Claude Lelouch : «  Un homme et une femme » (1966) et « Un homme et une femme 20 ans déjà « (1986)

Pour voir « Un homme et une femme » film sorti  en 1966:

https://m.ok.ru/video/9126707475

ou

https://m.ok.ru/dk?st.cmd=movieLayer&st.discId=90184288955&st.retLoc=default&st.discType=MOVIE&st.mvId=90184288955&st.stpos=rec_1&_prevCmd=movieLayer&tkn=4987#lst#

J’y ajoute  un des plus beaux passages à mon avis, la «  samba Saravah «  chantée par Pierre Barouh, son prénom Elie a été changé pour le protéger des persécutions raciales après 1940 :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pierre_Barouh

Et la même au soir de sa vie ( puisque le thème privilégié de la série , très juif, comme d’ailleurs l’oeuvre de Lelouch, est le temps qui passe, en hébreu עת, si proche de את, Eth l’un des mots les plus importants de la langue biblique puisqu’il introduit le complément d’objet direct, et qui ne diffère du mot désignant le temps que par la lettre Aleph remplaçant la lettre Ayin = source, œil; de plus Eth = Aleph+ Tav est formé de la première et de la dernière lettre de l’alphabet, qu’il englobe donc en quelque sorte )

 

Sa dernière interview, où il rappelle que sur son premier passeport il avait écrit « promeneur » en face de « Profession : », et au fond, être promeneur, n’est ce pas être habile à surfer sur le temps qui passe?   Il précise aussi qu’il ne croit pas en la liberté.. peut être parce que là encore la notion généralement attachée au mot ( être libre de faire ce que l’on veut ) ne correspond pas à l’Idée ( être libre pour, plutôt que libre de)

 

 

Pour voir le second film «  Un homme et une femme vingt ans déjà » , sorti en mai 1986 :

https://m.ok.ru/video/289983892046

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Un_homme_et_une_femme_:_Vingt_ans_déjà

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J’admire l’art de Claude Lelouch de raconter des histoires, mais il m’énerve parfois (souvent)  quand il « fait du Lelouch » et là c’est flagrant dans le second film, de 1986 avec cette façon de faire jouer des « people », comme Patrick Poivre d’Arvor, Robert Hossein, Richard Berry ( qui il est vrai est acteur, comme Hossein d’ailleurs, qu’y a t’il d’étonnant à ce que des acteurs jouent dans un film?), Thierry Sabine dont c’était les derniers mois de vie, avant qu’il trouve la mort en hélicoptère sur le Paris- Dakar en janvier 1986, avant la sortie du film en Mai 1986 ( le 13 mai, comme le 13 mai 58, ou 68.. se prendrait il pour De Gaulle ou Cohn Bendit ? Il en est bien capable !)

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Un_homme_et_une_femme_:_Vingt_ans_déjà

et l’on sait le rôle que joue le nombre 13 chez Lelouch :

https://www.ina.fr/audio/PHD95007640

13 qui est la guématrie du mot hébreu signifiant AMOUR  :

אהבה = amour= 1+5+2+5= 13

cela vaut bien toutes les superstitions

Une autre manière de « faire du Lelouch » ( et qui d’autre que Lelouch pourrait « faire du Lelouch » ?) qui m’énerve prodigieusement , c’est ce petit film «  C’était un rendez vous » tourné en 1976 au petit matin à 200 km/ h dans les rue de Paris :

Pour un rendez vous amoureux avec une femme , bien sûr…

Les circonstances de la mort de Thierry Sabine avec Daniel Balavoine et tous les autres passagers de l’hélicoptère sont racontées  ici :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Thierry_Sabine

Il y a quand même ici un croisement médiatique spectaculaire ( au sens de Debord ) avec l’actualité, puisqu’une longue partie du film (la meilleure à mon sens) décrit la reconnaissance du parcours du Dakar par Thierry Sabine et Jean- Louis Duroc , ces scènes ont dû être tournées en 1985,  avant l’accident début janvier 1986, et ces images sont évidemment émouvantes.

Le premier film, qui a rendu Lelouch célèbre, est sorti en 1966 et a attiré beaucoup de spectateurs, à l’époque j’avais 13 ans et me préparais , sans m’en douter, à entrer dans la période du malheur absolu, qui met fin à l’âge d’or de l’enfance . Je me souviens bien de la publicité (méritée ) faite au film dans la presse et les médias, tout le monde en parlait, un tel phénomène n’aurait pas pu se produire 10 ou 20 ans avant, car il n’y avait pas encore la télévision, ou pas avec une telle extension .

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Un_homme_et_une_femme

C’est donc une série de films, qui continue en 2019 avec « Les plus belles  années d’une vie «

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Les_Plus_Belles_Années_d%27une_vie

 

qui pourrait avoir pour titre «  50 ans déjà « , portant sur le temps , sur « la force du temps » selon les termes de Lelouch lui même. Sur la force ( autonome) de l’amour aussi, puisque la chanson qui accompagne le désastre sentimental à la fin ( les deux personnages font l’amour et Anne n’arrive pas à jouir, disons le crûment) dit «  l’amour nous a vaincus «;

oui, je dirais que le thème de la série, c’est tout à la fois le temps, l’amour et la mort , qui n’est jamais nommée mais apparaît en filigrane , notamment dans le premier film où Jean- Louis et Anne sont tous deux veufs. Il s’agit ici du temps vital, qui comme l’amour au sens d’Eros est largement une illusion… vitale justement , que l’on m’excuse de faire une fois de plus ma propagande « spirituelle «  , mais après tout c’est mon blog :

»Nous nous affranchirons du temps simplement vital, dans la mesure où nous en découvrirons la racine intemporelle. La vie, nous savons trop qu’elle est sans pitié pour les vivants. Elle peut se définir comme l’ensemble des forces qui résistent à la mort….. jusqu’à l’inévitable dénouement qui la révèle comme l’ensemble des forces qui acheminent à la mort…..   »

»Le problème est dans le passage , non d’aujourd’hui à demain, mais du présent temporel au présent éternel. Une philosophie de la conscience pure, telle que le traité de Spinoza « De intellectus emendatione » , en a dégagé la méthode, n’a rien à espérer de la vie, à craindre de la mort. L’angoisse de disparaitre un jour, qui domine une métaphysique de la vie, est sur un plan; la certitude d’évidence qu’apporte avec elle l’intelligence de l’idée, est sur un autre plan«

On sent bien ici , malgré l’attitude bravache de Lelouch qui , reconnaissons le, a eu le courage de faire le troisième film , «  l’angoisse  de disparaître un jour » , jour qui ne saurait maintenant tarder. Et le seul antidote est pour la conscience de s’établir sur l’autre plan, le plan internel, celui de « la certitude d’évidence qu’apporte avec elle l’intelligence de l’idée » 

alors que l’amour érotique est par excellence le domaine de la pensée confuse et donc de l’incertitude, c’est bien la raison pour laquelle les amants réclament sans cesse des « preuves d’amour » voire demandent au temps impitoyable de « suspendre son vol » comme dans le poème célèbre :

https://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/alphonse_de_lamartine/le_lac

« Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges
Jeter l’ancre un seul jour ?

Ô lac ! l’année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu’elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s’asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l’écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m’est chère
Laissa tomber ces mots :

” Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

” Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

” Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m’échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l’aurore
Va dissiper la nuit.

” Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! ”

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d’ivresse,
Où l’amour à longs flots nous verse le bonheur,
S’envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n’en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?«

Seulement, si l’orgasme aboutissait à la « certitude d’évidence  qu’apporte l’intelligence de l’idée «  ça se saurait » depuis le temps.. les vers de Lamartine sont d’une beauté radieuse , mais si désespérants, on y voit un frère humain se détourner de la seule voie qui pourrait satisfaire son attente et continuer dans la voie vitale sans issue :

” Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! ”

On  appelle ça, si je ne m’abuse « boire la coupe jusqu’à la lie «

Au total : tout ça pour ça ? (Autre film de Lelouch).. et encore n’ai je pas mis le troisième film, de 2019, « 50 ans déjà »  car je ne l’ai pas trouvé en streaming gratuit… mais je me débrouillerai pour le voir, promis juré, et je pleurerai comme une midinette en le voyant, je ne suis pas une brute  quand même !

ce qui résume cette série de films très talentueux, je n’en disconviens pas, n’est ce pas le film tourné à toute vitesse en 1976 » c’était un rendez vous « ?

Un peu comme le train lancé dans la nuit à une vitesse vertigineuse à la fin de « La mort dans l’âme » de Sartre, qui symbolise la civilisation humaine lancée   vers le néant qui s’étourdit  de vitesse pour oublier..

et puisque nous sommes dans Sartre,  comment ne pas se remémorer la fin de « L’être et le néant » où il décrit ainsi « toute réalité humaine  «  et l’amour-passion n’est il pas une réalité humaine ?

« toute réalité humaine est une passion, en ce qu’elle projette de se perdre pour fonder l’être et constituer du même coup l’En- Soi, qui échappe à toute contingence en étant son propre fondement, l’Ens Causa Sui que les religions nomment « Dieu ». Ainsi la passion de l’homme est elle inverse de celle du Christ, car l’homme se perd en tant qu’homme pour que Dieu naisse.

Mais l’idée de Dieu est contradictoire et nous nous perdons en vain.

L’homme est une passion inutile » 

https://leonbrunschvicg.files.wordpress.com/2015/12/31516930-j-p-sartre-l-etre-et-le-neant.pdf

Là encore : tout ça pour ça ?

Mais l’histoire de la philosophie ne s’arrête pas à Sartre, qui est indigne de lacer la chaussure de son professeur à Normale Léon Brunschvicg, qu’il méprisait ( « chien de garde de la bourgeoisie ») mais auquel il n’arrivait pas à la cheville..

Car la contradiction dans l’idée de Dieu est celle entre Être et Un : enlevez l’être et il ne reste plus aucune contradiction . Dans l’Un, plus de finalité et l’homme n’a pas à se perdre pour que Dieu naisse. Dieu est l’idée de l’Un, unité en acte des idées. Et l’amour-passion, dont Sartre fait plusieurs  analyses , n’est il pas la version dans la dialectique de l’être d’Amor Dei Intellectualis dans la dialectique de l’un ?

L’amour consiste à « faire du deux un ». Mais sera -ce l’union des corps, qui résulte en un corps unique, celui de l’enfant né de cette union, ou bien l’union d’esprit à esprit, décrite ainsi dans « Raison et religion «   :

« pour accomplir l’Évangile, il faut aller jusqu’à la parole de charité, non plus qui pardonne, mais qui n’a rien à pardonner, rien même à oublier : Qui est contre moi est encore avec moi. Et celui-là seul est digne de la prononcer, qui aura su apercevoir, dans l’expansion infinie de l’intelligence et l’absolu désintéressement de l’amour, l’unique vérité dont Dieu ait à nous instruire.« 

faire de l’expansion infinie de l’intelligence et de l’absolu désintéressement de l’amour une unique vérité divine, c’est cela : faire du deux un, Amor Dei intellectualis, l’amour qui est unité en acte, l’amour dans la dialectique de l’un, ce qui permet de regarder l’amour terrestre, Eros, sans l’ angoisse qui suinte, quoiqu’on en dise, des films d’amour.

 

 

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Arthur Jensen ( c’est à dire Georges Soros dans « Network »), Emmanuel Macron, Alain Badiou et Henosophia TOPOSOPHIA μαθεσις uni√ersalis τοποσοφια MATHESIS οντοποσοφια ενοσοφια


Arthur Jensen est ce personnage du film « Network » de Sidney Lumet sorti en 1976, après la déroute du Vietnam, et le Watergate, qui tient un discours terrifiant à Howard Beale, le présentateur du JT fou ( ou roublard) qu’il choisit pour « prêcher cet évangile » à l’antenne :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2020/03/21/le-discours-darthur-jensen-dans-network-de-sidney-lumet-1976-theworld-is-a-business/

«Vous vous êtes immiscé dans les forces fondamentales de la nature, Monsieur Beale. […] Vous croyez avoir fait capoter une opération financière ? Il n’est en rien ! Les Arabes ont sorti des milliards de dollars de notre pays et il faut maintenant qu’ils les rapatrient. C’est le flux et le reflux, l’énergie marémotrice, c’est l’écologie, la pyramide. Vous êtes un dinosaure qui pense en termes de nations et de peuples. Il n’y a pas de nations. Il n’y a pas de peuples. Il n’y a pas de Russes. Il n’y a pas d’Arabes. Il n’y a pas de tiers-monde. Il n’y a pas d’Occident. Il n’y a qu’un seul, unique, sacro-saint système de systèmes ; une vaste et immanente série d’interactions et d’entrelacs à multivariations multinationales. La domination par le dollar ! Pétrodollars, électro-dollars, multi-dollars, reichsmarks, rands, roubles… l’argent ! À l’échelon international, c’est le système de la devise qui détermine et régit l’influx de vie sur cette planète. Voilà ce qu’est l’ordre des choses aujourd’hui. Et c’est ça, la structure atomique et subatomique, la constitution cosmique des forces d’aujourd’hui.  Et vous avez modifié les forces fondamentales de la nature. Et vous allez expier ! […] Il n’y a pas d’Amérique ; il n’y a pas de démocratie. Il y a seulement IBM et ITT, et AT&T, et Dupont, Dow, Union Carbide et Exxon. Ce sont les nations du monde d’aujourd’hui. De quoi croyez-vous que parlent les Russes en Conseil d’État ? De Karl Marx ? Ils alignent les graphiques de programmation, leurs décisions statistiques, leurs mini-maxi fourchettes, leur rentabilité par probabilité, leur calcul de rapport d’investissement… Ils font comme nous. Nous ne vivons plus dans un monde de nations et d’idéologie, Monsieur Beale. Le monde est un saint collège de corporations, inexorablement déterminé par les immuables cases des affaires. Le monde est une affaire. Il l’est depuis que l’homme a rampé hors du limon originel. Et nos petits enfants vont vivre, Monsieur Beale, vivre et voir ce monde parfait où il n’y aura ni guerre, ni famine, oppression ou brutalité. Ce sera un vaste holding œcuménique où chaque homme travaillera au service du profit commun. Un monde nouveau où chacun détiendra sa part d’actions. Tous les besoins seront pourvus ; toutes les anxiétés tranquillisées, et le mal de vivre effacé. »

»ce monde parfait «  c’est le nôtre ! Cette prédiction faite en 1976 s’adresse à nous et vise à décrire le « monde qui vient », le « nouveau monde » remplaçant le « vieux monde » ! Difficile de ne pas reconnaître ici le  discours macroniste, même si je pense que Soros « colle »  parfaitement au personnage imaginé par Sidney Lumet. C’est ça le macronisme : un affairisme généralisé, qui est d’ailleurs celui des ministres ou des députains LREM :

https://ripostelaique.com/agnes-pannier-et-aurore-berge-deux-creatures-lrem-en-guerre-contre-le-peuple.html

https://ripostelaique.com/conflits-dinterets-chez-macron-appelez-la-agnes-buzyness.html

https://ripostelaique.com/600-medecins-portent-plainte-contre-edouard-philippe-et-agnes-buzyn.html

https://ripostelaique.com/le-discours-haineux-du-macrono-affairiste-marcel-ichou.html

 

https://ripostelaique.com/michel-cymes-passe-sa-vie-a-degommer-raoult-sur-les-plateaux-il-soigne-quand.html

https://ripostelaique.com/virus-trillet-lenoir-medecin-lrem-haineuse-accusait-marine-de-mentir.html

Seulement, la crise actuelle révèle le vrai visage génocidaire de cette idéologie : et si jamais l’humanité existe encore à la fin de l’année, les comptes devront se régler, comme après la deuxième guerre mondiale :

https://ripostelaique.com/covid-19-les-responsables-de-cette-incurie-devront-rendre-des-comptes.html

https://ripostelaique.com/legitime-defense-contre-le-criminel-macron-et-ses-genocidaires.html

La devise du macronisme pourrait être celle d’Arthur Jensen : » le monde est une affaire », comme « un pays doit être gouverné comme une entreprise «  ou « la France est la start-up  Nation ». Une start-up nation qui n’est même pas capable de fournir à sa population les masques et les tests requis par la situation tragique actuelle… visiblement le PDG et son « staff » ne sont pas à la hauteur !

Je trouve d’ailleurs Badiou , qui avait publié « De quoi Sarkozy est il le nom ? «  qui affirmait , fort justement d’ailleurs,  que « le sarkozysme est un  pétainisme transcendantal », fort silencieux face au macronisme, qui pourrait être qualifié selon moi de « nazisme transcendantal ».

»Il n’y a pas d’Amérique, il n’y a pas de démocratie «  ; le corollaire de cela serait « il n’y a pas d’ URSS, il n’y a pas de communisme », ce qui s’est d’ailleurs  vérifié exact après 1991. Or si l’on en croit Krishna dans la Bhagavad Vita, ce qui est ne peut cesser d’être, c’est donc que l’URSS communiste, qui s’est effondrée il y a presque 30 ans, n’était pas vraiment, c’était  une illusion, dotée tout de même de missiles nucléaires SS20 pointés sur l’Europe de l’Ouest.

A la question «  qu’est ce qu’il y a vraiment ? » Badiou répondrait : le multiple pur, des multiplicités de multiplicités etc.., des ensembles d’ensembles etc..

Quine répond : Qu’est ce qu’il y a ? Tout ce qu’il y a .

La Bible répond : qu’est ce qu’il y a vraiment ? Dieu

Quant à moi, je réponds que la question « qu’est ce qu’il y a ? » est mal posée, parce que si l’on répond, avec raison : « les étants » nous voici bien avancés, pas tellement mieux qu’avec la réponse de la Bible : « Dieu » qui est d’ailleurs fausse, car Dieu n’est pas, c’est une Idée.

Convenons de dire que ce qui existe, c’est ce qui peut être localisé dans l’espace temps. Cet arbre devant ma fenêtre existe en ce moment, il peut être localisé , il possède des coordonnées de lieu et de temps par rapport à une origine qui  mettra tout le monde d’accord, la Tour Eiffel par exemple, dont personne ne niera sérieusement l’existence ( mais ici nous ne sommes pas sérieux)   , avec laquelle quelqu’un situé sous l’arbre peut échanger des signaux lumineux, selon la procédure décrite dans la théorie de la relativité : qu’est qu’il y a devant ma fenêtre ? L’arbre! Encore une fois , me voici bien avancé ! Qu’est ce que c’est que l’arbre ? Nous pourrions répondre selon les usages qu’on peut en faire : c’est ce qui sert à fabriquer  des meubles, du bois de chauffage . Oui mais cette réponse ne peut être comprise que par des gens de notre société, qui ont déjà vu des meubles. La science va plus loin, elle répond que l’arbre est composé de molécules, d’atomes, de quarks.. sauf que personne n’a jamais vu ni ne verra de quarks, car ils ne peuvent être isolés, leur énergie de liaison est trop forte, ils sont confinés, comme nous.. en continuant toujours plus loin, nous aboutissons à de pures formes mathématiques, à des idées . D’ailleurs les eénsembles de Badiou sont des idées mathématiques, personne ne s’est jamais fait mal en se cognant contre un ensemble, ou une catégorie mathématique…

La question de forme ontologique «  qu’est ce qu’il y’a ? » aboutit donc à ce dont on n’a que faire (Dieu) soit à une série infinie de questions : qu’est ce qu’il y a ? L’arbre; oui mais qu’est ce que l’arbre ?..etc… jusqu’aux particules élémentaires de la science : on a certes réussi à photographier un électron, mais ce n’est jamais qu’ une nouvelle forme d’extériorité. A la fin des fins  on se heurte à l’éternelle question : qu’est ce que c’est qu’un électron ? C’est cela le multiple pur de l’être de Badiou : à la limite on aboutit à une idée, celle d’ensemble qui a pour élément des ensembles etc..

C’est qu’en cherchant « ce qu’il y a «  nous tentons de « fixer des vertiges » comme dit Rimbaud. Tout le livre de Marie Anne Cochet , « Commentaire sur la conversion spirituelle dans la philosophie de Brunschvicg « , auquel je consacre ici le hashtag  #CochetBrunschvicg, éclaire  ces questions embarrassantes en dépassant, ou plutôt  en élevant la connaissance ordinaire à la connaissance philosophique, qui est la « connaissance intégrale » :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/06/25/cochetbrunschvicg-la-scienceinternelle-comme-connaissance-integrale-gnosis/

C’est le livre de Brunschvicg « La modalité du jugement «  , qui est sa thèse, datant de 1897, qui emploie ce terme, et c’est le livre le plus important pour comprendre le commentaire de Marie Anne Cochet, qui écrit que ce livre « fixe le point central de notre propre analyse sur le mouvement de réintégration du concept dans la conception ». Toutes les apories que nous avons rencontrées précédemment dans le questionnement de type ontologique « qu’est ce  qu’il y a ? »  proviennent de ce que nous nous fixons sur des points d’arrêt qui sont des mots ( « il y a l’arbre ») en ignorant le double mouvement qui y aboutit.

Le premier mouvement part du choc initial : «  cela est « pour aboutir à une détermination particulière : «  cela est vert » à partir aussi des expériences passées de choses vertes, fixées dans le mot « vert ». Ce mouvement  qui forme le concept va de la puissance unifiante, éternellement active et immanente, dans le « cela est » à la chose à unifier, qu’elle soit pierre, arbre, brin d’herbe ou univers. Il crée ce qui est extérieur («  arbre situé devant ma fenêtre »). Mais il y a un second mouvement, de retour, qui revient du créé au pouvoir créateur, mouvement de nature réflexive : il réfléchit, non la chose créée, mais le pouvoir créateur lui même, ne laissant plus au concept que la valeur d’une expression provisoire de ce pouvoir : il saisit l’acte de l’esprit, qui est unité en acte, unification.

La connaissance intégrale ne s’inscrit pas dans le cadre sujet-objet traditionnel, elle n’est pas plus attachée au sujet qu’elle n’est dépendante   de l’objet. Mouvement libre de l’esprit,    qui crée son champ d’expérience par son acte même, elle réside en l’intervalle qui unit l’objet au sujet . C’est elle qui confère la réalité intellectuelle aux deux. Elle est donc de nature fonctorielle, dans la théorie des catégories les foncteurs ou morphismes prédominent sur les objets qu’ils relient. Ce mouvement spirituel de la connaissance s’établit, pour la conscience qui le conçoit, par la position du présent éternel, acte de la réflexion. Il ne faut donc pas parler de la connaissance de l’être , mais de l’acte éternellement agissant de la connaissance, sans lequel s’évanouit toute réalité comme toute conscience. C’est là ce qui permet de comprendre pourquoi la question portant sur l’être, «  qu’est ce qu’il y a ? » et mal posée : Le questionnement doit porter sur l’un immanent, qui est unité en acte. A la fin du « Progrès de la conscience dans la philosophie occidentale «  Brunschvicg aboutit à la même conclusion : en dehors de l’unité en acte dans une conscience, il n’y a rien, c’est à dire le multiple pur des objets, que Badiou nomme « Être «  : tout, c’est rien.

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/progres_conscience_t2/progres_conscience_t2.html

« Il faudra donc conclure qu’en dehors de la présence de l’unité dans une conscience qui sait n’être radicalement extérieure à rien, il n’y a rien, non point parce qu’on a été incapable de rien trouver, mais parce qu’il n’y avait rien en effet à chercher.«

Melle Cochet nomme « Dieu » cet Un immanent :

» A la limite, s’il faut nommer Dieu,  il est cette présence d’unité dans la conscience humaine. Toute autre définition en contredit la notion » , en particulier les définitions de Dieu comme Être Tout- Puissant , qui aboutissent à la catastrophe  de l’Un Transcendant  : l’Un n’est pas .

Ce qui signifie qu’ entre l’Un immanent qui est Toute Réalité et l’imagination de l’Etre, il y a incompatibilité stricte.

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/heritage_de_mots_idees/heritage_de_mots.html

« Nous ne doutons pas que Dieu existe puisque nous nous sentons toujours, selon la parole de Malebranche, du mouvement pour aller plus loin jusqu’à cette sphère lumineuse qui apparaît au sommet de la dialectique platonicienne où, passant par dessus l’imagination de l’être, l’unité de l’Un se suffit et se répond à soi-même. Méditer l’Être nous en éloigne ; méditer l’unité y ramène.« 

voir aussi cet excellent article sur « Les derniers mots de Brunschvicg »:

Les derniers mots de Léon Brunschvicg

 

Aucune limite n’est pensable à ce pouvoir d’actualisation de la connaissance réflexive, sans lequel  ne subsiste ni passé ni futur chronologiques, mais une instantanéité insaisissable : toute connaissance s’exerce dans un inépuisable aujourd’hui. En lui s’insèrent tous les temps, et tous les espaces :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/12/11/cochetbrunschvicg-lintegration-des-moments-du-vecu-chronologique-dans-le-present-eternel-de-la-reflexion/

C’est là ce que Badiou nomme Infini, dans l’ « Immanence des vérités « : seulement il entend destituer l’Un, le jeter à bas de son trône, parce qu’il l’identifie au Dieu des traditions , c’est à dire à l’Un Transcendant, qui est effectivement LA catastrophe qui condamne l’humanité . Pour ce faire il choisit la théorie des ensembles , qu’il identifie à l’ontologie

»que cette théorie ne soi pas et ne puisse être monothéiste résulte d’une démonstration bien connue, celle de l’inexistence de l’Un, si l’on suppose qu’il vérifie la proposition XV du livre I de l’Ethique  :

Tout ce qui est, est  en Dieu, et rien ne peut sans Dieu ni être ni se concevoir »

Effectivement, nos raisonnements ci dessus aboutissent à réintégrer le concept dans la conception, et à montrer que :

»Aucune limite n’est pensable à ce pouvoir d’actualisation de la connaissance réflexive, sans lequel  ne subsiste ni passé ni futur chronologiques, mais une instantanéité insaisissable : toute connaissance s’exerce dans un inépuisable aujourd’hui. En lui s’insèrent tous les temps, et tous les espaces »

met nous appelons Dieu cette « présence d’unité en acte dans la conscience. Mais ce « Dieu » n’a aucun rapport avec le Dieu étant des traditions religieuses. L’Un n’est pas.

Comme le dit si bien Brunschvicg :

»Parler de Dieu à un enfant, c’est lui apporter, ou lui imposer, un faisceau suffisant de réponses pour le garder, son existence durant, à l’abri d’une curiosité dangereuse. »

et il y a de grands enfants, St Paul dit lui même :

https://saintebible.com/1_corinthians/13-11.htm

 

»lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j’ai fait disparaître ce qui était de l’enfant. »

»Jules Lagneau, dans ses Leçons sur l’existence de Dieu pose le problème : « Affirmer que Dieu n’existe pas est le propre d’un esprit qui identifie l’idée de Dieu avec les idées qu’on s’en fait généralement et qui lui paraissent contraires aux exigences soit de la science soit de la conscience. » La confusion des vocabulaires risque de lier à un même sort, d’entraîner dans une chute commune, la religion conçue comme fonction suprême de la vie spirituelle et les religions données dans l’histoire en tant qu’institutions sociales. Celles-ci comportent un Dieu particulier qu’on désignera par un « nom propre » ; son culte et ses attributs sont définis dans des formules de symboles qui sont naturellement conditionnées par le degré où la civilisation était parvenue à l’époque de leur énoncé. Le progrès du savoir scientifique et le raffinement de la conscience morale se tournent alors en des menaces contre la tradition des dogmes qui tenteront d’y échapper par le saut brusque dans le mystère de la transcendance. Pourtant, si la science porte avec elle la norme du vrai comme la conscience morale la norme du bien, le devoir de la pensée religieuse est d’en chercher l’appui bien plutôt que d’en fuir le contrôle. »

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#BadiouEtreEvenementT3 La stratégie philosophique de Badiou : Immanence, finitude, infini, référent ontologique absolu

L’introduction  générale au début du tome 3 de « L’être et l’évènement » , « L’immanence des vérités «  que je suis en train d’étudier et me propose de commenter dans ce hashtag, est précieuse, car Badiou y explique sa stratégie spéculative depuis une trentaine d’années , c’est à dire depuis « L’être et l’évènement «  qui est paru en 1988 et a été pour les gens comme moi un véritable coup de tonnerre dans un ciel tranquille : elle vise, cette stratégie, « à établir ce que Badiou appelle l’immanence des vérités, c’est à dire de légitimer qu’une vérité puisse être :

– Absolue tout en étant une construction localisée

– Éternelle , tout en résultant d’un processus qui, sous la forme d’un évènement de ce monde, commence dans un monde déterminé et appartient donc au temps de ce monde

– ontologiquement déterminée, comme multiplicité générique, tout en étant localisée phénoménologiquement en tant que degré d’existence maximale dans un monde donné

– A-subjective (universelle), tout en exigeant pour être saisie une incorporation subjective »

Ceci requiert quelques explications : une vérité est une relation ( un morphisme dans une catégorie) entre deux objets dans cette catégorie, qui sont ce que j’appelle des Idées au sens platoniciens. Cette catégorie ( au sens mathématique) est Cat, catégorie de toutes les petites catégories:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/08/25/la-metacategorie-cat-de-toutes-les-categories-comme-modele-mathematique-du-monde-des-idees-de-platon/

http://www.les-mathematiques.net/phorum/read.php?2,58135,310104

https://pages.lip6.fr/Pierre-Evariste.Dagand/stuffs/notes/cats.pdf

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Théorie_des_catégories

Ce que je résume ici à gros traits, c’est la doctrine soutenue ici, qui part d’un dualisme revendiqué entre le monde naturel ou plan vital de l’être, séjour des étants (arbres, animaux, humains) et le plan internel, séjour des idées : ce qui régit le plan vital c’est l’ontologie, ce qui régit le plan internel c’est l’hénologie, science de l’un, qui est ce que j’appelle science internelle, et qui se fonde sur la théorie des catégories. Badiou quant à lui identifie l’ontologie à la théorie  des ensembles, axiomatisé par Zermelo et Fraenkel ( ZF) :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Théorie_des_ensembles

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Théorie_des_ensembles_de_Zermelo-Fraenkel

Je me rappelle bien cette fin de la décennie 80 où je lus pour la première fois du Badiou, rien de moins que « L’être et l’événement  «  , ce fut pour moi comme un coup de tonnerre dans un ciel serein, qui était l’ambiance étouffante de ces années là, encore plus étouffante que la décennie des années 60, vingt ans avant, que j’avais connue aussi, lors de ma vie de lycéen. Mais les « évènements «  de 1968 , desquels je m’étais tenu à l’écart, n’avaient pas été pour moi une « libération » et c’est muni de cet «  héritage qui n’est précédé d’aucun testament «   ( que ce soit celui de 1968  auquel je n’avais pas participé ou de 1945,  libération nationale à laquelle mon père avait pris une part active, c’était sept ans avant ma naissance fin 1952) que j’abordai cette horrible décennie 1980 , la décennie du fric, symbolisée par Bernard Tapie, qui fut ministre de Mitterand, cet ancien vichyste porté au pouvoir en 1981 par ceux qui voulaient « changer la vie ». Mais en  ces années là  apparut dans ma vie solitaire Sandra qui m’aida à passer ce goulot d’étranglement qui déclenchait une sorte maelström du Temps ( semblable au détroit franchi par Ulysse entre Charybde et Scylla)   , c’est sans doute grâce à elle que je ne me suis pas suicidé alors, dans la première moitié de la décennie, 1982-1986 , et c’est en souvenir d’elle que j’ai choisi mon pseudo Twitter; maintenant c’est elle qui est morte depuis longtemps : penser à elle m’évoque, je ne sais pourquoi, ce vers d’une pièce de Marlowe :

»tu as commis le crime de fornication, mais c’était dans un autre pays, et  d’ailleurs la fille est morte »

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Le_Juif_de_Malte

http://www.gutenberg.org/files/901/901-h/901-h.htm

Et  quelques temps après notre séparation, vers 1990, alors que je buvais comme il n’est pas permis, même dans « Under the volcano »,   il y eut cette lecture du livre de Badiou qui me révéla que les mathématiques appliquées  que je pratiquais valaient mieux que les  calculs de statistique utilitaires auxquels m’obligeait ma profession : pensez, je faisais de l’ontologie !

Le « coup de tonnerre » c’est il me semble les mots choisis par Thomas Mann pour évoquer l’éclatement de la guerre en août 1914 qui dans « La montagne magique »  sauve Hans Castorp de la « séduction de la mort et de la maladie » , l’obligeant à quitter enfin le sanatorium de Davos et la « montagne des péchés » pour aller combattre dans la plaine, et peut être mourir :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/10/22/cochetbrunschvicg-6-la-conversion-de-la-chair-a-lesprit-dans-le-temps-hermetique/

« il se vit exorcisé, sauvé, délivré, non par ses propres forces, ainsi qu’il dut le constater à sa confusion, mais expulsé par des forces élémentaires et extérieures pour qui sa délivrance était tout accessoire. Mais encore que son petit destin se perdît dans le destin général, une certaine bonté qui le visait personnellement, une cartaine justice divine par conséquent, ne s’y exprimaient elles pas malgré tout? la vie prenait elle encore une fois soin de son enfant gâté, non pas d’une manière légère, mais de cette manière grave et sévère, au sens d’une épreuve qui, dans ce cas particulier, ne signifiait peut être justement pas la vie, mais trois salves d’honneur pour lui le pécheur. Et il tomba donc à genoux, le visage et les mains levés au ciel, qui était sombre et chargé de vapeurs de soufre, mais du moins n’était plus la voûte caverneuse de la Montagne des péchés…

…Adieu, Hans Castorp, brave enfant gâté de la vie ! Ton histoire est finie. Nous avons achevé de la conter. Elle n’a été ni brève ni longue, c’est une histoire hermétique. Nous l’avons narrée pour elle-même, non pour l’amour de toi, car tu étais simple. Mais en somme, c’était ton histoire, à toi. Puisque tu l’as vécue, tu devais sans doute avoir l’étoffe nécessaire, et nous ne renions pas la sympathie de pédagogue qu’au cours de cette histoire nous avons conçue pour toi et qui pourrait nous porter à toucher délicatement de la pointe du doigt le coin de l’œil, à la pensée que nous ne te verrons ni ne t’entendrons plus désormais.
Adieu ! Tu vas vivre maintenant, ou tomber. Tes chances sont faibles. Cette vilaine danse où tu as été entraîné durera encore quelques petites années criminelles et nous ne voudrions pas parier trop haut que tu en réchapperas. À l’avouer franchement, nous laissons assez insoucieusement cette question sans réponse.

Des aventures de la chair et de l’esprit qui ont élevé ta simplicité t’ont permis de surmonter dans l’esprit ce à quoi tu ne survivras sans doute pas dans la chair. Des instants sont venus où dans les rêves que tu gouvernais un songe d’amour a surgi pour toi, de la mort et de la luxure du corps.

De cette fête de la mort, elle aussi, de cette mauvaise fièvre qui incendie à l’entour le ciel de ce soir pluvieux, l’amour s’élèvera-t-il un jour ?«  

Mais Hans Castorp , qu’il ait ou non survécu, n’est certainement pas devenu l’un de ces braillards qui formèrent vers 1920 les premières troupes d’Hitler, puisqu’il a certainement voulu dépasser ce « songe d’amour » qui est l’amour érotique, né de la mort et de la luxure du corps, en cet Amour universel qui n’est autre qu’Amor Dei intellectualis, auquel est consacré ce blog qui n’est rien moins qu’un nouveau blog mathématique ou scientifique; de même , si je ne suis pas devenu  l’un de ces enfants perdus que Badiou, nouveau joueur de flûte de Hameln, mène vers la montagne qui est le néant :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Le_Joueur_de_flûte_de_Hamelin

https://fr.m.wikisource.org/wiki/Le_Preneur_de_rats_(Mérimée)

c’est que c’est peu après que j’ai rencontré l’oeuvre de Léon Brunschvicg en philosophie et la théorie des catégories en mathématiques. Je reconnais cependant ma dette envers Badiou, qui m’a sauvé de la séduction de la mort et de la maladie, mais c’est Brunschvicg (+ les catégories) qui m’a sauvé de Badiou avec tout le cortège d’ombres qui l’accompagne ( l’Etre,Heidegger et Lacan , qu’il prétend dépasser ) . Au delà de la théorie des ensembles se situe la théorie des catégories, comme au delà de la dialectique de l’être se situe la dialectique de l’un découverte par Brunschvicg dans les textes de Platon :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/08/19/dialectique-de-lun-et-dialectique-de-letre-la-fin-du-progres-de-la-conscience-dans-la-philosophie-occidentale-de-leon-brunschvicg/

Aussi a t’il raison de conclure que le platonisme est « la vérité de la philosophie :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/05/25/le-platonisme-est-la-verite-de-la-philosophie/

Sans identifier plan internel de l’Idée, science internelle et théorie mathématique des catégories d’une part, plan naturel, ontologie et théorie des ensembles de l’autre, je dirais qu’il existe comme une sorte d’isomorphisme entre la dualité primordiale que j’appelle Ouvert, entre plan vital et plan internel,et celle entre ontologie et hénologie,et entre théorie des ensembles et théorie des catégories , entre pensée- selon-l’être  de Badiou  et pensée -selon-l’un de Brunschvicg, qui pourtant  :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/pensee-selon-letre-et-pensee-selon-lun-ensembles-categories-topoi-foncteurs/

Une dualité qui correspond à celle s’établissant entre théorie des catégories et théorie des ensembles comme fondation des mathématiques :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/08/20/lopposition-entre-dialectique-de-lun-et-dialectique-de-letre-cest-lopposition-entre-theorie-des-categories-et-theorie-des-ensembles/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2020/03/20/les-trois-cadres-fondationnels-de-la-mathematique-st-ct-et-hott-et-le-systeme-de-badiou/

Et qui était vue ainsi dès les débuts de ce blog :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/03/15/les-deux-theories-mathematiques-privilegiees-par-badiou-topoi-et-ensembles-correspondant-aux-deux-plans-vital-ontologique-et-spirituel/

Un travail important qui a joué un rôle crucial dans l’élaboration de ce blog est celui de David Ellerman :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/08/21/la-theorie-des-categories-est-theorie-des-universaux-concrets-celle-des-ensembles-theorie-des-universaux-abstraits-un-papier-de-david-ellerman/

Qui considère la théorie des ensembles comme théorie des universaux abstraits et la théorie des catégories comme celle des universaux concrets.

Un universel est dit abstrait s’il ne participe pas à lui-même, concret dans le cas contraire.

Une théorie mathématique est une théorie des universaux si elle possède une relation de participation μ et une relation d’équivalence ≈ et que certaines propriétés se voit associer des universaux respectant les conditions d’universalité et d’unicité expliquées ci dessus.
Un universel uF est dit concret s’il participe à lui même :

uF μ uF

universel abstrait dans le cas contraire.

»La théorie des ensembles est la théorie des universaux abstraits (Page 5)

L’universel abstrait ensembliste associé à une propriété F est l’ensemble des objets x ayant cette propriété . La relation de participation est la relation d’appartenance ⋳ de la théorie des ensembles.

Page 9 Ellerman aborde la théorie des catégories comme théorie des universaux concrets. La relation de participation μ est la relation de factorisation unique : x participe à u s’il existe un unique morphisme f :

f : x → u

ce qui se lit : x se factorise de manière unique à travers u . »

Qu’il soit impossible qu’un ensemble appartienne à lui même, comme l’énonce le paradoxe de Russell, ce n’est qu’une autre façon de dire que les ensembles sont les universaux abstraits :

« Une théorie mathématique est une théorie des universaux si elle possède une relation de participation μ et une relation d’équivalence ≈ et que certaines propriétés se voit associer des universaux respectant les conditions d’universalité et d’unicité  »

Par contre, il existe une autre théorie mathématique, celle des catégories, où un universel peut participer à lui même :

Dans cette théorie, la relation de participation μ est la relation de factorisation unique : x participe à u s’il existe un unique morphisme f :

f : x → u

ce qui se lit : x se factorise de manière unique à travers u .  Et l’on observe bien que pour tout u , il existe un unique morphisme f = Id(u) tel que :

f : u ——-> u

c’est le morphisme-identité, qui existe pour tout objet d’une catégorie, selon les axiomes de la théorie .

Badiou a donc tort de conclure, à la fin du III 1 de l’introduction générale, page 38 :

» Je divergerai de Spinoza seulement sur un point : le référentiel Absolu ne peut être dans la forme de l’Un. Il ne peut être l’expression infinie d’une essence éternelle. Et plus loin : la conviction où je suis que Dieu est mort s’étend au Dieu de Spinoza, malgré  son Immanence affirmée. Car la mort de Dieu est moins celle de la Transcendance que celle de l’Un, de l’Unique. Et aussi – mais ceci viserait plutôt Hegel- de la Totalité «

 

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/05/15/la-strategie-de-badiou-pour-demontrer-linexistence-du-tout/

Car toutes ces conclusions, caractéristiques du rejet badiolien de l’Un, s’appuient sur le choix de ce qu’il appelle « lieu Absolu » ou « référent ontologique Absolu » de V , classede tous les ensembles. V ne peut être un ensemble, c’est une classe, c’est à dire dans le système NBG, une collection «  trop grande pour être un ensemble »  :

https://en.m.wikipedia.org/wiki/Von_Neumann–Bernays–Gödel_set_theory

Mais cela tient simplement au fait que la théorie des ensembles est celle des universaux abstraits, qui ne participent pas à eux-mêmes ; il existe une autre théorie, celle des catégories, qui est la science des universaux concrets, c’est à dire qui participent à eux mêmes . Et cette théorie mène à CAT, catégorie de toutes les catégories, qui est la forme mathématique, ou idée , de l’Un, ou, en allant encore plus loin , et en poussant jusqu’aux ∞-catégories, à ( ∞,1)Cat , ∞- catégorie de toutes les ∞-catégories :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/10/29/cat-categorie-des-petites-categories-est-un-typos/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/08/25/la-metacategorie-cat-de-toutes-les-categories-comme-modele-mathematique-du-monde-des-idees-de-platon/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/04/16/scienceinternelle-19-recherches-sur-lidee-de-dieu-qui-est-dieu-∞-categorie-des-∞-categories/

Badiou rejette l’Un pour des raisons idéologiques, parce que dans le passé chrétien Dieu a été identifié à  l’Un; seulement il s’agit là du Dieu Transcendant, donc de l’Un Transcendant,effectivement à l’origine historique des guerres de religion, alors que l’Un dont nous parlons est l’Un immanent, l’idée de Dieu qui vient à l’esprit humain, il y a ici une citation éclairante de Brunschvicg :

»Dieu ne naîtra pas d’une intuition tournée vers l’extérieur comme celle qui nous met en présence d’une chose ou d’une personne. Dieu est précisément ce chez qui l’existence ne sera pas différente de l’essence ; et cette essence ne se manifestera que du dedans grâce à l’effort de réflexion qui découvre dans le progrès indéfini dont est capable notre pensée l’éternité de l’intelligence et l’universalité de l’amour. Nous ne doutons pas que Dieu existe puisque nous nous sentons toujours, selon la parole de Malebranche, du mouvement pour aller plus loin jusqu’à cette sphère lumineuse qui apparaît au sommet de la dialectique platonicienne où, passant par dessus l’imagination de l’être, l’unité de l’Un se suffit et se répond à soi-même. Méditer l’Être nous en éloigne ; méditer l’unité y ramène. »

ce qui signifie que la pensée selon- l’être, ontologique, ne « voit » que la multiplicité des étants, mais est aveugle à l’Un, qui est une Idée, pas un Être : Dieu est l’unité de l’Un, pas un Être Suprême, et là Badiou a raison de conclure de son examen du Parménide de Platon  :

«  l’Un n’est pas « 

L’Un est une Idée, idée humaine mathématique, et dire qu’une idée est, ce serait confondre  l’idée dans l’esprit avec le processus cérébral, localisé dans l’Espace- Temps , dont elle résulte.

Je suis donc pleinement d’accord avec la stratégie philosophique de Badiou , si elle vise à «

établir  l’immanence des vérités, c’est à dire de légitimer qu’une vérité puisse être :

– Absolue tout en étant une construction localisée

– Éternelle , tout en résultant d’un processus qui, sous la forme d’un évènement de ce monde, commence dans un monde déterminé et appartient donc au temps de ce monde

– ontologiquement déterminée, comme multiplicité générique, tout en étant localisée phénoménologiquement en tant que degré d’existence maximale dans un monde donné

– A-subjective (universelle), tout en exigeant pour être saisie une incorporation subjective »

m’en remplaçant dans cet extrait de l’introduction générale du livre le mot « vérités » par le mot « idées »

Une idée est une ∞-catégorie, une vérité est une relation entre idées, c’est à dire un morphisme entre deux ∞-catégories, et l’∞-catégorie de toutes les ∞-catégories, notée (∞,1)Cat , est l’Idée de toutes les Idées, l’Idée d’Un.

https://ncatlab.org/nlab/show/(infinity,1)Cat

c’est là l’Absolu, et non pas V, classe de tous les ensembles, comme le prétend Badiou, V  qui est l’idée d’Etre, ou encore  le topos  Set ( V est la classe de tous les objets de Set):

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/08/22/premiere-pierre-pour-une-nouvelle-science-internelle-mathesis-universalis-lidee-de-lun/

Il existe une hiérarchie entre les idées, puisque ce sont des idées humaines : une ∞-catégorie est « meilleure » qu’une n-catégorie avec n fini, donc qu’une catégorie ordinaire, c’est à dire une 1-catégorie, en ce qui concerne la « participation à l’Un » :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/01/06/participation-a-lun-et-participation-a-letre-les-mathemes/

Qu’est ce qu’une vérité, c’est à dire une relation entre idées? C’est un jugement vrai, et donc aussi une idée, qui est une  relation entre une seule idée : elle-même. Or il y a des jugements vrais « meilleurs » que d’autres jugements vrais, c’est à dire « plus vrais » , comme en témoigne cette citation de Marie Anne Cochet, la « meilleure » interprète de la pensée brunschvicgienne, qui a beaucoup commenté aussi Nietzsche et Proust :

 »Le porteur du jugement doit donc encore se libérer de la fixité dans la chose jugée s’il ne veut pas se représenter et présenter aux autres un mirage encore. Son jugement n’est jamais que la courte halte sur la route qui mène vers un jugement plus vrai, car la vérité n’est jamais épuisée, puisqu’elle manifeste le pouvoir unificateur de l’esprit qui ordonne un multiple, inépuisable aussi. Esprit-vérité….cette notion de vérité, acte de présentification en dehors duquel rien n’existe, ne doit pas rester confuse. Malgré le dédoublement qui résulte du passage du présent éternel au présent chronologique essentiellement fuyant, il ne s’agit pas d’un dualisme car rien n’est séparé dans l’acte spirituel. Il ne s’agit pas non plus d’un monisme, la notion d’un tout accomplissant justement cet arrêt qui trahit l’acte de l’esprit…. la réalisation de l’Un séparé est aussi exclue que celle du Transcendant, dont elle est l’expression.Seule la participation à l’unité en acte est requise. Elle est justifiée par l’inévitable et nécessaire présence de ce qui pense et de ce qui est pensé , par leur dépendance étroite et mutuelle… il n’y a donc ni dualisme ni monisme mais spiritualisme perpétuellement offert à la vérification d’une expérience soumise à la vérité du rapport »

Au fond, nous avons ici l’explication de ce qui est vrai dans la pensée de Badiou : « rien n’est séparé dans l’acte spirituel «  signifie que l’acte radicalement immanent, c’est  à dire l’acte spirituel est caractérisé par l’unité sans couture : l’unité est l’essence même  de l’esprit, qui consiste à établir des rapports , il n’y a rien à chercher plus loin ni plus haut. C’est là ce qui condamne la « Totalité «  de Hegel, que donne à remarquer Badiou, et donc tout monisme, « la notion d’un tout accomplissant justement cet arrêt qui trahit l’acte de l’esprit« .. acte de l’esprit qui est unification, Un immanent…

»Seule la participation à l’unité en acte est requise »

et donc choisir la pensée ontologique contre la pensée hénologique, la théorie des ensembles contre la théorie des catégories, comme le fait Badiou, c’est nier toute vérité , Badiou se contredit donc lui-même

«Il n’y a donc ni dualisme ni monisme mais spiritualisme perpétuellement offert à la vérification d’une expérience soumise à la vérité du rapport »

car toute vérité est jugement , c’est là la base de la pensée brunschvicgienne, jugement qui établit des rapports ( c’est pour ça que la théorie des catégories, où les rapports sont les morphismes, est tellement fondamentale)

Les ensembles , universaux abstraits, sont les 0-catégories (pas de flèches entre les éléments), les catégories sont les 1- catégories ( des flèches, appelées 1-objets, entre les 0-objets), puis viennent les 2-catégories (flèches entre les objets ou 0-objets et les 1-objets qui sont les flèches entre les 0-objets) , etc.., les n- catégories, etc.., les ∞-catégories. Une m—catégorie, avec m> n, est « meilleure «  qu’une n- catégorie, du point de vue de la participation à l’unité en acte : tout simplement parce que le réseau des flèches, des relations, des rapports, y est plus dense, plus serré . Donc une catégorie, ou 1-catégorie, est meilleure qu’un ensemble, ou 0-catégorie, une ∞-catégorie meilleure qu’une catégorie.

Donc , pour exprimer l’unité en acte (l’un radicalement immanent ) on a la relation d’ordre  :

Set < CAT < (∞,1)Cat

Set n’exprime  pas du tout l’unité en acte, puisque les ensembles sont les 0-catégories. Set est l’idée d’être, les étants sont par définition «  séparés » des autres étants, obligés de tuer pour manger et « se maintenir » dans l’être ( les humains peuvent établir des relations avec les autres humains, mais ces relations, notamment érotiques, sont toujours entachées d’égoïsme  et de possessivité, le chasseur établit aussi une relation avec le gibier qu’il va tuer)

Mais l’ ∞-catégorie Spaces, qui est l’exemple paradigmatique d’∞-topos, analogue pour les ∞-catégories du 1- topos Set pour les catégories , est une expression meilleure de la notion «  être «  que Set.

Au total on a :

(∞,1)Cat = Un immanent = idée d’un = unité en acte

 

Spaces = idée d’être

 

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/01/11/scienceinternelle-l∞-topos-s-spaces-joue-dans-le-domaine-des-∞-categories-le-role-du-1-topos-set-dans-le-domaine-des-categories/

 

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/03/01/highertopostheory-11-lanalogue-du-1-topos-set-pour-la-theorie-des-∞-categories-l-∞-categorie-spaces/

 

 

 

 

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PMO, “Leurs virus, nos morts”

Les Amis de Bartleby

Version imprimable de Leurs virus, nos morts

Pièces et main-d’œuvre

Leurs virus, nos morts

L’espoir, au contraire de ce que l’on croit,
équivaut à la résignation.
Et vivre, c’est ne pas se résigner.
Albert Camus, Noces

Les idées, disons-nous depuis des lustres, sont épidémiques. Elles circulent de tête en tête plus vite que l’électricité. Une idée qui s’empare des têtes devient une force matérielle, telle l’eau qui active la roue du moulin. Il est urgent pour nous, Chimpanzés du futur, écologistes, c’est-à-dire anti-industriels et ennemis de la machination, de renforcer la charge virale de quelques idées mises en circulation ces deux dernières décennies. Pour servir à ce que pourra.

1. Les « maladies émergentes » sont les maladies de la société industrielle et de sa guerre au vivant

La société industrielle, en détruisant nos conditions de vie naturelles, a produit ce que les médecins nomment à propos les « maladies de civilisation ». Cancer…

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Network main basse sur la télévision de Sidney Lumet (1976, vf)

Voici le film, dont l’article précédent commente la scène principale :

https://m.ok.ru/video/198930729718

 

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Le discours d’Arthur Jensen dans « Network » de Sidney Lumet (1976) : « the world is a business »

Cet article fait partager l’esprit prophétique de ce film sorti il y a plus de 40 ans, à la même époque que « Taxi  driver » qui est de 1975, et voit en Howard Beale, le journaliste star du JT qui  se prend pour un illuminé qui parle à Dieu  l’anticipation du «  populiste » Donald Trump ( qui avait 30 ans en 1976) :

Network : main basse sur l’Amérique d’aujourd’hui

Seulement si Howard Beale préfigure Trump, que dire de son « opposé » dans le film, l’homme d’affaires Arthur Jensen ( joué par l’excellent Ned Beatty) ? Ce dernier voit son projet de rachat des studios et de la chaîne TV qu’il dirige par les Saoudiens contrarié par les délires de Beale à l’antenne et le convoque dans son bureau pour l’utiliser, et lui tient un discours qui annonce symétriquement tous les délires mondialistes d’aujourd’hui , auxquels va peut être mettre fin la pandémie actuelle, si du moins l’humanité y survit :

»« Vous vous êtes immiscé dans les forces fondamentales de la nature, Monsieur Beale. […] Vous croyez avoir fait capoter une opération financière ? Il n’est en rien ! Les Arabes ont sorti des milliards de dollars de notre pays et il faut maintenant qu’ils les rapatrient. C’est le flux et le reflux, l’énergie marémotrice, c’est l’écologie, la pyramide. Vous êtes un dinosaure qui pense en termes de nations et de peuples. Il n’y a pas de nations. Il n’y a pas de peuples. Il n’y a pas de Russes. Il n’y a pas d’Arabes. Il n’y a pas de tiers-monde. Il n’y a pas d’Occident. Il n’y a qu’un seul, unique, sacro-saint système de systèmes ; une vaste et immanente série d’interactions et d’entrelacs à multivariations multinationales. La domination par le dollar ! Pétrodollars, électro-dollars, multi-dollars, reichsmarks, rands, roubles… l’argent ! À l’échelon international, c’est le système de la devise qui détermine et régit l’influx de vie sur cette planète. Voilà ce qu’est l’ordre des choses aujourd’hui. Et c’est ça, la structure atomique et subatomique, la constitution cosmique des forces d’aujourd’hui.  Et vous avez modifié les forces fondamentales de la nature. Et vous allez expier ! […] Il n’y a pas d’Amérique ; il n’y a pas de démocratie. Il y a seulement IBM et ITT, et AT&T, et Dupont, Dow, Union Carbide et Exxon. Ce sont les nations du monde d’aujourd’hui. De quoi croyez-vous que parlent les Russes en Conseil d’État ? De Karl Marx ? Ils alignent les graphiques de programmation, leurs décisions statistiques, leurs mini-maxi fourchettes, leur rentabilité par probabilité, leur calcul de rapport d’investissement… Ils font comme nous. Nous ne vivons plus dans un monde de nations et d’idéologie, Monsieur Beale. Le monde est un saint collège de corporations, inexorablement déterminé par les immuables cases des affaires. Le monde est une affaire. Il l’est depuis que l’homme a rampé hors du limon originel. Et nos petits enfants vont vivre, Monsieur Beale, vivre et voir ce monde parfait où il n’y aura ni guerre, ni famine, oppression ou brutalité. Ce sera un vaste holding œcuménique où chaque homme travaillera au service du profit commun. Un monde nouveau où chacun détiendra sa part d’actions. Tous les besoins seront pourvus ; toutes les anxiétés tranquillisées, et le mal de vivre effacé. »

La vidéo en vf   figure dans l’article; la voici en vo :

Ce à quoi nous assistons là épouvantés, c’est à l’entreprise d’un homme roublard pour mettre à son service les prestiges de l’Un, qui se confond avec le monde conçu comme une vaste holding: «  […] Il n’y a pas d’Amérique ; il n’y a pas de démocratie. Il y a seulement IBM et ITT, et AT&T, et Dupont, Dow, Union Carbide et Exxon. Ce sont les nations du monde d’aujourd’hui. »

Ce qui finit sur l’échange suivant :

Beale : «  j’ai vu la face de Dieu »

Jensen : «  il se pourrait que vous ayez raison, Mr Beale »

c’est à dire que Jensen utilise ce qu’il appelle « son évangile »pour se déifier

Nous n’avons donc pas ici affaire à un cas de l’Un séparé ou transcendant  puisque IBM, ITT, etc.. ce sont des entreprises du monde, mais tout ce schéma est utilisé par un homme pour se faire passer pour Dieu, le Dieu de la Torah. Si Beale annonce Trump, Jensen annonce Soros !

Puisque je me prépare à étudier et suivre ici « L’immanence des vérités «  et tout le système de Badiou,  qui est sans doute le plus grand adversaire de la dialectique de l’un portée dans ce blog, je mettrai clairement les points sur les « i » : le délire messianique de Jensen n’aurait pas pu se tenir à Jérusalem, encore moins en Arabie, il aurait été tué, comme doit l’être selon la loi juive-musulmane tout homme voulant prendre la place de Dieu. Ce fut l’accusation portée contre Jésus qui motiva sa mise à mort sur la croix, mais cette accusation est injuste car Jésus avait dit : « Moi et le Père  sommes Un » ce qui est très différent. Le christianisme des philosophes de Spinoza et Brunschvicg va au delà du Dieu Un étant du judaïsme et de l’Islam, catastrophe humaine qui risque de mettre fin à l’humanité, si toutefois la pandémie de coronavirus ne l’a pas fait avant, mais il ne  sombre pas non plus dans les délires de l’Eglise de Rome ( le Christ Fils de Dieu) , qui a manipulé les textes et les consciences  afin de mettre l’humanité en esclavage. S’il fallait absolument nommer un continuateur actuel d’Arthur Jensen, ce serait bien sûr Georges Soros , mais aussi le Pape François. Les peuples et les nations actuels, avec toutes leurs insuffisances que je suis le premier à reconnaître, sont le seul rempart à ce délire messianique du mondialisme, tel qu’on l’observe dans les thèses de Jacques Attali sur l’Etat mondial . Aussi est ce  sans aucune fausse honte que j’avoue, moi qui suis à n’en pas douter universaliste,  émarger dans le camp Trumpiste et anti-mondialiste . Hoené Wronski , fixe pour but à ce qu’il nomme « Messianisme «  de dévoiler les destinées des Nations :

« Le messianisme, cette union finale de la philosophie et de la religion, qui, comme telle, constitue, d’une part, la philosophie absolue, et de l’autre, la religion absolue, c’est-à-dire, le paraclétisme, annoncé par Jésus-Christ, doit produire et accomplir les sept réalités fondamentales de l’homme, savoir: 1° ) Il doit fonder péremptoirement la vérité sur la terre, et réaliser ainsi la philosophie absolue. 2° ) Il doit, suivant l’Écriture-Sainte, accomplir la religion révélée, et réaliser ainsi la religion absolue, le paraclétisme. 3°. ) Il doit, suivant des principes à priori, réformer et établir définitivement les sciences. 4°.) Il doit, conformément aux lois augustes de la liberté de l’homme, expliquer l’histoire. 5°. ) Il doit, pour faire cesser l’actuelle tourmente politique des nations, découvrir le but suprême des États. 6°. ) Il doit, par la spontanéité propre de la raison, fixer les fins absolues de l’homme. 7°. ) Enfin, il doit, en vue de ces fins augustes, dévoiler les destinées respectives des différentes nations. »

c’est donc bien qu’il considère que celles ci ont une importance insigne dans l’ordre du monde, qui ne se limite pas à être un « système de systèmes imbriqués ».

l’un immanent qui est défendu ici comme seule alternative possible aux délires de l’un transcendant des religions monothéistes et de leurs dégénérescences mondialistes ou trans-humanistes, c’est l’idée humaine de l’un, c’est à dire l’intelligibilité de tout ce qui est  ( nature + esprit ) portée par le Mathème de Cat, catégorie de toutes les ( petites)  catégories :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/08/25/la-metacategorie-cat-de-toutes-les-categories-comme-modele-mathematique-du-monde-des-idees-de-platon/

V , ou Set, est si l’on veut l’idée de l’Etre, mais la mathématique n’est pas l’ontologie : c’est  l’hénologie, qui aboutit à CAT, métacatégorie ou « catégorie très large » de toutes les catégories larges.

C’est là la différence principale avec Badiou : l’Absolu c’est CAT, et non pas  comme affirmé dans « L’immanence des vérités «  V classe de tous les ensembles, qui n’est autre que le topos  Set  réduit à ses objets .  Certes nous devons être rigoureux et précis :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2020/02/13/questions-de-taille-dans-la-theorie-des-categories/

Set est un objet de CAT : la dialectique de l’un de Brunschvicg est au dessus de la dialectique de l’être, dont la dialectique matérialiste de Badiou n’est qu’un cas particulier.

Et la dialectique de l’un est portée par la théorie des catégories, théorie des universaux concrets, la dialectique de l’être par la théorie des ensembles, ou des universaux abstraits :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/08/20/lopposition-entre-dialectique-de-lun-et-dialectique-de-letre-cest-lopposition-entre-theorie-des-categories-et-theorie-des-ensembles/

L’un est une idée humaine, pas une Transcendance « divine «  qu’il faudrait destituer, comme on coupe la tête à un monarque.

 

 

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Les trois cadres fondationnels de la mathématique : #ST , #CT et #HoTT et le système de Badiou

Comme je l’ai dit récemment, je profite de cette période de confinement pour enfin étudier sérieusement le dernier Grand Œuvre de Badiou : L’immanence des vérités, qui constitue le tome 3 de « L’être et l’événement «  , la somme philosophique de Badiou.

Je ne crois pas que j’aurai fini en un mois, car ce n’est pas un livre que l’on lit comme un roman de gare.

Je m’aperçois que cet ancien article :

https://scienceinternelle.wordpress.com/2019/02/05/theorie-des-ensembles-set-theory-st-theorie-des-categories-category-theory-ct-theorie-des-types-type-theory-tt-et-theorie-homotopique-des-types-homotopy-type-theory-hott/

Forme un préalable à l’étude de ce livre, car Badiou privilégie la théorie des ensembles sur la théorie des catégories comme il s’en explique dans l’introduction générale à « L’immanence des vérités » page 19 , où il précise qu’il a étudié la théorie des catégories pendant des années pour conclure «  que l’on peut et doit maintenir que le niveau de l’ontologie comme telle est la théorie des multiplicités, mais que l’on doit admettre que la théorie des mondes particuliers – La physique si l’on veut- est formalisée dans la pensée catégorielle » j’emploie pour ma part le terme « pensée ou mathématique catégoricienne «  ou catégorique. L’ontologie, c’est depuis Aristote  la théorie de l’être-en-tant-qu’être   que Badiou identifie avec la théorie des multiples purs, multiples de multiples , c’est à dire pour lui la théorie axiomatique ZF des ensembles.

Comme on le sait, la mathématique est selon moi le cadre formel de  l’hénologie, et non de l’ontologie, l’hénologie étant la discipline qui traite de l’Un, mais Badiou rejette l’Un parqu’il l’identifie à Dieu . Seulement si la théologie a identifié longtemps les deux, c’est à cause d’une faute héritée de l’Ancien Testament, plus particulièrement du Shma’ Israël :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Chema_Israël

il est vrai que j’identifie moi aussi l’idée de Dieu et l’idée de l’Un au Mathème Cat, catégorie de toutes les catégories  ou l’∞-catégorie de toutes les ∞-catégories (∞,1)Cat :

https://ncatlab.org/nlab/show/(infinity,1)Cat

https://ncatlab.org/nlab/show/Cat

Mais il s’agit d’une idée, pas d’un étant

« l’Un qui est «  , qui est réfuté à la fois par la pensée de Badiou et celle de Brunschvicg sur Platon , serait l’Un transcendant de l’Islam ( hérité du judaïsme) dont l’Histoire révèle depuis 14 siècles les conséquences catastrophiques.

 

 

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/04/16/scienceinternelle-19-recherches-sur-lidee-de-dieu-qui-est-dieu-∞-categorie-des-∞-categories/

 

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/08/25/la-metacategorie-cat-de-toutes-les-categories-comme-modele-mathematique-du-monde-des-idees-de-platon/

J’appelle donc Cat «  Dieu » qui est une idée, pas un Être suprême

c’est aussi  ce que Malebranche appelle « Étendue Intelligible « , je peux aussi bien l’appeler  Absolu, comme Badiou appelle V, classe de tous les ensembles.

J’ai dit plusieurs fois écrit ici que notre époque « terminale » est l’ère de l’Absolu, depuis 1945, année de naissance de la théorie des catégories, mais je préfère maintenant dater le début de cette ère de 1847, année de publication du Grand œuvre de Wronski :

»Messianisme ou Réforme absolue du savoir humain «

dont les trois tomes sont accessibles ici :

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/wronski-messianisme-ou-reforme-absolue-du-savoir-humain-tome-1/

 

https://henosophiamathesis.wordpress.com/wronski-messianisme-ou-reforme-absolue-du-savoir-humain-tome-2/

 

https://mathesisuniversalis.wordpress.com/2015/09/25/wronski-messianisme-ou-reforme-absolue-du-savoir-humain-tome-3/

Wronski est mort de faim et de froid à Neuilly en 1853, peu après débutait la théorie des ensembles ST avec les travaux de Cantor : étape 1 vers l’Absolu

puis en 1945 étape 2 : CT théorie des catégories :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Théorie_des_catégories

étape 3 : vers 2006 : HoTT : théorie homotopique des types :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/01/31/hott-levenement-spirituel-de-la-theorie-homotopique-des-types/

( voir tout le hashtag #HoTT)

Étape 4:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/07/14/yves-cochet-pense-que-la-fin-de-lhumanite-aura-lieu-en-2035-il-a-tort-cest-pour-2030/

https://www.moustique.be/24085/la-fin-du-monde-pour-2030-c-est-quoi-la-theorie-de-effondrement

https://www.francebleu.fr/infos/societe/video-bretagne-l-ex-ministre-yves-cochet-prevoit-la-fin-du-monde-pour-2030-il-faudra-s-entraider-ou-1569865269

 

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