Marcel de Corte : l’intelligence en péril de mort

J’ai trouvé  cet extrait significatif sur le site « Contra impetum fluminis » :

http://contra-impetum-fluminis.blogspot.com

dont il faut retenir l’avertissement :

»Il n’existe pas d’auteur dont l’ensemble de l’œuvre soit exempte d’erreur. Souvent, les penseurs connaissent diverses périodes caractérisées par des positionnements différents, voire contradictoires. Ils peuvent subir des influences plus ou moins profondes à la suite d’évènements historiques ou personnels. Le meilleur peut côtoyer le pire. Il n’est pas rare qu’ils tombent dans l’outrance ou dans les travers qu’ils dénoncent eux-mêmes par ailleurs avec véhémence.

Cet état de fait n’est pas sans danger pour l’homme incertain qui attend fébrilement les oracles de l’éditorialiste de son journal favori avant de fixer sans délai son jugement sur tel ou tel événement. Cela n’a évidemment pas échappé aux faiseurs d’opinion, qui sont à l’affût de la moindre ratée chez ceux dont ils veulent discréditer l’ensemble de la pensée. La mise en œuvre systématique de cette idée (disqualifier une doctrine globalement bonne en y mêlant un peu de venin) à des fins subversives a été magistralement décrite par Vladimir Volkoff dans Le montage. Plus généralement, on ne peut ignorer les grands principes de la  subversion et de la  désinformation  dans laquelle nous baignons et on doit avoir quelque idée sur la façon de s’en protéger. La charité impère de ne pas oublier les potentes (les puissants » eux-mêmes. Nous les invitons à méditer cette page de G. Bernanos[1]  écrite dans sa retraite brésilienne vers 1940. Ad potentes.

C’est le propre de l’intellectuel que de conserver ce qu’il peut y avoir de juste et de rejeter ce qui doit l’être dans la production d’un auteur. Cela suppose des connaissances et un jugement formé selon des préceptes sûrs. Nous avons la faiblesse de penser que l’étude des quelques textes qui suivent peut contribuer à cette éducation. Eux-mêmes doivent d’ailleurs être lus selon la méthode critique que nous venons d’indiquer, bien que nous les considérions comme globalement fondés. «

avertissement qui vaut pour tous les auteurs, et donc aussi pour ceux suivis ici, à part le domaine des mathématiques et de la physique mathématique…

Le lien conduisant au texte extrait du livre de Marcel de Corte est ici :

https://web.archive.org/web/20090530231008/http://contra-impetum-fluminis.net/intell.htm

Je l’ai recopié in extenso sur cette page :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/marcel-de-corte-lintelligence-en-peril-de-mort/

« Si l’intelligentsia et sa volonté de puissance sont un phénomène récent, l’influence exercée par « la science » sur les comportements spirituels et intellectuels, sur les conduites morales, politiques et sociales des hommes l’est peut-être davantage. L’empire de « la science », son expansion universelle, la tyrannie qu’elle fait peser sur les esprits et sur les mœurs, la réduction totalitaire à ses normes, à ses méthodes, à sa façon d’appréhender et de concevoir le monde, à son mode d’argumentation et jusqu’à son langage qu’elle inflige à tous les autres types de savoir et à tous les genres d’activités humaines, voilà des phénomènes qui datent de deux siècles à peine.«

Bien vu.. et on en a l’aboutissement écœurant aujourd’hui, avec ces appels imbéciles des merdias et « irresponsables politiques » à l’autorité des « conseils scientifiques «  qui font les gros yeux comme des gardes chiourmes et donnent des leçons : » si vous pas sages, pas de sortie de 11 mai »

mais pour moi les « sciences expérimentales «  ne sont pas des sciences , et le progrès est « Progrès de la conscience «  , donc « science sans conscience n’est que ruine de l’âme »

« C’est ce qu’a généralement exprimé, en termes aussi nets que possible, le fondateur de la médecine expéri­mentale : « Dans les sciences d’expérimentation, l’hom­me observe, mais de plus il agit sur la matière, en analyse les propriétés, et provoque à son profit l’apparition de phéno­mènes, qui sans doute se passent toujours suivant les lois naturelles, mais dans des conditions que la nature n’avait pas encore réalisées. A l’aide de ces sciences expéri­mentales actives, l’homme devient un inventeur de phénomè­nes, un véritable contremaître de la création ; et l’on ne sau­rait, sous ce rapport, assigner de limites à la puissance qu’il peut acquérir sur la nature, par les progrès futurs des scien­ces expérimentales. »

»Le savant de tendance expérimentaliste essayera de dessiner un modèle qui soit le reflet aussi exact que pos­sible de la véritable structure du réel et qui puisse être retraduit dans un langage adapté à l’univers sensible où nous vivons. Mais si scrupuleuse que soit son intention, il ne pourra jamais réduire la part d’artifices que com­porte sa méthode. Son modèle se rapprochera sans doute de l’image que nous avons du monde grâce au réalisme des mots dont le langage courant est lesté. Mais qui pourra garantir que le modèle intelligible est conforme à la réalité alors que celle-ci n’est perçue que par les sens ? L’adaequatio rei et intellectus qui définit la vérité ne sera jamais qu’hypothétique puisqu’il s’agit de rendre conformes l’un à l’autre deux domaines du réel radicalement différents. La « vérité » du modèle ainsi élaboré se tirera des résultats expérimentaux que l’on tire des hypothèses formulées. Elle n’est toutefois qu’une « vérité » précaire puisque rien ne prouve qu’un autre modèle n’aurait pas aussi bien « sauvé » les aspects observables de la réalité. »

La réalité, c’est comme la tolérance, il y a des maisons pour ça…

c’est pour moi l’imaginaire , que j’oppose au véritable; et la vérité, ce n’est pas comme dans la définition classique  « L’adaequatio rei et intellectus« .. les vérités éternelles de Descartes, que j’appelle  internelles, ce sont les  morphismes, ou relations, entre les idées , dans (∞,1)Cat:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/04/16/scienceinternelle-19-recherches-sur-lidee-de-dieu-qui-est-dieu-∞-categorie-des-∞-categories/

https://ncatlab.org/nlab/show/(infinity,1)Cat

«Le savant dont la tournure d’esprit est plus mathéma­tique se propose de mettre systématiquement en ordre par leur mathématisation intégrale les données de l’expé­rience. Il élaborera un modèle qu’il est impossible de retranscrire dans le langage que nous utilisons couram­ment pour exprimer les perceptions que nous avons du monde et qui exclut toute représentation concrète de la réalité. L’atome en ce cas ne sera jamais qu’un système d’équations. Il est évident qu’une telle tendance équivaut pratiquement à l’abandon de la notion d’objectivité. Celle-ci est remplacée par la cohérence et par la rigueur de la systématisation. La physique mathématique est un langage créé par l’homme qui nous révèle l’existence d’un monde scientifique dont les relations avec notre monde familier sont aussi distendues que possible. « La physique moderne a été forcée, écrit Eddington, de reconnaître qu’il existe un abîme entre le monde exté­rieur tel qu’il apparaît dans l’histoire familière de notre perception et le monde extérieur qui présente ses messa­ges à la porte de notre esprit. Pour cette raison, l’histoire scientifique n’est plus un rafistolage de l’histoire familiè­re, mais elle suit ses propres voies. Il n’y a rien, dans les descriptions du monde physique que nous acceptons, qui doive son accès au fait que nous possédons un sens de la couleur. Tout ce que nous affirmons peut être vérifié par une personne aveugle aux couleurs…»

Absolument, les idées, mathématiques, sont des créations humaines,le « monde scientifique », c’est le monde véritable, celui de la Relativité  et le monde familier, c’est celui des instincts, le monde imaginaire , celui où l’amante religieuse clames « O Temps, suspends ton vol »: seulement le Temps n’écoute pas, il est imaginaire, comme les plaisirs de l’amour :

https://mathesisuniversalis.wordpress.com/2015/08/03/brunschvicgraisonreligion-seconde-opposition-fondamentale-monde-imaginaire-ou-monde-veritable/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/04/16/opposition-entre-monde-imaginaire-et-monde-veritable-une-difficulte-il-ny-a-de-scientifique-que-ce-qui-est-verifiable-cest-a-dire-refutable/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/07/27/brunschvicgraisonreligion-les-trois-oppositions-fondamentales-ou-les-trois-axes-du-mouvement-de-conversion-spirituelle-dans-raison-et-religion/

Seulement, il faut se méfier du faux idéalisme, moralisateur souvent, qui oppose idéal et réalité :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/01/27/leon-brunschvicg-la-philosophie-est-la-science-des-idees/

La création, c’est la création des idées :

»Le philosophe ouvre l’esprit de l’homme à la possession et à la conquête de l’idéal, en lui faisant voir que l’idéal est la réalité spirituelle, et que notre raison de vivre est de créer cet idéal. La création n’est pas derrière nous, elle est devant nous; car l’idée est le principe de l’activité spirituelle… C’est donc à une alternative que nous conduit l’étude de l’idéalisme contemporain Ou nous nous détachons des idées qui sont en nous pour chercher dans les apparences extérieures de la matière la constitution stable et nécessaire de l’être, nous nous résignons à la destinée inflexible de notre individu, et nous nous consolons avec le rêve dun idéal que nous reléguons dans la sphère de l’imagination ou dans le mystère de l’au delà ou bien nous rendons à nos idées mortes leur vie et leur fécondité, nous comprenons qu’elles se purifient et se développent grâce au labeur perpétuel de l’humanité dans le double progrès de la science et de la moralité, que chaque individu se transforme, à mesure qu’il participe davantage à ce double progrès. Les idées, qui définissent les conditions du vrai et du juste, font à celui qui les recueille et s’abandonne à elles, une âme de vérité et de justice; la philosophie, qui est la science des idées, doit au monde de telles âmes, et il dépend de nous qu’elle les lui donne”

J’appelle « science internelle » la philosophie comme « connaissance intégrale » dans l’inépuisable aujourd’hui de l’immanence des idées et des vérités :

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/2012/09/27/le-principe-dimmanence-et-la-philosophie-comme-connaissance-integrale/

«La spéculation philosophique, étant un genre de connaissance, ne peut décider que de l’être en tant que connu, ou, mieux encore, puisqu’elle pose d’une façon absolue le problème de la connaissance, elle juge la connaissance en tant qu’être. De ce point de vue auquel il faut que l’esprit s’accoutume lentement et laborieusement, la connaissance n’est plus un accident qui s’ajoute du dehors à l’être, sans l’altérer, comme est devant un objet un verre parfaitement transparent ; la connaissance constitue un monde qui est pour nous le monde. Au-delà il n’y a rien ; une chose qui serait au-delà de la connaissance, serait par définition l’inaccessible, l’indéterminable, c’est-à-dire qu’elle équivaudrait pour nous au néant. »

l’intelligence n’a accès qu’à elle même :

»Puisque la philosophie est une œuvre de réflexion, le seul objet directement accessible à la réflexion philosophique, c’est la réflexion elle-même. Tant qu’il y a disproportion entre le contenu et la forme, entre le système et la méthode, il ne peut y avoir de connaissance intégrale. Pour qu’il y ait une telle connaissance, il faut que l’esprit s’engage tout entier dans la solution du problème. L’esprit ne se donne plus un objet qui soit fixe et qui demeure posé devant lui ; il cherche à se saisir lui-même dans son mouvement, dans son activité, à atteindre la production vivante, non le produit qu’une abstraction ultérieure permet seule de poser à part. Au-delà de l’action qui en est la conséquence éloignée, au-delà des manifestations encore extérieures que le langage en révèle, c’est jusqu’à la pensée que la pensée doit pénétrer. L’activité intellectuelle prenant conscience d’elle-même, voilà ce que c’est que l’étude intégrale de la connaissance intégrale, voilà ce que c’est que la philosophie.

Ainsi une philosophie intellectualiste peut être une philosophie de l’activité ; elle ne peut être véritablement intellectualiste qu’à la condition d’être une philosophie de l’activité. »

»Seulement, au lieu de choisir arbitrairement un type d’activité et de vider cette activité de toute espèce de contenu intelligible, de sorte qu’il ne puisse plus y en avoir que des symboles aveugles, elle conçoit cette activité sur le seul type qui soit accessible à l’intelligence, et qui permette, par suite, d’assigner à l’activité sa raison d’être, sur le type de l’activité intellectuelle. De même, elle ne refuse pas de considérer les paroles qui expriment au dehors la pensée ; mais il est vrai que si on s’en tenait à cette constatation extérieure, ces paroles n’auraient plus de valeur. En un mot, si elles prétendaient se suffire à elles-mêmes et se passer de principes intelligibles, la science de la pratique se confondrait avec le mysticisme, comme la psychologie empirique avec le verbalisme. C’est à la philosophie, telle que nous l’avons définie ici, qu’il appartient de donner la lumière à l’une, à l’autre le mouvement. »

la seule activité accessible à l’intelligence, c’est sa propre activité !

le caractère mathématique de la physique découle de là …

Il faut toujours revenir à ces lignes (et à ce livre) dès que l’on se sent prêt, par fatigue ou fascination pour les mystiques, ou les philosophes thomistes ou averroïstes, à céder et reculer d’un pouce et à transiger sur la nature de l’idéalisme philosophique, qui doit demeurer de manière intransigeante l’idéalisme mathématisant : puisque les idées mathématiques sont le modèle même des idées, où il n’y a aucune distance entre « celui qui réfléchit sur son activité » et cette activité elle même ! »

Mais l’idéalisme brunschvicgien déplaît à Marcel de Corte :

»Si l’on définit l’idéalisme comme la doctrine qui ramène toute existence à la pensée et pose l’être non pas comme une réalité indépendante pourvue d’une existence et d’une essence propres, mais comme exclusivement relatif à l’esprit et si l’on prétend que la physique parvient à saisir la nature intime des choses, on est immédiatement acculé à cette conclusion énorme, boule­versante, que l’être physique est l’être même de la pensée et que celle-ci engendre le monde scientifique – « le vrai monde » qui supplantera bientôt le monde familier et quotidien – à la façon d’un démiurge ou d’un dieu. Si la physique est une science spéculative qui porte sur l’essence des choses, c’est parce qu’elle enfante cette essence et la pose dans l’existence comme fille de ses œuvres. Selon la formule de Kant, « la raison ne voit que ce qu’elle produit elle-même d’après ses propres plans ».

L’univers de la science, qui se proclame univers réel, est donc celui que l’homme construit par un labeur incessant dont les résultats s’ajoutent les uns aux autres dans la ligne d’un progrès sans fin de son intelligence créatrice. A l’univers « naturel » de l’animalité succède l’univers « réel » de la rationalité. La pensée engendre l’objet de la pensée et l’homme devient, au sens le plus rigoureux, le plus fort et le plus exact du terme, « me­sure de toutes choses »  pour celles qui sont, mesure de ce qu’elles sont, pour celles qui ne sont pas, mesure de ce qu’elles ne sont pas. C’est Protagoras qui a raison. La sophistique n’est plus désormais, grâce à la science, la falsification de la vérité, elle est la vérité. Il n’y a d’être que par la libre décision de l’homme. Il n’y a d’univers que parce que l’homme, par la science, est devenu Prométhée. « La grande leçon philosophique de la théorie d’Einstein, glose Léon Brunschvicg, c’est une conception générale de la mesure… Einstein a su orien­ter la définition de la mesure vers la réalité à mesurer et définir cette réalité en fonction même de l’instrument de mesure. » Désormais, l’homme sait que « le temps naît du moment où il est mesuré », et que « l’espace, loin d’être antérieur à la mesure, naît de la mesure ». Il n’y a plus de « choses en soi », de « natures », de « for­mes substantielles » indépendantes de l’esprit humain, comme le croient les aristotéliciens attardés dans l’in­fantilisme, mais des phénomènes ou la raison introduit sa propre mesure et ses propres lois, engendrant ainsi l’univers de la science dont l’univers quotidien n’est même pas la promesse, mais simplement l’attente passi­ve, l’indétermination qui reçoit la détermination de l’esprit, la matière amorphe que la pensée de Prométhée, industrieux et artiste, fait accéder à la forme.

« Ce n’est pas ce que les faits ont d’objectif qui inté­resse la science, renchérira Édouard Le Roy, un des pères du modernisme et du progressisme chrétiens, c’est ce qu’ils ont d’artificiel… Le « donné » de la pensée scientifi­que n’est pas la réalité immédiate, mais la représentation positive que nous en avons formée. Substituer à cette dernière une nouvelle représentation qui soit l’œuvre de notre seule raison, voilà le problème à résoudre. Rejeter le psychique trop fuyant, le concret impénétrable à nos regards logiques, le corporel relatif à nos besoins inférieurs, telle est l’épu­ration subtile qui résulte, pour nos idées, de la cristalli­sation scientifique… Intégrer le monde à l’esprit, résou­dre schématiquement l’univers en une hiérarchie de moments logiques, établir une image de la nature par la seule activité du Moi et parvenir de la sorte à ne dépendre que de soi-même dans l’œuvre de la connaissance, c’est le programme et l’ambition de la Science… Son but suprême est la réduction totale de l’univers à l’esprit… La vérité scientifique ne consiste pas en un décalque scru­puleux d’une matière donnée : elle est la cohérence de l’esprit, elle est le succès grandissant de notre conquête du mon­de. La vérité scientifique, en un mot, ressemble au bien moral : on ne la reçoit pas du dehors, on la pratique et on la fait. »

qui va jusqu’à reconnaître que l’être est objet, l’objet propre de l’intelligence :

» Une fois qu’on a compris que le devenir ne peut être saisi que par l’imagination parce que la simple perception sen­sible ne l’atteint qu’en son moment présent et que l’in­telligence le dépasse au bénéfice de son objet propre : l’être, on a compris du coup la plus importante des conséquences que la science moderne a déclenchées dans l’esprit humain en sortant hors de ses gonds : si tout est devenir, tout est imaginaire, tout est fictif tout est l’œuvre de l’homme. Le propre de l’homme est de se faire une image de lui-même et de se faire, dans un progrès per­pétuel, dans un dépassement continu de soi. L’homme est un animal fabricateur de chimères qui se réalisent et qui le réalisent dans une dialectique qui n’a pas de fin ou, si elle en a une, qui ne peut être que son apothéose toujours renouvelée. Mundus est fabula, le monde est une fable racontée par le savant.«

par contre l’un, dual de l’être , n’est pas objet, mais activité suprême de l’intelligence : unification.

»L’esprit humain frus­tré de son attention métaphysique normale à l’être, «  tiens je croyais que l’être est « l’objet propre de l’intelligence « ??

L’essence de l’esprit est l’unité, aussi n’y a t’il rien à chercher au delà :

» il nous faudra donc conclure qu’en dehors de la présence d’unité dans une conscience qui sait n’être radicalement extérieure à rien, il n’y a rien »

»à la limite, s’il faut nommer Dieu, il est cette présence de l’unité dans la conscience humaine. Toute autre définition en contredit la notion »

À côté de cela, les « punching-ball «  comme Leprince-Ringuet ou Teilhard font pâle figure..

« Or, la seule idole que l’homme puisse substituer à Dieu est le Moi. Toutes les autres n’en sont que les métamorphoses grossières ou subtiles. Lorsque Dieu est mort, l’absolu se transporte dans le Moi. Le Moi séparé du réel, clos en lui-même, est la seule puissance au monde capable de tuer Dieu en imagination et, par un effort sans cesse avorté, d’en faire passer les attributs dans sa propre réalité. Mais le Moi répugne à se procla­mer Dieu. Ce n’est pas qu’il en craigne le ridicule : le Moi prend tout au sérieux parce qu’il se prend lui-même, qui est tout, au sérieux. Il appréhende la compé­tition : un autre Moi, plus fort, peut surgir qui réduise à néant sa divinité. Il lui faut donc ruser pour atteindre le sublime degré de l’apothéose. Aussi le Moi se dissi­mule-t-il toujours derrière le Nous, le Social, le Collectif, l’Humanité, etc., dont il tentera de prendre les leviers de commande en leurrant ses concurrents »

pas une substitution, et «  Dieu est mort » cela sonne un peu comme Badiou : Dieu est mort sur La Croix , est ce à moi de le rappeler ?

Non, Dieu est la présence de l’unité dans une conscience, mais cette conscience est elle encore individuelle ou sociale ?

je ne pourrais répondre que si j’étais Dieu, c’est à dire cette conscience..

 

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