#CochetBrunschvicg2 immanence et transcendance

 

#CochetBrunschvicg2 cela veut dire que je passe une deuxième couche après l’étude, qui est d’ailleurs loin d’être terminée, du livre de Marie Anne Cochet « Commentaire sur la conversion spirituelle dans la philosophie de Léon Brunschvicg «  (1937) qui est à mon sens le meilleur essai inspiré par l’oeuvre brunschvicgienne.

Après l’atroce attentat de Conflans Ste Honorine :

https://ripostelaique.com/ibrahim-le-pere-de-zaina-et-le-ccif-ont-arme-le-bras-de-legorgeur-de-samuel-paty.html

https://ripostelaique.com/un-prof-decapite-a-cause-des-caricatures-de-mahomet.html

https://ripostelaique.com/ils-ont-decapite-le-prof-lynche-sur-une-video-macron-assassin-islam-assassin.html

C’est une urgence absolue de réfléchir sur ce thème car la guerre civile est désormais  à nos portes, et une telle éventualité se traduirait sans aucun doute par des millions de morts en France, des dizaines de millions à l’échelle de l’Europe.

Le livre de Melle Cochet oppose  l’Un immanent à l’Un transcendant , qui est le « Dieu unique » des religions abrahamiques qui depuis 2000 ans règne sur les consciences occidentales. L’identification de Dieu et de l’Un repose sur le verset du Deutéronome 6.4 appelé  «  Shma Israël «  :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Chema_Israël

Shemaʿ Yisrā’ēl YHWH elohénou YHWH eḥāḏ (« écoute Israël, l’Éternel [est] notre Dieu, l’Éternel [est] un »)

Commençons par noter que « un » cela ne signifie pas la même chose qu’ »unique » : «  il n’y a qu’une seule orange dans cette assiette » veut dire «  si l’on compte le nombre d’oranges, on arrive à 1 » et c’est la même chose que « cette orange est unique « . « Cette orange est une » par contre personne ne sait très bien ce que cela signifie : peut être que l’orange est entière, non coupée en morceaux . Passant aux Dieux, « il n’y a qu’un seul Dieu «  c’est la shahaddah, profession de foi, islamique, que prononce tout candidat à la conversion :

 » Ash- hadou alla ilah illa ‘llah oua  Muhammad rassoulou’llah « 

 ( j’atteste qu’il n’y a pas de divinité à part Allah et que Mahomet est le Prophète d’Allah )

si j’étais croyant je m’inquièterais de voir les dieux assimilés à un tas d’oranges, sans compter qu’un dieu personne n’en a jamais vu, ou alors avec une alcoolémie gravissime, et d’ailleurs s’il n’y a qu’un seul  Dieu  ( Allah veut dire « le Dieu «  ) quel sens y a t’il à dire «  l’ensemble des dieux est réduit à un seul élément » ? C’est quasi blasphématoire. Mais passons…

 »Allah est un » c’est autre chose c’est assuré par la sourate 112 « Le monothéisme pur « :

https://coran.oumma.com/sourate/112

Qul : « huwa Allah ahadun Allah assamadun »

Dis «  Lui Allah est Un, 

Allah, Le Seul à être imploré pour ce que nous désirons.« 

Lam yulid oua Lam yulad 

« Il n’a pas été engendré et n’a pas engendré « 

 oua Lam yakoun lahou  koufouan ahadun »

« et il n’y a pas un seul être égal à lui »

l’important est évidemment le premier verset  qui commence par un impératif :

Dis :  «  Allah est Un « 

de la forme donc D: P 

où P est la proposition «  Allah est Un » ou « Allah est l’Un »

Dans les Principia Mathematica , livre de Russell et Whitehead datant de 1910-1913 fondateur de la logique moderne: ( à ne pas confondre avec les Principia mathematica philosophiae naturalis de Newton, livre plus ancien mais tout aussi important )

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Principia_Mathematica

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2020/06/17/principia-mathematica-les-3-volumes/

*** https://lesharmoniesdelesprit.files.wordpress.com/2015/11/whiteheadrussell-principiamathematicavolumei.pdf

il faut distinguer en une proposition pure P et son assertion #P, c’est à dire l’affirmation que P est vraie

https://hottandphilosophy.wordpress.com/2020/06/17/la-preuve-que-112-dans-les-principia-mathematica/

par contre la forme de discours «  Dis P » est spécifique au Coran

On sait que j’admets ici la thèse de Gallez ( parce que c’est la théorie qui explique le plus de choses, selon le même critère d’évaluation que pour les théories scientifiques) selon laquelle le Coran a été écrit et donc l’islam créé par des scribes judéo- nazaréens :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Judéo-nazaréisme

Parmi lesquels le cousin de Khadidja, première épouse de Mahomet : Waraqa Ibn Nawfal

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Waraqa_ibn_Nawfal

Dans ce cadre explicatif, la sourate 112 signifierait :

« Dis « Dieu est Un » sans chercher plus loin parce que c’est ce qui est affirmé dans le « Sh’ma Israël «  au Deutéronome 6.4 de la Torah de nos Pères, qui étaient plus intelligents que nous et surtout que toi, petit musulman même pas juif »..

mais Allah est plus savant !

remaquons tout de même ce qui est un axiome ( donc devant être admis sans démonstration) de la moderne théorie des catégories, datant de 1945 : pour tout objet A  dans une catégorie, il existe un morphisme -identité :

1(A) : A ———-> A

qui fonctionne un peu comme si cela voulait dire : «  A est un « 

notons que parmi les objets naturels , aucun n’est Un, car il peut toujours être décomposé en parties : il n’y a donc que les objets de la théorie des catégories et Dieu qui puissent être dits « Un », du moins si l’on admet la sourate 112 ou le Sh’ma Israël ou les axiomes de la théorie des catégories 

Or nous sommes en démocratie et en climat laïque chacun est parfaitement libre de « croire ou de ne pas croire » ( dixit Macron) ou de ne pas faire de mathématiques des catégories ( ce qui est un peu plus problématique si l’on veut intégrer Polytechnique)

après ce préambule un peu long de théologie, je passerai aux choses sérieuses : le livre de Marie Anne Cochet :

il existe plusieurs articles du hashtag #CochetBrunschvicg intéressants au plan qui nous préoccupe ici :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/09/21/cochetbrunschvicg-3-les-deux-aspects-de-limmanence/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/06/25/cochetbrunschvicg-la-scienceinternelle-comme-connaissance-integrale-gnosis/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/07/29/cochetbrunschvicg-24-scienceinternelle-ni-monisme-ni-dualisme/

 

Ce dernier article contenant  le texte qui est au cœur même du sujet :

 »

Cette notion de vérité , acte de présentification en dehors duquel rien n’existe, ne doit pas rester confuse. Malgré le dédoublement qui résulte du passage du présent éternel au présent chronologique essentiellement fuyant, il ne s’agit pas d’un dualisme, car rien n’est séparé dans l’acte spirituel. Il ne s’agit pas non plus d’un monisme, la notion d’un tout accomplissant justement cet arrêt, qui trahit l’acte de l’esprit. Il s’agit d’une propagation de ce pouvoir unitif qui exprime seul le pouvoir d’actualisation, qui soutient le monde des corps et celui de la pensée. Il ne faut pas confondre ce pouvoir du lien, par lequel l’intelligence saisit les choses dans son double mouvement, d’abord en les attachant par une succession chronologique, ensuite en les intégrant toutes dans chacune de leurs articulations séparées , avec une procession de l’un vers le multiple et un retour du multiple vers l’un, selon le mode plotinien. Ceci pour deux raisons :
1 toute procession est chronologique et n’exprime que le terme médiat de l’esprit, son expression diminuée

2 l’un n’est pas transcendant, mais exprimé adéquatement par l’immanence ; c’est par elle qu’il est inséparable du réel, contenu en chacun de ses termes et les contenant tous, connus et inconnus. En vertu de la conception de la vérité telle que nous l’avons exposée et de la connaissance intégrale qui en résulte, la transcendance est ici absolument écartée. Car une Transcendance ne peut se poser que par un jugement ou une croyance affirmative. Mais un jugement de Transcendance seraittranscendant lui même à la chose jugée, qui dépendrait de lui . Et une affirmation la rendrait dépendante d’une croyance, sans vérification possible . La notion de foi exclut celle de vérité ; car une notion connue vraie n’est plus objet de foi et d’une notion mystérieuse, on ne peut savoir si elle est vraie ou fausse. C’est pourquoi les croyants ne peuvent affirmer leur foi que par le martyre, qui d’ailleurs ne prouve aucune vérité. C’est pourquoi Galilée n’avait pas besoin de mourir pour que sa science soit vraie.
L’immanence au contraire est vérifiée sitôt connue, puisqu’elle est l’acte même de présentification »

Mon commentaire :

 »

Pour récapituler : le dualisme ce serait que la dualité entre monde et Esprit , entre plan vital et plan de l’Idée, soit irréconciliable . Cela revient à nier le pouvoir unificateur et ordonnateur de l’esprit , dans son activité libre et son résultat le plus récent et le plus élevé : la science. Cela revient à l’athéisme et au désespoir contemporain, par désorientation de la pensée. Entendons nous : l’athéisme dont je parle ne consiste pas à nier l’existence du Dieu , ou des dieux, des religions existantes ou ayant existé . Cela consiste à nier la capacité de l’intelligence à comprendre et ordonner le monde, à nier la capacité d’unification de l’esprit.

Mais on ne peut unifier que le multiple . Le monisme ce serait de décréter que « Tout est Un «  ( « Εν το Παν« ) sans que l’esprit  ait à intervenir dans son libre jeu. Ou bien de décréter que le travail spirituel d’unification s’arrête en un Tout, que la succession chronologique stoppe en un point « 

«

Ni l’un ni l’autre n’est vrai. L’Un est immanence radicale à l’esprit humain , qui est unification , pouvoir d’ordonner le multiple. Le multiple c’est le monde, le plan vital , qui est fini (l’Infini, c’est Dieu, c’est l’esprit) mais inépuisable, ce qui veut dire que l’activité spirituelle ne s’arrête jamais : il y a toujours du multiple à unifier . Que le monde soit fini signifie qu’il ne peut pas contenter l’esprit de l’homme:

Fini mais inépuisable« 

 

mais pourquoi l’un est il l’objet le plus haut à chercher ? Parce que l’essence de l’esprit est d’établir des rapports, d’unifier le chaos du multiple 

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/06/22/individuation-universel-et-liberte-le-manifeste-pour-lautonomie-dandre-simha/

«

Il n’y a rien à chercher dans l’esprit au delà de l’unité”
“C’est le fondement infondé de l’esprit : celui ci n’a pas à chercher la raison de sa volonté d’unité , il est unification”

c’est pour cela qu’il n’y a rien à chercher par delà l’un, et il est donc justifié d’identifier Un et Dieu qui sont deux Idées :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/04/16/scienceinternelle-19-recherches-sur-lidee-de-dieu-qui-est-dieu-∞-categorie-des-∞-categories/

Mais imaginer un Dieu qui est , et qui est créateur du monde, c’est là le péché de la Torah , qui s’appelle chez Marie Anne Cochet Un Transcendant, qui est en outre une impossibilité logique car le Transcendant est l’Autre or l’Un n’a par définition pas d’Autre, d’extérieur.

l’un est exprimé adéquatement par l’immanence , ce qui est traduit dans La terminologie de ce blog par : l’Un est une Idée Intelligible, mathématique Idée qui assure l’unité des Idées  :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/04/16/scienceinternelle-19-recherches-sur-lidee-de-dieu-qui-est-dieu-∞-categorie-des-∞-categories/

Dans la version la plus perfectionnée de la Science, ∞-catégorique, l’Idée de Dieu , Idée des Idées (qui sont les ∞-catégories) est l’∞-catégorie de toutes les ∞-catégories , notée :

(∞,1)Cat

 

 

 

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