sur les débats de « philosophie politique «  à propos de la source de la légitimité . Badiou prend l’exemple du vote : la démocratie considère que la légitimité se situe du côté du parti qui obtient la majorité des personnes qui votent, qui sont des individus séparés des autres dans l’isoloir bien nommé. Cependant il existe d’autres options que l’isoloir, dans le vote à main levée par exemple. «  Si l’on prend la question des  comités de grèves, des comités centraux, des manifestations, l’approche de la légitimité est entièrement différente », le sympathisant de « l’Idée communiste » pointe ici le bout de son nez : «  si l’horizon, c’est l’individu et les possibilités de leur dénombrement, il peut arriver qu’il apparaisse comme mutilé et illégitime au regard des possibilités offertes par des collectifs : de ce point de vue, l’individualisme, souvent pris pour le sommet de l’évolution humaine, s’avère une doctrine très pauvre , qui restreint considérablement les possibilités ouvertes par les regroupements collectifs «  . Badiou n’en dit pas plus, mais il est facile de comprendre que ceci est lié à la question du nombre de parties dans l’ensemble des votants de nombre n, qui est de 2 puissance n, ce qui, si n = 20 ou 30 millions, est un nombre gigantesque. La méthode démocratique consiste à se restreindre aux parties constituées d’un seul individu votant dans le secret de l’isoloir. Il est aisé de se rendre compte que Badiou suggère que l’on pourrai aussi compter les parties constituées de deux électeurs ou plus, à condition de vérifier que tous les électeurs « regroupés » dans une telle partie ou « parti » sont d’accord pour y figurer ; mais comment faire en pratique , pour éviter les contraintes et menaces, puisque par définition le caractère secret du vote dans l’isoloir est perdu.

Cela n’a pas l’air d’embarrasser Badiou, qui a il est vrai une grande habitude des « collectifs » et autres « cortèges « .

Dans un autre ordre d’idées on pourrait considérer que le mariage bourgeois, entre deux personnes, un homme et une femme, est une restriction insupportable des possibilités offertes par les « regroupements « plus large. Cela a commencé avec le « mariage pour tous », entre deux hommes ou deux femmes, mais des militants plus « libertins » pourraient suggérer de considérer les  possibilités «  énormément plus nombreuses «  offertes par une formule plus générale ( x,y) où x est le nombre d’hommes et y le nombre de femmes impliquées dans ce genre de « mariage collectif » qui offrirait des avantages évidents pour la lutte contre la dénatalité . Mais reste à savoir si tous les individus impliqués, notamment les femmes, seraient d’accord, et la question de la sortie du »groupe », une fois les premiers émois terminés, c’est à dire en clair la question horriblement bourgeoise du divorce, ne tarderait pas à se poser..

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