Une dégradation continue : des débats philosophiques aux guerres religieuses puis « raciales »

Cet article récent :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/11/15/on-ne-verse-pas-le-vin-nouveau-dans-de-vieilles-outres/

largement inspiré du « Progrès de la conscience dans la philosophie occidentale » de Brunschvicg, met en évidence un progrès spirituel entre la vieille mentalité, pharisaïque, et le « vin nouveau » de l’esprit évangélique sensible dans l’évangile de Jean ou de Thomas. Mais si l’on verse le vin nouveau dans les vieilles outres, celles de la vieille mentalité pharisaïque, on obtient le Coran, écrit par des scribes nazaréens admettant à la fois la Torah et l’évangile , à travers le Protévangile de Matthieu, et l’islam, c’est à dire une résurgence de la vieille mentalité pharisaïque : c’est que la conception « chrétienne «  des « judéo-chrétiens «  nazaréens n’était pas le « vin nouveau » du « Dieu en esprit et en vérité » mais «  le Dieu auquel l’esprit se refuse : Dieu du mystère ou Dieu des armées «  . Jésus selon eux n’était pas «  le Fils de Dieu «  selon la conception propre aux «  religions de la vie » ,  au dessus  du « Dieu de la matière «  mais en dessous du « Dieu de l’esprit », mais le Messie guerrier ayant pour mission de prendre la tête de la « communauté des croyants » afin de soumettre toute l’humanité à la Loi de Dieu, celui qui s’appelait encore le Dieu d’Israel pour ces scribes nazaréens mais deviendra Allah . Et la communauté des croyants deviendrala oumma islamique , dont la Sourate 3 dit au verset 110 :

https://coran.oumma.com/sourate/3

« Vous êtes la meilleure communauté, qu’on ait fait surgir pour les hommes. Vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah. Si les gens du Livre croyaient, ce serait meilleur pour eux, il y en a qui ont la foi, mais la plupart d’entre eux sont des pervers.«

Les « gens du Livre » ce sont les juifs et les chrétiens : les juifs qui rejettent totalement l’évangile, les chrétiens qui admettent seulement l’évangile et l’ancien testament.

Récapitulons  : au Commencement était le Verbe  ( ce que j’appelle dans ce blog les Idées ) puis la philosophie et le débat intra-philosophique entre l’idéalisme rationnel platonicien , se proposant de rétablir le contact de l’humanité avec le monde des Idées, le Verbe, et le réalisme aristotélicien qui informera le thomisme plus de 15 siècles après, avant que Descartes ne rétablisse la pure spiritualité platonicienne.  Mais entre temps seront apparues deux autres religions «  abrahamiques » , en guerre perpétuelle l’une contre l’autre :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/11/24/cochetbrunschvicg-12-trois-types-detres-humains-donc-trois-conceptions-de-dieu-trois-dieux-en-guerre/

« Mr Brunschvicg s’exprime ainsi :” Dieu, dans le plan du réalisme physique , sera le Créateur, où tout au moins le Démiurge. Dans le plan du réalisme biologique il sera le Père, ou pour mieux dire l’Absolu du Père, le Père qui n’a pas de Père, , engendrant éternellement l’Absolu du Fils, le Fils qui n’a pas de Fils , enfin dans le plan de l’idéalisme rationnel, il est le Deus interior, unité présente à tout acte d’unité, jugement d’intelligence ou sentiment d’amour.
Ainsi la matière aura son Dieu, la vie aura son Dieu, l’esprit a son Dieu. Or, ces trois Dieux sont ils compatibles l’un avec l’autre?
Hélas non! Et comme autrefois les dieux des hordes primitives, ces trois Dieux se heurtent dans les sociétés humaines.
Pour que Dieu soit en Esprit et en Vérité, continue Mr Brunschvicg, il faut d’abord qu’il ne soit qu’en Esprit et en vérité. Croire ou vérifier, l’alternative est inéluctable

C’est à dire que la mentalité pharisaïque primitive , celle de la Torah ou du Coran, celle qui préfère croire à vérifier. se situe dans le plan du réalisme physique et opte pour le « Dieu de la matière « ; celle des fidèles de l’évangile se situe dans le plan du réalisme biologique et du « Dieu de la vie «  : Père sans père engendrant éternellement le Fils sans fils. Mais au dessus se place le Dieu de l’Esprit, Dieu des philosophes et des savants, Dieu de l’homo sapiens , alors que le Dieu de la matière ou de la vie peut être appelé « Dieu de l’homo faber »:

«…si les religions sont nées de l’homme, c’est à chaque instant qu’il lui faut échanger le Dieu de l’homo faber, le Dieu forgé par l’intelligence utilitaire, instrument vital, mensonge vital, tout au moins illusion systématique, pour le Dieu de l’homo sapiens, Dieu des philosophes et des savants, aperçu par la raison désintéressée, et dont aucune ombre ne peut venir qui se projette sur la joie de comprendre et d’aimer, qui menace d’en restreindre l’espérance et d’en limiter l’horizon.

 

Dieu difficile sans doute à gagner, encore plus difficile peut-être à conserver, mais qui du moins rendra tout facile. Comme chaque chose devient simple et transparente dès que nous avons triomphé de l’égoïsme inhérent à l’instinct naturel, que nous avons transporté dans tous les instants de notre existence cette attitude d’humilité sincère et scrupuleuse, de charité patiente et efficace, qui fait oublier au savant sa personnalité propre pour prendre part au travail de tous, pour ne songer qu’à enrichir le trésor commun ! »

L’opposition purement philosophique entre idéalisme rationnel et réalisme astro-biologique précède et  commande les oppositions religieuses apparue bien plus tard, avec le christianisme puis l’islam:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/progres_conscience_t1/progres_conscience_t1_intro.html

« Aussi bien, et l’on devra s’en laisser convaincre par les premiers chapitres de notre ouvrage, l’opposition décisive entre l’idéalisme mathématique de la République platonicienne et le réalisme astro-biologique de la Métaphysiquearistotélicienne a défini le thème fondamental de l’Occident dans le domaine pratique comme dans le domaine théorique, indépendamment de toute référence au christianisme. Plusieurs siècles avant qu’il ait commencé d’exercer sa propagande, la polémique de l’Académie et du Lycée apporte le témoignage lumineux qu’il existe deux types radicalement distincts de structure mentale, commandés, l’un par les relations de la science (μαθήματα), l’autre par les concepts du discours (λόγοι). De là procède le problème religieux, tel qu’il se manifeste dans la  terminologie des Stoïciens avec la dualité du Verbe intérieur, ou raison : λόγος ἐνδιάθετος, et du Verbe extérieur, ou langage : λόγος προφορικός. Ce problème, s’il devait prendre dans le christianisme une forme de plus en plus aiguë, ne relève à son origine que de la seule philosophie »

Donc, pour résumer, l’esprit humain descend d’un premier degré : de la philosophie aux religions. En Inde ,  y correspond la dégradation de l’idéalisme vedantique en réalisme des dieux et déesses des religions populaires et mythologiques.

Mais il y avait encore un degré à descendre hélas : des religions aux peuples gouvernés selon ces religions, puis aux « races » , aux 19 emes et 20eme siècle, avec les écrits de Gobineau,  Chamberlain (« la Genèse du 19eme siècle ) :

https://fr.m.wikisource.org/wiki/Livre:Chamberlain_-_La_Genèse_du_XIXe_siècle,_tome_1.djvu

puis « Le mythe du 20eme siècle «  d’Alfred Rosenberg, le ministre du Reich, qui débouche directement sur la seconde guerre mondiale et la Shoah.

les peuples qui vivent dans l’espace dit « occidental » sont chrétiens : s’y ajoutent les juifs , qui ont fui la Judée détruite par Rome, et ont toujours refusé de se convertir au christianisme, ce qui a provoqué le bien réel antisémitisme, déjà chez Luther, aux sources du protestantisme germanique, et  plus tard chez Hitler.

Les peuples qui se situent dans l’espace conquis par l’islam,  en Asie y compris en Inde, et en Europe, sont musulmans.

ce qu’on appelle les « confessions religieuses «  se transmettent des parents aux enfants , selon ce qu’on pourrait appeler une « projection » de ce qui est spirituel « du ciel en terre » , du plan  internel de l’Esprit  sur le plan  vital des générations et de l’Histoire

Pourquoi le racisme est il condamnable ? Les « antiracistes » auto-proclamés seraient bien en peine de répondre à cette question : c’est parce que la notion de « peuples » et de « races » résulte de ce que j’appelle une « déchéance ontologique «  depuis le plan spirituel de l’Idée jusqu’au plan vital de l’histoire, ce cauchemar dont Joyce voulait s’éveiller.

mais allons jusqu’à notre époque , juste  après le nazisme : les juifs, après la catastrophe de la Shoah , deviennent conscients de la haine dirigée contre eux, Israël est créé en 1948 ( theodor Herzl, fondateur du sionisme, en avait eu l’idée à l’occasion de l’affaire Dreyfus. La haine antisémite en terre d’islam en prend prétexte, mais cette haine, qui remonte comme la christianophobie aux sources nazaréennes du Coran , existerait même si Israel n’avait jamais été créé. Le fait que les nazaréens étaient des juifs, qui avaient fui Jérusalem en 130 pour errer en Syrie et y recruter des soldats arabes, les futurs musulmans, resta ignoré. L’antisémitisme européen était et reste bien réel : par contre la prétendue « islamophobie «  qui existerait en Europe n’est qu’une invention  machinée par des trotskystes comme le ténébreux Edwy Plenel :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/10/20/faux-idealisme-le-cas-dedwy-plenel-et-de-lislamogauchisme/

Mais à côté du plus grand danger croît la plante qui sauve  : l’opposition purement philosophique entre l’idéalisme platonicien et le réalisme aristotélicien  , qui était à l’origine des guerres religieuses incessantes qui ont ensanglanté le monde et continuent de le faire :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/11/25/mais-comment-sappellent-ces-trois-dieux-en-guerre-permanente/

cette opposition rejaillit sur le terrain mathématique , entre les « vieilles outres «  de l’ontologie théorie des ensembles et la théorie des catégories et des topoi. Alain Badiou reste enlisé dans l’ancienne mentalité ensembliste- ontologique:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/11/10/topostheory-le-peche-originel-dalain-badiou/

Le philosophe mathématicien Antti Veilahti démontre dans un article remarquable :

https://arxiv.org/pdf/1301.1203.pdf

que Badiou n’a qu’une vue partielle de la théorie des topoi, celle qui est compatible avec son idéologie ensembliste qui refuse la théorie des catégories.

va t’on accuser Antti Veilahti de « badiophobie «  ? Peut être car « les cons ça ose tout » : mais si le ridicule ne tue plus et n’est donc plus un crime , il continue à tuer médiatiquement . Si quelqu’un veut contester l’article de Veilahti, qu’il apporte des démonstrations.

Le grand bienfait des mathématiques, c’est d’éviter les guerres et autres fusillades terroristes : que le débat quitte le terrain des « croyances «  pour celui , philosophique ou mathématique , des démonstrations et vérifications, c’est une excellente nouvelle ! Car « le vrai c’est ce qui est vérifié » et donc ce qu’il est impossible de vérifier, comme le Coran, n’est pas vrai, et donc, si je ne me trompe, et si Dieu le veut… FAUX !

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Alain Badiou : «  Logics of worlds « 

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‘Mathematics of the Transcendental’ by Alain Badiou (PDF)

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In Mathematics of the Transcendental, Alain Badiou painstakingly works through the pertinent aspects of category theory, demonstrating their internal logic and veracity, their derivation and distinction from set theory, and the ‘thinking of being’. In doing so he sets out the basic onto-logical requirements of his greater and transcendental logics as articulated in his magnum opus, Logics of Worlds.

Previously unpublished in either French or English, Mathematics of the Transcendentalprovides Badiou’s readers with a much-needed complete elaboration of his understanding and use of category theory. The book is vital to understanding the mathematical and logical basis of his theory of appearing as elaborated in Logics of Worlds and other works and is essential reading for his many followers.

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On ne verse pas le vin nouveau dans de vieilles outres

https://saintebible.com/matthew/9-17.htm

« 16Personne ne met une pièce de drap neuf à un vieil habit; car elle emporterait une partie de l’habit, et la déchirure serait pire. 17On ne met pas non plus du vin nouveau dans de vieilles outres; autrement, les outres se rompent, le vin se répand, et les outres sont perdues; mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le vin et les outres se conservent. »

Le vin nouveau, c’est la dialectique de l’Un, qu’il ne faut donc pas verser dans les vieilles outres de l’être, ce que Brunschvicg exprime à sa façon :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/progres_conscience_t2/brunschvicg_progres_conscience_t2.doc#c23_s3

« l’affranchissement du préjugé ontologique a une exigence inéluctable : il interdit que la dialectique de l’Un se modèle sur cette métaphysique de l’Être, dont elle a dénoncé l’illusion. Cependant la confusion de la dialectique et de la métaphysique est constante chez les mystiques spéculatifs, qui, à la suite de Plotin, ont imaginé une essence de l’Un transcendante par rapport à la raison. »

»Dieu, dans le plan du réalisme physique, sera le Créateur ou tout au moins le Démiurge. Dans le plan du réalisme biologique, il sera le Père, ou pour mieux dire l’Absolu du Père, le Père qui n’a pas de Père, engendrant éternellement l’Absolu du Fils, le Fils qui n’a pas de Fils. Enfin, dans le plan de l’idéalisme rationnel, il est le Deus interior, unité présente à tout acte d’unité, jugement d’intelligence ou sentiment d’amour.

Ainsi la matière aura son Dieu, la vie aura son Dieu, l’esprit a son Dieu. Or, ces trois Dieux sont-ils compatibles l’un avec l’autre ? Est-il permis de croire à la solidité d’un édifice de styles superposés, comme l’église Saint-Sulpice à Paris, où une métaphysique de type aristotélicien soutiendrait les formules du dogme au delà desquelles se produirait l’expérience mystique, l’union intime, dans l’anticipation de la gloire, avec Jésus et avec Dieu lui-même à travers Jésus ? »

Le « Dieu «  de la matière et celui de la vie se modèle sur la métaphysique aristotélicienne, de l’être . Mais « pour que Dieu soit en esprit et en vérité, il faut d’abord qu’il ne soit qu’en esprit et qu’en vérité. ».L’esprit ne répond que pour l’Esprit, pas pour ce qui est en dessous de lui, la matière et la vie.

Lorsque Jésus dit , dans le plus gnostique des évangiles reconnus par l’Eglise :

https://saintebible.com/john/10-30.htm

»Moi et le Père sommes un «

il devient scandale pour la vieille mentalité , celle des vieilles outres, des morts qu’il faut laisser enterrer les morts :

»31 alors les juifs prirent de nouveau des pierres pour le lapider «

jésus c’est l’Homme parfait, universel, et pour la mentalité de l’ancien monde, la déclaration plus haut est blasphématoire, façon d’égaler l’Homme à Dieu , aboutissement de la transposition de la dialectique de l’un en dialectique de l’être :  il y a là un problème philosophique, résolu par l’histoire de la philosophie :

«Mais l’histoire, telle que nous la connaissons aujourd’hui, permet d’en appeler, contre le réalisme des platoniciens, à la pure spiritualité de Platon. Ce qui s’oppose à l’entité de l’être, ce n’est pas l’être de l’un, c’est l’unité de l’un, vers laquelle s’oriente l’idéalité de la dialectique ascendante. Cette dialectique implique à chacun de ses degrés une présence sans laquelle deux marchands ne pourraient se mettre d’accord sur l’exactitude de leurs échanges, deux citoyens sur la réciprocité des rapports de justice, mais qu’on ne saurait hypostasier à titre d’essence séparée sous peine de se heurter au fantôme contradictoire du τρίτος νθρωπος. Voilà pourquoi l’Idée du Bien ne saurait se confondre avec le Démiurge, pas plus que le Verbe avec  le Fils. »

c’est à dire que le Dieu de l’esprit (l’Un, Idée du Bien au delà de l’être,  ou le Verbe, auquel le prologue de l’Évangile de Jean fait allusion ) ne saurait se confondre avec le Dieu de la matière , le Démiurge ( le « mauvais Dieu » des gnostiques ) ou de la vie , le Fils.

Qu’est ce qui se produit quand on verse le vin nouveau dans de vieilles outres, en transposant le Verbe-Raison intérieur  ,  la dialectique relationnelle du Mathème modèle de l’Un en Verbe-Langage  extérieur ? Il se produit la catastrophe de l’apparition de l’Islam et du Coran, écrit par des scribes nazaréens, « judéo-chrétiens » , admettant à la fois l’évangile et la Torah, mais ne retenant qu’une conception desséchée de Jésus comme Messie guerrier ayant pour mission de soumettre par la « guerre  sainte » tous les peuples à la loi du Dieu d’Israel qui désormais s’appellera Allah  ( et la loi mosaïque deviendra la shari’a ) . C’est à dire que le vin nouveau deviendra une piquette infâme.

mais comme le dit si bien Brunschvicg le spinoziste :

» »Les vivants sont toujours, et de plus en plus, dominés par les morts . » Mais il faut s’en convaincre par le Traité théologico-politique, l’interprétation la plus profonde qui ait jamais été proposée de l’Évangile en fait consister l’enseignement dans la rupture violente et décisive avec le Dieu de l’Ancien Testament, avec le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob, qui est le Dieu des morts. La parole maîtresse du Nouveau Testament n’est-elle pas celle qui repousse radicalement tout préjugé du passé : Vous laisserez les morts enterrer les morts ?

361. Dans la mesure du moins où une telle parole n’a pas été prononcée en vain, le philosophe a le droit de relier l’Orient à l’Occident, l’héritage du Christ à l’héritage de Socrate, pour un même appel à la réflexion non conformiste. Le primat de la liberté signifie que la révolution religieuse, inaugurée par la lutte contre le pharisaïsme, n’est jamais terminée, pas plus que la révolution morale inaugurée par la lutte contre la sophistique. »

 en même temps que le christianisme devient une simple « confession »  au milieu des autres ( de nos jours on est « chrétien » selon l’état civil, comme on est juif ou musulman) le vin nouveau se répand et se perd, l’esprit de l’évangile qui est révolution radicale par rapport à la vieille mentalité pharisaïque est totalement perdu, mais à l’ère de l’Absolu et de la Création où nous sommes entrés depuis 1945  , il réapparaît :les « pharisiens » contemporains, ce sont les « scribes «  comme Badiou  qui ignorent le « vin nouveau «  qu’est la théorie des catégories et des topoi en le « versant » dans les vieilles outres de la théorie des ensembles. Le combat religieux  entre christianisme et pharisaïsme se transpose aux mathématiques , ( débat entre théorie des catégories et théorie des ensembles ) depuis le terrain philosophique ( opposition entre le spiritualisme pur de Platon , amené en Occident chrétien par Descartes, Malebranche et Spinoza, et l’aristotélisme thomiste )

l’identité de genre transparaît sous les différences spécifiques : c’est l’opposition entre dialectique de l’être et dialectique de l’un, vin ancien et vin nouveau.

 

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#ToposTheory ( suite 2) la faute de Badiou

je reprends le papier d’Antti Veilahti «  Alain Badiou’s mistake « :

https://arxiv.org/pdf/1301.1203.pdf

là où nous l’avions laissé au numéro 1 de cette série d’articles :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/11/10/topostheory-le-peche-originel-dalain-badiou/

c’est à dire à la section 1 « from ontology to phenomenology «

Je reviens cependant sur un passage page 5 sur 54  qui parle de « projections of  that topos onto set theory «

de telles projections, notées ♀ , sont ces « morphismes géométriques «  appelés « points » du topos, dirigés de Set vers le topos. Ces « points » sont les « décisions génériques » de Badiou , intervenant précisément là où il y a de l’indécidable selon Cohen .

Badiou déploie donc l’évènement en langage formel comme :

e ∊ e

un multiple ( un ensemble ) élément de lui même , ce qui est une situation proscrite par l’ontologie mathématicienne.

L’existence de l’évènement va contre l’axiome de fondation qui pose que :

Pour tout ensemble non vide x, il existe un élément y ∊ x d’ intersection vide avec x : y ∩ x = ⊘

L’intuition de Badiou associe  cet événement  à l’ensemble générique ♀, mais il n’y a pas de procédure ontologique pour y parvenir, ce qui n’est pas étonnant : l’ontologie proscrit l’évènement. « Logiques des mondes «  change la problématique, remplaçant l’ontologie par la phénoménologie

En 3 Badiou’s ontological reduction l’auteur entre dans la partie technique de son argumentation. Il part du fait que Badiou ne veut pas abandonner sa thèse selon laquelle l’histoire de la pensée de l’être, l’ontologie, c’est la théorie des ensembles dans  l’histoire  des mathématiques ; dans ce blog, cette thèse est admise  , complétée par une autre que Badiou n’admet pas car il refuse l’un qu’il assimile à l’un séparé , à Dieu, dans l’histoire de la métaphysique : l’hénologie, la pensée de l’un, c’est la théorie des catégories.

Frank Jedrzejewski résume tout cela en la dualité de l’être et de l’un :

https://coranetmathesis.wordpress.com/franck-jedrzejewski-diagrammes-et-categories-lun-comme-dual-de-letre/

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/04/24/en-france-du-nouveau-franck-jedrzejewski-diagrammes-et-categories-these-et-introduction/

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/05/09/la-dualite-de-letre-et-de-lun/

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/02/12/resume-de-la-these-de-frank-jedrzejewski-diagrammes-et-categories-lun-comme-dual-de-letre/

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/2012/09/12/pensee-selon-letre-et-selon-l-un-categories-topoi-ensembles/

Plutôt que des entités de la vieille métaphysique, c’est la dialectique de l’un qui est en dualité de la dialectique de l’être , que Badiou nomme « dialectique matérialiste »  :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/08/19/dialectique-de-lun-et-dialectique-de-letre-la-fin-du-progres-de-la-conscience-dans-la-philosophie-occidentale-de-leon-brunschvicg/

et ces deux dialectiques s’opposent comme en mathématiques théorie des ensembles et théorie des catégories :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/08/20/lopposition-entre-dialectique-de-lun-et-dialectique-de-letre-cest-lopposition-entre-theorie-des-categories-et-theorie-des-ensembles/

Une opposition que ne reconnaît pas Badiou, qui assimile théorie des ensembles et ontologie, mais écarte l’hénologie, la dialectique de l’un :

 »Factuellement, on peut penser que la théorie des catégories et des topos s’est présentée, tend à se présenter, comme un dispositif global qui serait une alternative à la théorie des ensembles, c’est-à-dire comme une autre manière de fixer le cadre général dans lequel se déploient les concepts de la mathématique, et par conséquent aussi comme une autre méthode d’exposition de la mathématique. Contradiction qui était au départ mon hypothèse.
Selon la méthode consistant à placer la philosophie sous condition de phénomènes de ce genre, de cette situation, la philosophie doit savoir ce qui est en jeu pour elle-même dans cette situation. Lorsque la philosophie se met sous condition de phénomènes scientifiques de ce type, elle ne se met pas sous condition des discours scientifiques, mais sous condition des événements scientifiques.[1]
La thèse que j’ai été amené à soutenir, c’est qu’il ne s’agit pas de deux dispositifs concurrentiels du fondement de la mathématique. Du point de vue du philosophe, il apparaît qu’en réalité, il n’y a pas d’unité de plans entre les deux entreprises : elles ne sont pas deux stratégies pour fonder ou exposer les mathématiques. La visée propre de ces deux entreprises n’a pas la même assignation. »

Seulement, il ne retient pas la théorie des catégories comme événement, seulement la théorie des ensembles, seulement le plan de l’être, pas le plan de l’un, ou plan  d’immanence en termes deleuziens.

La dualité entre les deux dialectiques est aussi celle entre transcendance (pensée-selon-l’être ) et Immanence radicale (pensée-selon-l’un) qui ne connaît ni finalité , ni commencement, ni fin :

« au contraire de la dialectique de l’être, la dialectique de l’Un se dilate en TOUS sens sans s’épuiser; elle engendre sans se nier, elle multiplie sans confondre, elle divise sans diminuer. Le refus de finalité n’est pas accepté par l’être: l’élan vital, étant élan, commence et finit nécessairement. Mais l’un, immanence même, ne connaît ni commencement, ni fin, étant l’acte du présent éternel. La conscience intellectuelle se développe par la transformation des jugements sensibles, automatisés dans l’être corporel, en jugements réfléchis, dirigés par l’intelligence en vertu de son pouvoir unifiant” .

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Luis Bunuel : « cet obscur objet du désir » 1977

à voir ici :

https://m.ok.ru/video/366913063611

le dernier film de Bunuel…

le désir est l’obscurité même, pour revenir sur  le récit poétique ( une nouvelle plutôt qu’un poème ) qui m’a le plus bouleversé, à ce point que je ai consacré un blog : « L’obscurité » de Philippe Jaccottet :

https://unedemeuresouterraineenformedecaverne.wordpress.com/philippe-jaccottet-lobscurite/

il me semble que ce qui déclenche la chute tragique du Maître dans le désespoir, dans le récit de Jaccottet, c’est le souvenir d’une femme beaucoup plus jeune que lui qui n’avait pas accepté ses avances et s’était jouée de lui . Eros donc, le désir est l’origine de cette « crise » qui le jette dans l’obscurité , ces « ténèbres visibles », le contraire même de la lumière et de la translucidité intellectuelle qui est le « milieu » où naît le savoir absolu, c’est à dire  l’ esprit conscient de soi.

Dans le film de Bunuel, Conchita, la jeune danseuse espagnole qui berne le riche bourgeois français, Matthieu Faber ( joué cependant par Fernando Rey ) est jouée alternativement par deux actrices différentes, Carole Bouquet et Angela Molina, la seconde se montrant plus « agressive » sexuellement (elle danse nue notamment devant des touristes, ce qui provoque l’ire de Matthieu ) . L’irruption de Conchita dans la vie  de Matthieu coïncide avec une série d’attentats terroristes : si l’on a une lecture marxiste ou « gauchiste » de l’intrigue, c’est transparent : déclin du patriarcat « blanc »,  ce pantin, devant la rébellion de la femme  ,  qui refuse  de se laisser acheter et reléguer au rang d’objet obscur du désir, ce qui entraîne les symptômes du terrorisme qui annoncent la chute de l’ancienne société patriarcale et le début d’un nouveau cycle, baptisé dans la violence.

»Rien n’est vrai, rien n’est, hormis le mal de le savoir » :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/01/04/lobscurite-de-philippe-jaccottet-rien-nest-vrai-rien-nest-hormis-le-mal-de-le-savoir/

c’ est le constat amer et nihiliste du Maître déchu dans le livre de Jaccottet, et qui pourrait être aussi celui de Matthieu Faber à la fin du film de Bunuel. Tel est le lot de celui qui se laisse dominer par Eros.

l’antidote de ce poison, c’est « Amor Dei intellectualis », qui accomplit l’evangile :

»Mais pour accomplir l’Évangile, il faut aller jusqu’à la parole de charité, non plus qui pardonne, mais qui n’a rien à pardonner, rien même à oublier : Qui est contre moi est encore avec moi. Et celui-là seul est digne de la prononcer, qui aura su apercevoir, dans l’expansion infinie de l’intelligence et l’absolu désintéressement de l’amour, l’unique vérité dont Dieu ait à nous instruire. »

Une unique vérité qui se dit aussi :

 » en dehors de la présence d’unité dans une conscience qui sait n’etre radicalement extérieure à rien, rien n’est vrai, rien n’est «

c’est à dire qu’il faut considérer que l’expansion infinie de l’intelligence  est identique à l’absolu désintéressement de l’amour : c’est là l’Absolu , qui élève le sujet au dessus de l’obscurité et du fiel d’Eros. « Apercevoir  la vérité dans une telle sphère d’évidence qu’elle ne jette plus d’ombre, porter son amour à une telle hauteur de désintéressement qu’il ne puisse plus devenir cause de tristesse et, par suite, de haine«  : un seul et même problème , dont la solution permet sans doute aussi de voir en pleine lumière, sans ombre portée,  « l’obscur objet du désir »

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Roman Polanski : «  lunes de fiel » 1992

A voir ici:

https://m.ok.ru/video/126403217920

Pourquoi est ce « mal » de se livrer sans retenue au sexe ? parce que cela « handicape » , «retarde » dans le trajet de la conscience vers l’Absolu, c’est à dire vers le Savoir Absolu, qui est l’Esprit universel conscient de soi, savoir de l’identité de l’esprit universel et de l’esprit individuel : si ce savoir certain naissait au cours des orgies ou des saoûleries ça se saurait ! Savoir certain et non croyance : « croire ou vérifier, l’alternative est inéluctable »

mais, puisque je suis en pleine confrontation-explication avec Badiou,  qu’il me soit permis de rappeler que celui ci fixe quatre « conditions » à la philosophie : mathème, poème, amour et politique. L’amour c’est l’amour entre un homme et une femme, l’amour éros, parce que Badiou juge que c’est le seul rempart contre l’invasion contemporaine de la pornographie. Chez la masse des « amoureux «  c’est l’opposition entre le « grand amour » éternel  et les simples « plans cul sans se prendre la tête «  .. ce qui se transforme vite en « lendemains sans aventure «  ou « aventures sans lendemain ». L’étrrnité c’est long, surtout vers la fin..

Ici c’est « Amor Dei intellectualis » que j’oppose à amour éros, entre deux personnes et qui se définit comme « L’intuition éternelle et totale,  capable d’appuyer la transparence et l’universalité de l’amour à l’immanence et à la certitude du vrai »

c’est à dire l’intuition spinoziste ..

«il  n’y a qu’un problème pour le philosophe, ou plus exactement on est philosophe dans la mesure où l’on parvient à ne plus poser qu’un problème, là où il y en a deux selon le vulgaire, et entre lesquels il lui paraîtrait ridicule de chercher le moindre rapport : apercevoir la vérité dans une telle sphère d’évidence qu’elle ne jette plus d’ombre, porter son amour à une telle hauteur de désintéressement qu’il ne puisse plus devenir cause de tristesse et, par suite, de haine. Cela, c’est tout un pour Spinoza comme pour Platon. La dialectique du Banquet porte à son sommet le μάθημα, et l’Ethica more geometrico demonstrata s’achève dans l’unité de l’amour intellectuel chez l’homme et chez Dieu »

L’amour- éros est le crime parfait , dans la mesure où  il se fait passer pour « Amor Dei intellectualis «  :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2019/09/25/lamour-est-un-crime-parfait/

La dégringolade vers l’Enfer que connaissent les deux amants du chef d’oeuvre de Polanski , montre bien que l’´amour- éros a vite fait de se transformer en tristesse et en haine : jusqu’au double suicide final que de nous jours on appellerait un « féminicide ».

l’amour  vital est entaché de finitude, comme tout ce qui est vital. L’Absolu c’est ce qui n’est pas soumis à la finitude du plan vital.. et cela ne sert à rien d’agrémenter l’amour avec des choses comme le sado-maso, ou l’échangisme, c’est comme un emplâtre sur une jambe de bois, ruser avec la finitude ce n’est pas sortir de la finitude. Le viol, cela ne marche pas non plus, outre qu’on s’expose à divers désagréments : prison, déboires judiciaires, manifestations féministes, #MeToo …

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