Le grand effondrement

C’est maintenant que « Le camp des Saints » se passe !

Il est rare que les mouvements de foule spontanés ne soient pas, en fait, plus ou moins manipulés. Et l’on imagine aussitôt une sorte de chef d’orchestre tout-­puissant, grand manipulateur en chef tirant sur des milliers de ficelles dans tous les pays du monde et secondé par des solistes de génie. Il semblerait que rien n’est plus faux… Le monde semble soumis, non pas à un chef d’orchestre identifié, mais à une nouvelle bête apocalyptique, une sorte de monstre anonyme doué d’ubiquité et qui se serait juré, dans un premier temps, la destruction de l’Occident. La bête n’a pas de plan précis. Elle saisit les occasions qui s’offrent, la foule massée au bord du Gange n’étant que la dernière occasion en date et sans doute la plus riche de conséquences. Peut-être est-elle d’origine divine, plus certainement démoniaque? Ce phénomène peu vraisemblable, né il y a plus de deux siècles, a été analysé par Dostoïevski.

— Jean Raspail, Le Camp des Saints

C’est à dire qu’il ne s’agit pas d’un complot humain, mais de la Bête de l’Apocalypse.. dont l’évocation suscitera les fous rires aux cris de « complotisme «  chez nos modernes « intelligences »

Louis Ferdinand Céline évoque la Bête dans le Voyage :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/04/14/louis-ferdinand-celine-extraits-du-voyage-au-bout-de-la-nuit-1932/

«Cela commença vers 1900! C’est une date! À partir de cette époque, ce ne fut plus dans le monde en général et dans la psychiatrie en particulier qu’une course frénétique à qui deviendrait plus pervers, plus salace, plus original, plus dégoûtant, plus créateur, comme ils disent, que le petit copain!..une belle salade!.. ce fut à qui se vouerait au monstre le plus tôt possible, à la Bête sans cœur et sans retenue…

elle nous bouffera tous, la Bête , Ferdinand, c’est entendu et c’est bien fait! La bête ? Une grosse tête qui marche comme elle veut! Ses guerres et ses baves flamboient déjà vers nous et de toutes parts !… nous voici en plein déluge! Tout simplement ! Ah on s’ennuyait paraît il dans le conscient? On ne s’ennuiera plus ! On a commencé par s’enculer , pour changer.. et alors on s’est mis du coup à les éprouver, les “impressions” et les “intuitions”… comme les femmes »

la Bête c’est le côté infernal de l’intelligence

«possédés, vicieux, captieux et retors, ces favoris de la psychiatrie récente, à coups d’analyses super-conscientes, nous précipitent aux abîmes.. tout simplement aux abîmes! Un matin, si vous ne réagissez pas, vousles jeunes, Ferdinand, nous allons passer, comprenez moi bien, passer ! À force de nous étirer, de nous sublimer, de nous tracasser l’entendement,

de l’autre côté de l’intelligence, du côté infernal, celui là, du côté dont on ne revient pas !D’ailleurs on dirait qu’ils y sont enfermés, ces supermalins, dans la cave aux damnés, à force de se masturber la jugeote jour après nuit !

Je dis bien jour et nuit parce que vous savez Ferdinand, qu’ils n’arrêtent même plus la nuit de se forniquer à longueur de rêves ces salauds là ! C’est tout dire… et je te creuse! Et je te la dilaté la jugeote! Et je te me la tyrannise…
… on en a plein les mains, Ferdinand, de ce qui reste de l’esprit, on en est tout englué, grotesque, méprisant, puant . Tout va s’écrouler, Ferdinand, tout s’écroule, je vous le prédis, moi le vieux Baryton, et pour dans pas longtemps encore! Et vous verrez cela, vous, Ferdinand, l’immense débandade ! Parce que vous êtes jeune encore ! Vous la verrez! Ah je vous en promets des réjouissances ! Vous y passerez tous chez le voisin! Hop! D’un bon coup de délire en plus! Un de trop! Et groupe! En avant chez le Fou ! »

le relativisme de l’intelligence moderne est annoncé :

»D’abord, Ferdinand, tout n’arrive t’il pas à se valoir en présence d’une intelligence réellement moderne? Plus de blanc! Plus de noir non plus… tout s’effiloche..c’est le nouveau genre! C’est la mode! Pourquoi dès lors ne pas devenir fous nous mêmes ? Tout de suite! Pour commencer! Et nous en vanter encore! Proclamer la grande pagaille spirituelle ! Nous faire de la réclame avec notre démence ! Qui peut nous retenir? Je vous le demande Ferdinand ? Quelques suprêmes et superflus scrupules humains ? Quelles insipides timidités encore? Hein? Tenez, il m’ arrive, Ferdinand, quand j’écoute certains de nos confrères et ceux ci, remarquez le, parmi les plus estimés , les plus recherchés par la clientèle et les académies, de me demander où ils nous mènent !… c’estinfernal en vérité ! Ces forcenés me déroutent, m’angoissent, me diabolisentet surtout me dégoûtent ! Rien qu’à les entendre, nous rapporter au cours d’un de ces congrès modernes, les résultats de leurs recherches familières, je suis pris de blême panique Ferdinand! Ma raison me trahit rien qu’à les écouter »

ainsi que le délire des justiciers modernes , «  croisés de George Floyd et Adama Traoré :

»Rien n’est plus grave que la conviction exagérée.. j’en ai connu bon nombre, moi qui vous parle, Ferdinand, de ces sortes de convaincus, et de diverses provenances encore!ceux qui parlent de justice m’ont semblé en définitive être les plus enragés .. au début, ces justiciers m’ont un peu intéressé je le confesse.. à présent ils m’agace tu, ils m’irritent au possible, ces maniaques..n’est e point votre avis? On découvre chez les hommes je ne sais quelle facilité de transmission de ce côté qui l’épouvante, et chez tous les hommes ..m’entendez vous? Remarquez le Ferdinand! Chez tous! Comme pour l’alcool ou l’érotisme… même prédisposition.. même fatalité! Infiniment répandue.. vous rigolez Ferdinand ? Vous m’effrayez alors à votre Tour! Fragile ! Vulnérable! Inconsistant! Périlleux Ferdinand! Quand je pense que je vous croyais sérieux, moi…

donc le Grand Effondrement de l’Intelligence n’est pas issu d’un complot, même pas de Soros, il n’est rendu possible que par le passage de l’intelligence scientifique « de l’autre côté « , du côté infernal, vers 1900, lors de la naissance du freudisme, passage qui est la Bête de l’Apocalypse. Au même moment se situe l’émergence de la Relativité einsteinienne et des quantas, c’est à dire que deux voies sont proposées à l’humanité, comme à Israël dans le « Deutéronome « :

https://www.aelf.org/bible/Dt/1

« 01 VOICI LES PAROLES que Moïse adressa à tout Israël dans le désert, au-delà du Jourdain, dans la Araba, en face de Souf, – entre Parane, Tofel, Labane, Hacéroth et Di-Zahab.«

https://saintebible.com/deuteronomy/30-15.htm

»14C’est une chose, au contraire, qui est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton coeur, afin que tu la mettes en pratique. 15Vois, je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal. »

cette « chose qui est tout près de toi », c’est l’Immanence radicale, le plan internel, Dieu qui est « plus près de toi que ta veine jugulaire » ; Dieu, l’Idée de l’Un, n’est pas Transcendant, c’est l’Immanence Absolue, c’est la possibilité en l’homme de juger sainement :

« 7 Lorsque vous jugerez, vous n’agirez pas avec partialité : vous écouterez aussi bien le petit que le grand ; vous n’aurez peur de personne, car le jugement appartient à Dieu«

le jugement EST Dieu

dans le film « Faust » celui ci déclare : «  au commencement était le jugement «

https://hottandphilosophy.wordpress.com/2020/04/23/alexander-sokurov-faust-2011-vf/

Le côté infernal de l’Intelligence c’est la perversion du jugement : Dieu, l’Un, devient un Être suprême, Seigneur des Univers, Un Transcendant et non plus Immanent.

Marcel de Corte diagnostique fort justement que l’intelligence est en péril de mort :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/05/03/reedition-prochaine-de-lintelligence-en-peril-de-mort-de-marcel-de-corte/

Je continue cependant, loin de me convertir au thomisme, de m’inspirer de Brunschvicg, parce que c’est lui qui place au fondement de sa doctrine le jugement, donc l’intelligence non pervertie, pas la Bête :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/05/04/leon-brunschvicg-les-conditions-du-progres-spirituel-dans-la-theorie-de-la-relativite/

La voie de la Vie, c’est le progrès de la conscience, qui a pour condition la théorie einsteinienne de la Relativité :

»»Un trait fondamental est commun aux deux théories de la relativité, c’est qu’elles sont indivisiblement mathématiques et physiques, sans qu’on puisse indiquer ni à partir de quel point la raison et l’expérience auraient commencé de collaborer, ni à quel moment leur collaboration pourrait cesser. La géométrie est physique, autant que la physique est géométrie. Autrement dit, le caractère de la science einsteinienne est de ne pas comporter une phase de représentation imaginative, qui précéderait la phase proprement mathématique de la science. Il n’y a pas de phénomènes dont la détermination qualitative puisse suffire, abstraction faite de leurs coefficients numériques. Il n’y a pas non plus de loi, au sens où Newton formulait la loi newtonienne de la gravitation, c’est-à-dire d’énoncé général qui serait à considérer indépendamment de son application concrète et qui soulèverait par suite, au delà de cet énoncé, le problème de savoir quelle en est la causalité. Mais pas davantage non plus, il n’y a, donnée préalablement à l’opération expérimentale, une forme canonique de mesure qui prescrirait impérativement de procéder suivant telle ou telle voie, qui imposerait un type classique d’homogénéité spatiale ou d’uniformité temporelle. Il n’y a pas de contenant, défini en dehors du contenu. L’espace et le temps doivent être gagnés à la sueur de notre front. La continuité du labeur humain les tisse inséparablement l’un de l’autre ; et chaque progrès de ce travail heureux contribue à dessiner la structure de l’univers qui n’est autre, à vrai dire, que leur double et inextricable tissu. »

c’est à partir seulement de la Relativité que l’idéalisme brunschvicgien peut remplir sa tâche

«Il convient seulement de dire que l’idéalisme a une tâche à remplir, qui est de remporter la victoire sur lui-même, de franchir la distance entre la passivité, l’individualité, du Repræsento, et l’activité, l’universalité, du Cogito. »

distance qui est ce que j’appelle l’Ouvert, séparant plan vital et plan internel de l’Idée.

si l’humanité tourne le dos à la vie, et passe du côté infernal qui émerge avec le freudisme, alors c’est tout le délire floydien auquel nous avons assisté ces dernières semaines, si bien décrit et expliqué dans cet  article de Paul Craig Roberts :

***** https://leblogalupus.com/2020/06/21/george-floyd-na-pas-ete-tue-par-la-police-par-paul-craig-roberts/

Après l’épisode du #LancetGate, le propos de Brunschvicg qui sous tend les thèses de ce blog ne provoquera plus que moqueries :

«si les religions sont nées de l’homme, c’est à chaque instant qu’il lui faut échanger le Dieu de l’homo faber, le Dieu forgé par l’intelligence utilitaire, instrument vital, mensonge vital, tout au moins illusion systématique, pour le Dieu de l’homo sapiens, Dieu des philosophes et des savants, aperçu par la raison désintéressée, et dont aucune ombre ne peut venir qui se projette sur la joie de comprendre et d’aimer, qui menace d’en restreindre l’espérance et d’en limiter l’horizon.

 

Dieu difficile sans doute à gagner, encore plus difficile peut-être à conserver, mais qui du moins rendra tout facile. Comme chaque chose devient simple et transparente dès que nous avons triomphé de l’égoïsme inhérent à l’instinct naturel, que nous avons transporté dans tous les instants de notre existence cette attitude d’humilité sincère et scrupuleuse, de charité patiente et efficace, qui fait oublier au savant sa personnalité propre pour prendre part au travail de tous, pour ne songer qu’à enrichir le trésor commun ! »

et pourtant.. science sans conscience n’est que ruine de l’âme !

le délire de la Bête qui gagne l’Occident entier, qui s’identifie au « camp des Saints » est décrit fort justement par Paul Craig Roberts comme « refus des faits »:

»Les faits n’ont plus d’importance aux États-Unis ou dans le monde occidental. Les récits factuels qui ne satisfont pas les émotions éveillées sont rejetés comme étant racistes ou sexistes ou une autre forme de péché. En d’autres termes, la vérité en Amérique a perdu son pouvoir. Il n’est plus possible de combattre les idéologies destructrices par la vérité. Vous pouvez le tester vous-même. Essayez de convaincre CNN, le New York Times, NPR, un professeur gauchiste blanc, un membre d’Antifa ou un manifestant noir que George Floyd s’est suicidé en prenant une dose excessive d’un dangereux opiacé. Ils rejetteront le rapport de toxicologie comme une couverture de la violence policière raciste contre les noirs, et ils vous rejetteront comme un raciste de la suprématie blanche.

L’interprétation raciste de l’Amérique vise à susciter la colère chez les Noirs et la culpabilité chez les Blancs. À mesure que l’hostilité des Noirs augmente et que la confiance des Blancs diminue, la société s’effondre.

Comme je l’ai écrit, les États-Unis et l’ensemble du monde occidental vivent le Camp des Saints ».

Or quelle est la Science qui doit tenir compte des faits ?

c’est la physique, pas la science des Idées qu’est  la mathématique, pas la médecine ou la biologie, intéressée à protéger la continuité de la vie, pas les différentes pseudo- sciences de la Bête

Cependant , c’est l’émergence de la physique mathématique il y a quatre siècles que Brunschvicg appelait « déplacement dans l’axe de la vie religieuse « :

« Le fait décisif de l’histoire, ce serait donc, à nos yeux, le déplacement dans l’axe de la vie religieuse au XVIIe siècle, lorsque la physique mathématique, susceptible d’une vérification sans cesse plus scrupuleuse et plus heureuse, a remplacé une physique métaphysique qui était un tissu de dissertations abstraites et chimériques autour des croyances primitives.L’intelligence du spirituel à laquelle la discipline probe et stricte de l’analyse élève la philosophie, ne permet plus, désormais, l’imagination du surnaturel qui soutenait les dogmes formulés à partir d’un réalisme de la matière ou de la vie. L’hypothèse d’une transcendance spirituelle est manifestement contradictoire dans les termes ; le Dieu des êtres raisonnables ne saurait être, quelque part au delà de l’espace terrestre ou visible, quelque chose qui se représente par analogie avec l’artisan humain ou le père de famille. Étranger à toute forme d’extériorité, c’est dans la conscience seulement qu’il se découvre comme la racine des valeurs que toutes les consciences reconnaissent également. »

aujourd’hui l’urgence est là : il faut faire face au Grand Effondrement.

Reprendre donc le travail de la « topos physics », ou « Categorical physics », et «  Homotopy type theory »

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2020/04/15/hott-reprendre-letude-de-la-theorie-des-types-homotopiques-homotopy-type-theory-dans-la-perspective-de-lacces-a-labsolu/

 

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2020/04/19/hott-theorie-des-types-homotopiques-pour-corriger-la-vision-affectee-par-linterference-entre-theorie-des-ensembles-et-theorie-des-categories/

 

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