#Galilée, Kepler,#Copernic

En tête de ce blog figure le portrait de ces trois hommes européens d’exception, Galilée, Kepler, Copernic qui avec leur ancêtre spirituel Thalès de Milet et avec leur contemporain philosophe Descartes, ont définitivement permis à l’humanité de sortir de l’ornière naturaliste du plan vital et des cultes tribaux et l’ont orientée sur la voie qui mène au plan spirituel, véritable séjour de l’humain, symbolisé dans la Bible par la “Terre promise” Israel, alors que le plan vital est symbolisé par l’esclavage en Égypte.

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Voici ce que dit Léon Brunschvicg de la rénovation scientifique, philosophique et religieuse dont nous sommes redevables à ces trois hommes européens et chrétiens :

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/2012/09/11/la-querelle-de-latheisme-de-brunschvicg/

“Le développement de la méthode rationnelle ne ruine-t-il pas le postulat dogmatique auquel se réfèrent à la fois les thèses naturalistes et les antithèses supernaturalistes ? Il est clair que la matière, supposée en soi, se résout nécessairement en éléments multiples dont chacun, en vertu de l’extériorité qui lui est essentielle, exclut l’existence de tout autre élément : le réalisme épuise donc ses ressources dans la définition d’un point unique, d’un atome absolu….

En revanche, si l’univers, inorganique ou organique, existe en tant que tel, c’est grâce à l’activité une et indivisible d’une pensée qui, par la combinaison du calcul, et de l’expérience, a su coordonner à l’infini les mouvements des choses et les événements de la vie. La science accomplit la nature ; et, par là même, elle donne à l’homme conscience d’une aptitude à la vérité universelle où il nous paraît bien difficile de ne pas apercevoir la vocation de l’esprit….

…Le fait décisif de l’histoire, ce serait donc, à nos yeux, le déplacement dans l’axe de la vie religieuse au XVIIesiècle, lorsque la physique mathématique, susceptible d’une vérification sans cesse plus scrupuleuse et plus heureuse, a remplacé une physique métaphysique qui était un tissu de dissertations abstraites et chimériques autour des croyances primitives. L’intelligence du spirituel à laquelle la discipline probe et stricte de l’analyse élève la philosophie, ne permet plus, désormais, l’imagination du surnaturel qui soutenait les dogmes formulés à partir d’un réalisme de la matière ou de la vie.L’hypothèse d’une transcendance spirituelle est manifestement contradictoire dans les termes ; le Dieu des êtres raisonnables ne saurait être, quelque part au delà de l’espace terrestre ou visible, quelque chose qui se représente par analogie avec l’artisan humain ou le père de famille. Étranger à toute forme d’extériorité, c’est dans la conscience seulement qu’il se découvre comme la racine des valeurs que toutes les consciences reconnaissent également. À ce principe de communion les propositions successivement mises au jour et démontrées par les générations doivent leur caractère intrinsèque de vérités objectives et éternelles, de même qu’il fonde en chacun de nous cette caritas humani generis, sans qui rien ne s’expliquerait des sentiments et des actes par lesquels l’individu s’arrache à l’égoïsme de la nature. Ce Dieu, il faudra donc l’appeler le Verbe, à la condition que nous sachions entendre par là le Verbum ratio (λόγος ἐνδιάθετος) dont le Verbum oratio (λόγος προφορικὸς) est la négation bien plutôt que le complément, avec tout ce qui, par l’extériorité du langage à la pensée, s’est introduit dans les cultes populaires : mythes de révélations locales et de métamorphoses miraculeuses, symboles de finalité anthropomorphique.”

Le “réalisme de la matière et de la vie” qui condamnait les peuples primitifs à stagner dans le plan vital, gouverné par l’animalité de l’instinct, propre aux

sociétés et civilisations inférieures (non européennes)

ne permet pas d’obtenir une vision juste du plan spirituel, parce qu’il le considère selon l’hypothèse manifestement contradictoire d’une Transcendance spirituelle, alors que l’Esprit, comme l’a démontré Descartes, est immanence radicale et certitude absolue. Ce qui conduit Brunschvicg à affirmer, opposant ainsiplan spirituel et plan vital (dont les religions instituées demeurent prisonnières à cause de leur mauvaise compréhension du sens de leurs Livres fondateurs et aussi parce qu’elle sont toutes nées avant que la Science moderne européenne ne permette aux humains d’envisager de manière juste le plan spirituel):

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/quelques-citations-eparses-de-brunschvicg-particulierement-eclairantes-voire-illuminatrices/

le propre de l’esprit est de s’apparaitre à lui même dans la certitude d’une lumière croissante, tandis que la vie est essentiellement menace et ambiguïté. Ce qui la définit c’est la succession fatale de la génération et de la corruption. Voilà pourquoi les religions, établies sur le plan vital, ont beau condamner le manichéisme, il demeure à la base de leur représentation dogmatique… ce qui est constitutif de l’esprit est l’unité d’un progrès par l’accumulation unilinéaire de vérités toujours positives. L’alternative insoluble de l’optimisme et du pessimisme ne concernera jamais que le centre vital d’intérêt; nous pouvons être et à bon droit inquiets en ce qui nous concerne de notre rapport à l’esprit, mais non inquiets de l’esprit lui même que ne sauraient affecter les défaillances et les échecs, les repentirs et les régressions d’un individu, ou d’une race, ou d’une planète.

Ces propos sont bien proches de ceux de Rudolf Steiner en 1886, avant la catastrophe en 1900 de la naissance de l’anthroposophie, qui n’est rien d’autre qu’une infection de la doctrine scientifique de “La philosophie de la liberté” en 1894 par les idées occultistes et orientales de la théosophie de H P Blavatsky , voir:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/06/17/rudolf-steiner-credo-1888-le-monde-des-idees-est-la-source-mere-et-le-principe-de-toute-existence/

Et ici le texte de “La philosophie de la liberté”, “résultats de l’expérience intérieure conduite selon les méthodes des sciences de la nature »:

http://anthroposophie.doc.pagesperso-orange.fr/pdf/PhiloLib_RS_GC_1923.pdf

Et voici ce que dit Rudolf Steiner en 1886 dans “La Nature et nos idéaux” page 8 et suivantes de ce lien pdf:

http://www.editions-triades.com/IMG/pdf/morale_liberte.pdf

“Certes ils sont révolus, ces temps où un optimisme facile et insipide, qui consiste à croire en notre filiation divine, détournait l’homme de cette fracture entre nature et esprit..

Nos idéaux ne sont plus assez insipides pour que nous nous satisfassions de cette réalité souvent si creuse et inconsistante. pourtant je ne puis croire qu’il n’existe aucune réponse au pessimisme profond qui résulte de cette connaissance…

Nous devrions pourtant finir par admettre qu’un être qui se connaît lui même ne peut qu’être libre! Quand nous recherchons les lois éternelles de la Nature, nous dégageons d’elle la substance qui est à la base de ses manifestations .Nous voyons le tissu étroit des lois régner sur les choses et cela produit la nécessité. Nous avons par notre acte de connaissance le pouvoir de dégager des objets naturels leurs lois intrinsèques et nous devrions cependant etre les esclaves dociles de ces lois? Les objets naturels ne sont pas libres parce qu’ils ne connaissent rien des lois, parce qu’ils sont régis par elles sans rien en savoir.Mais qui donc pourrait nous les imposer, dès lors que nous les pénétrons spirituellement ? Un être connaissant ne peut qu’être libre, il convertit les lois en idéaux, puis se les donne comme lois propres.
Nous devrions finir par admettre que ce Dieu, qu’une humanité qui appartient au passé imaginait au dessus des nuages , réside dans notre cœur et notre esprit. Dans un complet dépouillement de soi, il s’est totalement déversé dans l’humanité. Il n’a rien conservé qu’il puisse encore vouloir pour lui même car il voulait une descendance qui regne librement sur elle même. Il s’est répandu dans le monde. La volonté des hommes est sa volonté, les buts des hommes sont ses buts”

Donc Rudolf Steiner en 1886 comme Léon Brunschvicg en 1928 affirme que la science est la connaissance qui libère tout autant que la connaissance qui apporte un “profond pessimisme”, qui de nos jours résulte en désespoir et nihilisme occidental, qui provoque la vague terrifiante de conversions de jeunes européen(ne)s et de départs pour la Syrie et qui fait la fortune de cette secte sanguinaire , semblable au nazisme, qu’est l’Islam. Mais comme le dit Brunschvicg le pessimisme ne concerne que le plan vital qui est fini et de valeur nulle relativement au plan spirituel de l’Idée :

L’alternative insoluble de l’optimisme et du pessimisme ne concernera jamais que le centre vital d’intérêt

La science libère parce qu’elle permet l’orientation de l’âme humaine vers le plan spirituel comte tenu de ceci :

la physique mathématique, susceptible d’une vérification sans cesse plus scrupuleuse et plus heureuse, a remplacé une physique métaphysique qui était un tissu de dissertations abstraites et chimériques autour des croyances primitives.L’intelligence du spirituel à laquelle la discipline probe et stricte de l’analyse élève la philosophie, ne permet plus, désormais, l’imagination du surnaturel qui soutenait les dogmes formulés à partir d’un réalisme de la matière ou de la vie.
Voilà pourquoi Galilée, Kepler, et Copernic (le premier du point de vue historique) , parce qu’ils ont rendu possible la révolution cartésienne, sont les trois plus grands héros spirituels de l’Europe, phare de l’humanité ( du moins jusqu’à l’apparition de la télévision et de Mai 1968):

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/raison_et_religion/raison_et_religion_intro.html

“la séparation et l’inimitié des Églises qui se réclament d’un même Christ sont d’autant plus amèrement ressenties qu’on est soi-même plus étranger au particularisme des symboles et des rites par lequel s’est si souvent exaspérée la concurrence des confessions voisines. L’apparence d’absolu que chaque groupe de croyants confère à sa profession de foi et qu’il soutient avec âpreté, n’est-elle pas le signe le plus certain de sa relativité ?

De ce point de vue il apparaîtra singulièrement touchant que les Églises chrétiennes donnent l’exemple d’une sorte de Société des Religions, où soit consacré définitivement et mis en pratique le principe de la liberté de conscience. Mais, si la considération de l’avenir est l’essentiel de notre problème, nous ne pouvons pas en demeurer là. Vérité, c’est unité. Il ne suffit pas d’assurer le statut juridique de la personne et qu’il soit permis à chacun de rester, suivant le mot de Descartes où l’on a vainement voulu voir un soupçon d’ironie, fidèle à la religion de sa nourrice [15]. L’adage renouvelé des Anciens [16] qui a conjuré pour un temps les ravages des guerres de religion : Cujus regio, ejus religio, est d’allure sceptique autant que d’allure pacifique. Plaisante religion, faudrait-il dire dans le style de Pascal, qu’une rivière borne, qu’un iota délimite.

Mais c’est ici que Descartes intervient pour se répondre à lui-même. Le Discours de la méthode, qui marque dans l’histoire de l’esprit humain la ligne de partage des temps, est un traité de la seconde naissance, non plus du tout le rite de passage, la cérémonie d’initiation, qui voue l’enfant à l’idole de la tribu, mais bien l’effort viril qui l’arrache au préjugé des représentations collectives, à la tyrannie des apparences immédiates, qui lui ouvre l’accès d’une vérité susceptible de se développer sous le double contrôle de la raison et de l’expérience. Or, comment demeurer scrupuleusement et sincèrement fidèle au service unique de la vérité si l’on a d’avance entravé sa destinée par un engagement qui lie l’avenir au passé, c’est-à-dire qui détruit l’avenir en tant qu’avenir ? Aussi bien Descartes en a eu le sentiment clair et distinct lorsqu’il déclare « mettre entre les excès toutes les promesses par lesquelles on retranche quelque chose de sa liberté. Non que je désapprouvasse les lois qui, pour remédier à l’inconstance des esprits faibles, permettent, lorsqu’on a quelque bon dessein, ou même, pour la sûreté du commerce, quelque dessein qui n’est qu’indifférent, qu’on fasse des vœux ou des contrats qui obligent à y persévérer ; mais, à cause que je ne voyais au monde aucune chose qui demeurât toujours en même état, et que, pour mon particulier, je me promettais de perfectionner de plus en plus mes jugements, et non point de les rendre pires, j’eusse pensé commettre une grande faute contre le bon sens, si, pour ce que j’approuvais alors quelque chose, je me fusse obligé de la prendre pour bonne encore après, lorsqu’elle aurait peut-être cessé de l’être, ou que j’aurais cessé de l’estimer telle » [17]. Et sur ce point capital il est remarquable que Pascal rejoigne Descartes : « C’est le consentement de vous à vous-même, et la voix constante de votre raison, et non des autres, qui vous doit faire croire » ”
Oui, Descartes, ou plutôt le cartésianisme, est bien la ligne de partage, ou ligne de démarcation des Temps:

https://renatuscartesiusmathesisuniversalis.wordpress.com/descartes-la-ligne-de-demarcation-des-temps/

frontière qui n’a pu être établie que grâce à Galilée, Kepler, et Copernic.

Et l’homme occidental, tête de pont de l’humanité en marche vers le plan spirituel, celui qui “enveloppe l’humanité dans son idéal de réflexion intellectuelle et d’unité morale” , s’il est l’homme suivant Descartes et suivant Socrate (ou Platon) , est aussi l’homme suivant Galilée, Kepler et Copernic

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/about/

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