Marcel Grégoire : huit jours en Bretagne ( film amateur 1939)

 

 

Résumé :

Très beau film de vacances d’un touriste belge, M. Grégoire, et de sa famille qui fait un tour de la Bretagne un mois avant la déclaration de la deuxième guerre mondiale. Ils passent par le Mont-Saint-Michel, Cancale, St-Malo, Lamballe, St-Brieuc, Paimpol, Perros-Guirec, Ploumanac’h, Landerneau, La Roche Maurice, Le Relecq, la presqu’île de Crozon vue du Village de Kersigenou avec en arrière plan la pointe de Dinan. Tanage de voile à Morgat, visite des grottes (grotte de l’hotel) avec le chien, Trévezel, Douarnenez, église de Confort, Poulgoazec vue d’Audierne, la Pointe du Raz, Saint-Pierre-Quiberon, Carnac et Vannes.

Des images de ce film se retrouvent dans le film de Ruth Zylberman : « 1939, un dernier été »

»Comment entendre le bruit du temps ? »et » comment la reconnaît t’on, l’Histoire,  quand on est plongé dans la suite monotone des jours ? »

ce sont là deux interrogations de ce film qui nous habitent aussi !

Le roman «  Les irresponsables » d’Hermann Broch répond à la première dans son introduction, « La parabole de la voix » :

» Un jour, des disciples vinrent chez le célèbre rabbi Levi Bar Chemio qui vivait en Orient il y a plus de deux siècles «

Ils lui posent une question qui le met en rage :

»Rabbi, pourquoi le Seigneur parla t’il lors de la Création ? » , objectant que rien n’existait alors pour entendre sa voix, puisque justement il ne créa la lumière, les eaux, les étoiles et la terre qu’en élevant la voix.

Le sage rabbin leur répond courroucé d’aller se faire cuire un œuf :

»la voix du Seigneur est son Silence, sa vue est cécité,  son activité est repos. Rentrez chez vous et méditez »

bref l’union des contraires, que le rationalisme soutenu ici (celui de Brunschvig) répudie à juste raison car cela revient à soutenir deux affirmations opposées et donc à casser toute logique à cause du principe logique ECQ ( ex contradictione quodlibet ») : si une contradiction est vraie, on peut tout en déduire, donc tout est vrai. Pas très intéressant..

ils reviennent le voir plusieurs fois avec crainte et tremblement, et lui demandent de les mettre sur la voie, ce qu’il fait en leur donnant un indice :

»Pourquoi le Saint béni soit il a t’il mis 6 jours pour achever la création alors qu’il aurait pu l’accomplir en un clin d’oeil ? »

le problème du temps donc, qui se pose aussi bien aux mystiques qu’aux rationalistes…

Ils reviennent le voir une dernière fois :

» tu nous as mis sur la voie, et nous avons reconnu que le monde créé par Dieu existe dans le temps. C’est pourquoi la création a besoin d’un commencement et d’une fin, puisqu’elle appartient au créé. Mais pour qu’il y eût un commencement, il fallait que le Temps préexistât. Pour cela la présence des anges était nécessaire, pour parcourir le temps à tire d’ailes et le porter »

Le Maître semble satisfait, mais ils sont incapables de répondre à l’aporie sur la voix qu’ils avaient soulevé. Le Maître dit alors :

»Je vais vous donner la réponse, et elle sera brève : qu’est ce qui représente à la fois le silence et la voix ? Le temps !  Bien que nous soyons baignés dans ses flots, il est pour nous mutisme et silence . A mesure que s’écoule le temps, la voix des âges révolus accroît sa puissance, et, à la fin des temps, nous saisirons le commencement et entendrons l’appel de la création du monde «

Comment entendre donc la voix du temps ? Ce n’est possible en toute rigueur qu’à la fin des temps, lorsque  la physique mathématique remplace les livres «  sacrés » ..et il me semble, ou plutôt je me demande, si la découverte du Fonds diffus cosmologique ( « cosmic microwave background « ) n’est pas cela : entendre la voix du temps :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fond_diffus_cosmologique

 

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