#JeSuisMila #UnDoigtDansLeCulPourAllah ☝️ voilà ce qui arrive quand on confond le plan des Idées et le plan du monde

 Depuis toujours je rappelle ici que Dieu est une Idée, pas un être ou un Super-être, il n’y a des êtres (pierres, plantes, animaux ) que dans le monde physique (la Nature)  appelé « Terre » au commencement de la Genèse , le « ciel » étant le plan des Idées

https://www.mechon-mamre.org/f/ft/ft0101.htm

La dualité des plans , ciel et terre, est reconnue par la Bible :

בְּרֵאשִׁית, בָּרָא אֱלֹהִים, אֵת הַשָּׁמַיִם, וְאֵת הָאָרֶץ.

1 Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre

Seulement ce livre date de temps d’ignorance où la Science n’existait pas :nous savons maintenant que ni le monde ni le ciel (le plan internel) n’ont été créés.

Qu’est ce que Dieu ? Une Idée, pas un être dans le monde, l’Idée d’Un, assurant l’unité de toutes les Idées.

c’est donc une essence mathématique, l’∞-catégorie de toutes les ∞-catégories, ou Idée de toutes les Idées : une Idée est un mathème , une

∞-catégorie :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/04/16/scienceinternelle-19-recherches-sur-lidee-de-dieu-qui-est-dieu-∞-categorie-des-∞-categories/

Il est absurde d’insulter ou attaquer une entité mathématique, encore plus que s’attaquer à des moulins à vent, comme Don Quichotte, car au moins les moulins à vent sont des choses dans le monde. Mais il est absurde encore plus d’imaginer qu’une Idée, une Essence mathématique, puisse vouloir se venger d’une insulte.

Voilà en germe toute l’affaire « Mila » :

https://ripostelaique.com/menaces-de-mort-musulmanes-contre-mila-16-ans-lesbienne-et-islamophobe.html

 

https://www.cnews.fr/france/2020-01-23/laffaire-mila-une-jeune-lesbienne-qui-critique-violemment-lislam-prend-une-ampleur

https://www.lci.fr/justice/jesuismila-menacee-de-mort-et-de-viol-pour-avoir-insulte-l-islam-sur-instagram-mila-16-ans-porte-plainte-2143516.html

https://www.huffingtonpost.fr/entry/je-suis-mila-cyberharcelement_fr_5e2859e2c5b67d8874aa74d7

Qu’est ce que cela révèle ? Que l’Islam continue de confondre les deux plans : monde et « autre monde » , ou les « âmes » des défunts vont « après la mort », séparé entre enfer et paradis,  c’est simplement la « vision » naïve du plan des Idées par des primitifs

Qu’est ce que l’athéisme  ? C’est la confusion des deux plans, et c’est le cas de l’islam comme du nazisme :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/04/08/quest-ce-que-le-nazisme/

La confusion de l’Idée de l’Un avec un Dieu chef de guerre est la malédiction de l’humanité, elle commence avec le verset 6.4 du Deutéronome :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Chema_Israël

et se poursuit avec le Coran, écrit par des scribes nazaréens, ces juifs qui admettaient en même temps la Torah et certaines parties de l’évangile:

http://boulevarddelislamisme.blog.tdg.ch/archive/2017/07/21/a-l-origine-de-l-islam-la-folle-histoire-des-judeo-nazareens.html

 

 

Ces faussaires nazaréens, qui ont écrit le Coran, avaient une conception entièrement « desséchée «  du Jésus de l’Evangile , qu’ils assimilaient à un Messie guerrier qui prendrait la tête des élus, une fois Jérusalem reconquise, pour qu’ils soumette la Terre entière à la Loi du Dieu d’Israel. Seulement entre temps ils recrutèrent en Syrie des soldats arabes auxquels ils inculquèrent des croyances monothéistes, et le Coran est donc constitué des cahiers de cours de cet enseignement , la « meilleure des communautés, interdisant le blâmable et ordonnant le convenable » est formée de ces mercenaires ou de leurs descendants, et le « Dieu d’Israel » devient Allah.

c’est un exemple particulièrement pernicieux de l’Un séparé ,  malédiction de l’humanité qu’elle condamne à des guerres incessantes avec leur cortège sanglant de massacres.

Mais entre temps est née la Science occidentale, avec le «  retour à la spiritualité pure de Platon » qu’est selon Brunschvicg le cartésianisme

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/ecrits_philosophiques_t1/ecrits_philosophiques_t1_intro.html

«

A la question précisée par ce fragment de Théophraste, qui sonne comme un adieu de l’Occident à lui-même, nous savons qu’il a fallu attendre plus de vingt siècles pour que Descartes y apporte enfin la réponse. Dans l’intervalle, l’éclipse des valeurs proprement et uniquement spirituelles sera complète dans la littérature européenne : la voie est libre aussi bien pour l’importation directe des divers cultes d’Égypte ou d’Asie que pour les fantaisies de synthèses entre le vocabulaire des Écoles philosophiques et la tradition des récits mythologiques.

C’est de Descartes que date le retour à la spiritualité pure par laquelle Platon avait mis en évidence le caractère de la civilisation occidentale : « Toutes les sciences (écrit-il dans la première des Règles pour la direction de l’esprit), ne sont rien d’autre que la sagesse humaine, laquelle demeure toujours une et identique, tout en s’appliquant à divers sujets, sans se laisser différencier par eux, plus que la lumière du soleil par la variété des choses qu’elle éclaire. » Mais l’humanisme de la sagesse ne manifestera toute sa vertu dans la recherche de la vérité, que s’il a conquis, par une ascèse préalable, sa liberté totale à l’égard des préjugés de la conscience collective. De cette ascèse, Descartes sera redevable aux Essais de Montaigne. »

ce qui permettra l’expérience humaine de « l’Un non séparé » : la science est fondamentalement unification par la coordination mathématique de la diversité de l’expérience, c’est là l’antidote au poison du Coran, c’est là le sens de la conférence de Brunschvicg vers 1930 :

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/about/

« Toute réflexion inquiète de l’Européen sur l’Europe trahit un mauvais état de santé intellectuelle, l’empêche de faire sa tâche, de travailler à bien penser, suivant la Raison occidentale, qui est la Raison tout court, de faire surgir, ainsi que l’ont voulu Platon et Spinoza, de la science vraie la pureté du sentiment religieux en  chassant les imaginations matérialistes  qui sont ce que l’Occident a toujours reçu de l’Orient »

pureté religieuse que Brunschvicg décrit dans l’introduction à « L’humanisme de l’Occident «  comme assise définitive du spiritualisme occidental » :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/ecrits_philosophiques_t1/ecrits_philosophiques_t1_intro.html

»

Cette intériorité de la pensée à la vérité, voilà quelle sera désormais la seconde assise, l’assise définitive, du spiritualisme occidental. Il y a presque trois siècles que le Discours de la méthode a terminé, décidément, le Moyen âge post-aristotélicien ; et depuis trois siècles le type de vérité, créé par l’avènement de la physique mathématique, n’a cessé, à mesure qu’il croissait en valeur objective, d’approfondir sa raison d’être, par un double appel aux initiatives humaines de l’invention analytique et de la technique expérimentale. Le savant prend conscience que son univers est d’autant plus réel qu’il s’éloigne davantage des apparences immédiates, des données sensibles, pour ramener des faits, toujours plus minutieusement précisés, à un réseau d’équations, toujours plus dense. Le langage mathématique, qui pouvait d’abord sembler si abstrait, pour ne pas dire si étrange, en face des aspects infiniment variés de la nature, est pourtant le seul dans lequel nous savons qu’elle accepte de répondre effectivement aux questions qui lui sont posées, le seul donc par quoi l’homme, acquérant la dignité de vérité, soit assuré de s’élever, par delà l’ordre de la matière et l’ordre de la vie, jusqu’à l’ordre de l’esprit. » 

Cette échelle s’élevant   de la matière à la vie puis à l’esprit correspond aux trois dieux en guerre sur le théâtre d’ombres du monothéisme abrahamiques : dieux de la matière ( Torah, Coran ), de la vie (évangiles) et de l’esprit ( Dieu des philosophes et des savants ):

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/11/24/cochetbrunschvicg-12-trois-types-detres-humains-donc-trois-conceptions-de-dieu-trois-dieux-en-guerre/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/11/25/mais-comment-sappellent-ces-trois-dieux-en-guerre-permanente/

Le Dieu qui est imaginé par les attardés comme pouvant être attaqué dans le blasphème, c’est le Dieu utilitaire de l’homo faber , mensonge vital . Il doit céder la place au « Dieu de l’homo sapiens « , ou Dieu des philosophes et des Savants , Dieu qui est Idée et non pas être :

»

ainsi, par-delà toutes les circonstances de détail, toutes les vicissitudes contingentes, qui tendent à diviser les hommes, à diviser l’homme lui-même, le progrès de notre  réflexion découvre dans notre propre intimité un foyer où l’intelligence et l’amour se présentent dans la pureté radicale de leur lumière. Notre âme est là ; et nous l’atteindrons à condition que nous ne nous laissions pas vaincre par notre conquête, que nous sachions résister à la tentation qui ferait de cette âme, à l’image de la matière, une substance détachée du cours de la durée, qui nous porterait à nous abîmer dans une sorte de contemplation muette et morte. La chose nécessaire est de ne pas nous relâcher dans l’effort généreux, indivisiblement spéculatif et pratique, qui rapproche l’humanité de l’idée qu’elle s’est formée d’elle-même….

 

…si les religions sont nées de l’homme, c’est à chaque instant qu’il lui faut échanger le Dieu de l’homo faber, le Dieu forgé par l’intelligence utilitaire, instrument vital, mensonge vital, tout au moins illusion systématique, pour le Dieu de l’homo sapiens, Dieu des philosophes et des savants, aperçu par la raison désintéressée, et dont aucune ombre ne peut venir qui se projette sur la joie de comprendre et d’aimer, qui menace d’en restreindre l’espérance et d’en limiter l’horizon.

 

Dieu difficile sans doute à gagner, encore plus difficile peut-être à conserver, mais qui du moins rendra tout facile. Comme chaque chose devient simple et transparente dès que nous avons triomphé de l’égoïsme inhérent à l’instinct naturel, que nous avons transporté dans tous les instants de notre existence cette attitude d’humilité sincère et scrupuleuse, de charité patiente et efficace, qui fait oublier au savant sa personnalité propre pour prendre part au travail de tous, pour ne songer qu’à enrichir le trésor commun ! »

Tel est le seul enseignement que l’on peut tirer de cette déplorable « affaire Mila «

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Harold M Edwards : Fermat’s Last theorem

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G H Hardy : le mathématicien comme créateur de motifs (patterns) d’idées

  • A mathematician, like a painter or a poet, is a maker of patterns. If his patterns are more permanent than theirs, it is because they are made with ideas.

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academia. edu : the living consciousness of german idealists

www.academia.edu/619486/The_Living_Consciousness_of_the_German_Idealists

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#∞-cosmoi #quasicategories #HoTT Emily Riehl : synthetic theory of ∞-categories vs synthetic theory of ∞-categories

https://video.ias.edu/VoevodskyMemConf-2018/0912-EmilyRiehl

il y a le texte correspondant à la vidéo au bas de la page :

 

la différence entre les deux approches des ∞-catégories, analytique et synthétique, est expliquée pages 15-16 :

Se limiter à un « modèle «  de la notion étudiée des     ∞-catégories : qCat ( les quasicatégories) modèle choisi par Lurie, Joyal, Cisinski, Gepner-Haugseng; Rezk ( c’est à dire CSS, les espaces de Rezk ou espaces complets de Segal ) par Rasekh et Kazdhan, Seg ( les catégories de Segal) par Simpson : approche analytique

approche synthétique : travailler dans tous les « modèles «  pour y prouver des théorèmes ; il y a fondamentalement quatre « modèles «  : qCat ( la catégorie des quasicatégories) , Rezk ( les « objets de Rezk » c’est à dire CSS les espaces complets de Segal) , Segal ( les catégories de Segal) et 1-Comp ( les « complicial spaces »). Ceci pour la première approche synthétique, celle de Riehl et Verity avec la notion axiomatique d’ ∞- cosmos, qui est une axiomatisation des propriétés de qCat et des quasicatégories . Nous avons donc avec cette approche quatre sortes d’ ∞-cosmos : qCat, CSS, Segal et 1-Comp , selon un diagramme qui rappelle la figure déjà signalée et qui provient des travaux de Barwick et Schommer-Pries :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/03/11/barwick-schommer-pries-la-categorie-qcat-des-quasicategories-comme-modele-pour-la-theorie-de-lhomotopie-des-categories-superieures/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/02/25/barwick-schommer-pries-unicity-of-homotopy-theory-of-higher-categories/

figure qui est la suivante :

et qui devient dans l’article de Riehl- Schulman :

Il y a donc au total trois approches des ∞- catégories :

1- analytique, dite « pour les experts », la plus difficile, celle qui a été pratiquée par les premiers explorateurs de ce nouveau « Far West » ( Joyal , Rezk, Haugseng, … ) parce qu’avant eux aucune route n’avait été tracée

2 synthétique , dite « pour les étudiants Graduate «  , grâce à la voie des ∞-cosmoi tracée par Riehl- Verity

3 synthétique dite « pour les étudiants undergraduate « voir page 22 sur 108 :

théorie synthétique des ∞-catégories dans HoTT ( «  Homotopy type theory »): c’est la partie de Shulman

Mais bien sûr  la théorie de cette contrée sauvage n’en est encore qu’à ses balbutiements …

Ici je concentrerai mes efforts sur qCat et Cat , catégorie des petites catégories, qui est un ∞- cosmos d’après ce travail fondamental de Riehl – Verity :

https://arxiv.org/pdf/1506.05500.pdf

Exemple 2.2.4 page 11 sur 75

et Cat est aussi ce que j’ai appelé , en me basant sur le travail des époux Edwards en 1968 : modèle  mathématique ( c’est à dire mathème) du monde des idées de Platon

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/08/25/la-metacategorie-cat-de-toutes-les-categories-comme-modele-mathematique-du-monde-des-idees-de-platon/

L’article fondateur des Edwards est ici :

« The Category of categories as a model for the Platonic World of Forms

http://alpha.math.uga.edu/~davide/The_Category_of_Categories_as_a_Model_for_the_Platonic_World_of_Forms.pdf

Son importance ne saurait être surestimée, tout ce blog sort de là , il faut toujours y revenir, comme Robinson Crusoé sur son île inconnue des cartes revient toujours au bateau sur lequel il a fait naufrage et en tire tout ce dont il pourra éventuellement avoir besoin…

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Kerodon : un site sur la théorie catégorique de l’homotopie maintenu par Jacob Lurie

https://kerodon.net/tag/0000

Chapitre 1:

https://kerodon.net/tag/0001

Categories}+{Homotopy Theory}={-Categories},

Un bon résumé de ce que c’est que la théorie des ∞-catégories:

∞CT = CT + HoTT

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Robert Altman : « Brewster McCloud « (1970) vo

Je n’ai pas trouvé de version en vf ou vostfr

https://m.ok.ru/video/844390140558

 

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Brewster_McCloud

Je l’avais vu à sa sortie au début des années 70 avec sous titres, mais ce film n’ avait pas attiré mon attention alors. Dommage car c’était la décennie des « seventies » qui arrivait et le film était prémonitoire : le personnage «  archangélique «  de Louise ( joué par Sally Kellerman qui était déjà dans MASH) est en quelque sorte l’ange gardien de Brewster (Bud Cort ) et lui vient en aide contre tous ceux qui tentent de s’opposer à son projet de voler, et elle le met en garde contre le sexe , contre Eros donc, qui serait un empêchement à la réussite dans sa tentative de prendre son envol l’avertit elle constitue  l’activité humaine la plus proche de celle de voler. Et quand Brewster, qui est vierge, fait l’amour avec Suzanne ( Shelley Duvall ) l’archange Louise , qui porte dans le dos des cicatrices marquant la place d’anciennes ailes  s’en va, déçue et comprenant qu’elle ne peut plus rien faire contre la catastrophe finale, Brewster qui prend son envol mais qui retombe et s’écrase au sol peu après, exténué. Mais qu’est ce que cela veut dire ?

Je comprends mal l’anglais des films américains et dois m’aider de plusieurs sites commentant le scénario:

BREWSTER McCLOUD

 

http://www.money-into-light.com/2012/01/brewster-mccloud-robert-altman-1970.html

C’est Doran William Cannon , scénariste du film « psychédélique » Skidoo d’Otto Preminger en 1968, qui avait écrit un premier script :

« Brewster McLeod’s (Sexy) Flying Machine  »

mais cela avait déplu à Robert Altman qui l’avait profondément modifié, en réorientant le personnage de Brewster qui était initialement très ambigu (on pouvait se demander s’il n’était pas l’auteur des meurtres en série de tous ceux qui s’opposaient à son projet obsessionnel d’envol) vers le jeune homme naïf, idéaliste et vierge, obsédé par le sexe certes, qu’il ne connaît pas encore, (mais c’est son jeune âge qui veut ça ), qu’incarne Bud Cort dans le film

La capacité de voler, cela signifie la liberté ; et la liberté, ce n’est pas la liberté de faire ce que l’on veut, de voyager où l’on veut, de manger ce que l’on veut, c’est une condition nécessaire mais non suffisante : quelqu’un qui est privé du droit d’aller où il veut n’est pas libre, mais ce n’est pas parce qu’on a le droit d’aller où l’on veut que l’on est libre. Être libre, cela consiste à avoir la possibilité d’accéder à la vie de l’esprit « qui s’exerce dans un Présent éternel où Platon et Spinoza sont nos contemporains » , à pouvoir «  enlever la poussière du temps, déposée par le temps chronologique sur un tableau de Maître et contempler l’éternelle beauté du tableau ». Comme par exemple ce tableau de Cimabue, « Le Christ moqué », découvert récemment dans une maison de Compiegne :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/La_Dérision_du_Christ

Pourquoi la liberté est elle symbolisée par le vol d’un oiseau ? Parce c’est en s’élevant dans les hauteurs que l’on élargit le panorama et que l’on contemple une vaste étendue terrestre tout en étant conscient qu’elle est une : la liberté est associée à la connaissance , à « l’inépuisable  aujourd’hui de la connaissance «  , c’est à dire à l’unification et à l’amplification du regard . Donc les avertissements de Louise l’archange à Brewster McCloud ne sont pas de simples leçons de morale, elle l’avertit simplement que l’activité sexuelle risque de lui « couper les ailes » et c’est bien ce qui arrive à la fin. Et la même chose peut et doit être dite à propos de l’alcool ou des autres drogues. C’est le sens des propos de Jack London dans le «  Cabaret de la dernière chance « :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2020/01/17/jack-london-le-cabaret-de-la-derniere-chance-john-barleycorn/

John Barleycorn et Eros sont ennemis de la vie et « de mèche avec la Camarde » en ce sens qu’ils sont ennemis de la liberté, seule possibilité pour la conscience de pouvoir échapper au temps chronologique qui achemine à la mort en réalisant que c’est une illusion :

»Nous nous affranchirons du temps simplement vital, dans la mesure où nous en découvrirons la racine intemporelle. La vie, nous savons trop qu’elle est sans pitié pour les vivants. Elle peut se définir comme l’ensemble des forces qui résistent à la mort….. jusqu’à l’inévitable dénouement qui la révèle comme l’ensemble des forces qui acheminent à la mort….. 

 

…il est malaisé de décider si l’armée des vivants peut avoir l’espérance, suivant la magnifique image que nous a proposée  Bergson, de « culbuter la mort« ; mais, puisque le salut est en nous,n’est il pas assuré que l’armée des esprits débouche dans l’éternité, pourvu que nous ayons soin de maintenir à la notion d’éternité sa stricte signification d’immanence radicale ? « 

Cette « racine intemporelle «  du temps chronologique, simplement vital, c’est qu’il est créé par notre marche tangente à l’esprit, c’est à dire notre impossibilité d’accéder à l’immanence radicale, qui est la « porte étroite » de l’instant présent , qui est la seule chose qui soit réelle mais qui tombe perpétuellement dans le passé qui est (immodifiable ).

Mettons qu’une femme m’a laissé entrevoir les «  plus grandes espérances » pour un rendez vous demain à 18heures. Les jours précédents, je ne suis plus dans l’instant présent, mais mon esprit est fixé de manière obsessionnelle sur ce rendez vous de 18 heures, je ne pense plus qu’à ça. Et la drogue ou l’alcool ont le même effet de me faire sortir des gonds, des « chevalets du présent », comme le récit de Théophile Gautier l’exprime sous forme poétique  :

https://fr.m.wikisource.org/wiki/Le_Club_des_Hachichins

«X. — NE CROYEZ PAS AUX CHRONOMÈTRES.

En revenant à moi, je vis la chambre pleine de gens vêtus de noir, qui s’abordaient d’un air triste et se serraient la main avec une cordialité mélancolique, comme des personnes affligées d’une douleur commune. Ils disaient : — Le Temps est mort ; désormais il n’y aura plus ni années, ni mois, ni heures ; le Temps est mort, et nous allons à son convoi.

— Il est vrai qu’il était bien vieux, mais je ne m’attendais pas à cet évènement ; il se portait à merveille pour son âge, ajouta une des personnes en deuil que je reconnus pour un peintre de mes amis.

— L’éternité était usée ; il faut bien faire une fin, reprit un autre.

— Grand Dieu ! m’écriai-je frappé d’une idée subite, s’il n’y a plus de temps, quand pourra-t-il être onze heures ?…

— Jamais… cria d’une voix tonnante Daucus-Carota, en me jetant son nez à la figure, et se montrant à moi sous son véritable aspect… Jamais… il sera toujours neuf heures un quart… L’aiguille restera sur la minute où le Temps a cessé d’être, et tu auras pour supplice de venir regarder l’aiguille immobile, et de retourner t’asseoir pour recommencer encore, et cela jusqu’à ce que tu marches sur l’os de tes talons. »

ou bien sous forme de science fiction dans « La jetée » de Chris Marker :

La Jetée Commentaire, Chris Marker

«Il avait peur. Il avait entendu parler du chefs des travaux. Il pensait se trouver en face de Savant fou, du docteur Frankenstein. Il vit un homme sans passion, qui lui expliqua posément que la race humaine était maintenant condamnée, que l’Espace lui était fermé, que la seule liaison possible avec les moyens de survie passait par le Temps. Un trou dans le Temps, et peut-être y ferait-on passer des vivres, des médicaments, des sources d’énergie.

Tel était le but des expériences : projeter dans le Temps des émissaires, appeler le passé et l’avenit au secours du présent.

Mais l’esprit humain achoppait. Se réveiller dans un autre temps, c’était naître une seconde fois, adulte. Le choc était trop fort. Après avoir ainsi projeté dans differéntes zones du Temps des corps sans vie ou sans conscience, les inventeurs se concentraient maintenant sur des sujets doués d’images mentales très fortes. Capables d’imaginer ou de rêver un autre temps, ils seraient peut-être capables de s’y réintégrer.

La police du camp épiait jusqu’aux rêves. Cet homme fut choisi enter mille, pour sa fixation sur une image du passé.

Au début, rien d’autre que l’arrachement au temps présent, et ses chevalets. On recommence. Le sujet ne meurt pas, ne délire pas. Il souffre.«

Simplement, le voyage temporel est un vieux rêve de l’humanité, qui va de pair avec le rêve trans-humaniste de l’immortalité, qui vient remplacer  la possibilité réelle de l’esprit humain dans son « pouvoir d’actualisation du jugement de l’éternel présent « , possibilité d’entrer dans le «  royaume des cieux » par la porte étroite de l’instant, en se tenant à l’écart de la « voie large «  de la temporalité vitale qui « mène à la perdition » ( à la mort ):

https://saintebible.com/matthew/7-13.htm

« 13Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. 14Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent.«

Mais la différence entre le voyage temporel fantasmatique, interdit par la physique, et le pouvoir d’actualisation de « l’inépuisable aujourd’hui de la connaissance » est que lors de l’expérience décrite dans le film de Chris Marker , ce sont des images vitales qui se mettent à « sourdre « :

»On continue. Au dixième jour d’expérience, des image commencent à sourdre, comme des aveux. Un matin du temps de paix. Une chambre du temps de paix, une vraie chambre. De vrais enfants. De vrais oiseaux. De vrais chats. De vrais tombes. Le seizième jour, il est sur la jetée. »

Non pas de vrais oiseaux : des images d’oiseaux.

Par contre dans l’accès au présent éternel de l’esprit comme Immanence radicale, ce sont des idées qui jaillissent.

C’est cela la signification symbolique de l’expérience du vol, qui a toujours fasciné l’humanité , plus encore que l’immortalité sous forme d’une vie perpétuelle dans le monde.

 

 

 

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